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AGRANDISSEMENTS DE STRASBOURG. I

750. À cette époque, un terrain , beaucoup plus vaste que la ville même, y fut joint. On lui donna pour limites un fossé allant depuis le Temple-Neuf et le long de la petite boucherie, en ligne droite par le Vieux-marché-aux-vins jusqu’au quartier des Ponts- Couverts. De l’autre côté, ce district, passant le pont des bouchers, s’étendait, en montant l’eau jusqu’à l’endroit où la rivière entre dans la ville. Il portait encore au treizième siècle le nom de Ville neuve ; deux nouvelles portes y furent établies aux deux bouts du fossé de Tanneurs.

Un second agrandissement eut lieu vers le commencement du même siècle. En 1300 on renferma dans l’enceinte de Strasbourg le Yieux-Marché-aux-Yins, Saint-Pierrele-Jeune et le Marcbé-aux-Chevaux ; on étendit, par conséquent, la ville depuis l’endroit où la rivière y entre Jusqu’à la Portedes-Juifs. C’est à la même époque que celle-ci fut construite , avec deux autres portes : le Burgthor (porte du Bourg) vers le

faubourg de Pierre, elle Spierthor (porte de Spire) à feutrée du faubourg de Saverne. 1

Ce nouvel agrandissement était à peine terminé, qu’on s’occupait déjà d’en opérer un troisième. On renferma dans les murs tout le côté méridional de la ville , depuis le Finckwiller jusqu’à la jonction du fossé des Orphelins avec le canal du Rhin , près du pont Sainte-Catherine.

Les murs furent exhaussés, garnis de parapets et surmontés de tours. Ces travaux, commencés en 1228, ne furent terminés qu’en 1370.

En 1374, on réunit à la ville les faubourgs et les quartiers adjacents, au moyen de murs qui aboutissaient à la Finckmatt. Cette mesure fut prise pour mettre les habitants des faubourgs à l’abri de plusieurs bandes de brigands connus sous le nom de routiers ou de malandrins , qui dévastaient le pays à cette époque.

1 Ces deux dernières furent démolies en 1780.

FORTIFICATIONS

Enfin , la réunion du quartier de la Krautenau eut lieu en 1404, au moyen d’un mur qui s’étendait depuis la porte des Pécheurs jusque vers l’hôpital militaire.

FORTIFICATIONS

Des murailles de briques , crénelées , fournies de galeries, surmontées de quatrevingt-dix tours carrées, mais sans aucune saillie considérable pour protéger la courtine, telles furent, jusqu’en 1530, les seules défenses de la ville. La crainte d’une commotion religieuse, que faisait pressentir la mésintelligence qui régnait à cette époque entre les divers cultes, suggéra au magistrat de Strasbourg l’idée d’élever des fortifications destinées à prévenir toute irruption dans la place. L’artillerie, devenue d’un usage plus répandu, nécessitait une imposante résistance, et la réparation de l’ancien mur qui entourait les faubourgs, ne pouvait plus suffire. On commença donc

à remparer le quartier de la Krautenau, et peu après, à fortifier, au moyen d’un ravelin et d’un fossé , la tour Blanche extérieure, commencée depuis 1427. Cette construction, ainsi que le démontre une inscription placée à la meurtrière , fut élevée en 1532, lorsque Charles -Quint conduisit les troupes de l’empire germanique contre les Turcs qui avaient envahi la Hongrie. La sollicitude du magistrat ne s’arrêta pas là; deux années après, il fit élever la tour intérieure de la porte Nationale et la porte de Saverne. On abattit ensuite les habitations et l’église de l’ordre teutonique, et l’on établit, sur l’emplacement qu’elles occupaient, plusieurs batteries, à l’effet de défendre l’entrée de la rivière et de tracer une circonvallation protectrice autour du quartier où sont situées aujourd’hui la maison de détention et les églises de Sainte-Marguerite et de Sainte-Aurélie.

En 1552, on enveloppa d’un fossé les

FORTIFICATIONS

alentours du quartier Finckmatt, et l’on ceignit de fortifications file Verte, située près de la porte des Juifs , et consacrée aujourd’hui à des magasins de bois.

Ces fortifications furent d’autant mieux exécutées que la construction en était dirigée par le célèbre Specklin, et d’après le système qu’avaient introduit les ingénieurs suédois, qui jouissaient, à cette époque, d’une réputation européenne.

Mais les travaux qui ont contribué à faire de Strasbourg une des places de guerre les plus fortes d’Europe, n’ont été exécutés qu’ après sa réunion à la France. Ils sont dus en majeure partie au célèbre Vauban. Le plus remarquable de ces travaux est , sans doute , la construction de la citadelle.

Cette belle défense, qui forme un pentagone régulier, se compose de cinq bastions et d’autant de demi-lunes. Elle fut commencée en 1682, et achevée l’année suivante. L’ouvrage à cornes, qui la couvre

du côté du Rhin , est protégé par un large fossé dans lequel on peut faire entrer les eaux de 1111, et par trois redoutes qui forment entre elles une espèce d’ouvrage couronné. Toutes ces fortifications sont environnées de fossés et de chemins couverts , qui rendent l’accès de cette citadelle pour ainsi dire impossible, et la font regarder comme un chef-d’œuvre de l’art.

Les autres fortifications, élevées depuis la réunion de la ville à la France , sont : le fort Mutin , devant la porte des Pécheurs , le fort National, etc., etc.

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