EGLISE SAINT-LOUIS
On aperçoit à l’extrémité de la rue Sainte-Elisabeth, l’église de Saint-Louis. Elle doit son origine à un chevalier Jean Erb et à Phyne sa sœur, qui, en 1312, fondèrent, dans cette localité , sous l’invocation de sainte Barbe, un petit hôpital pour dix pauvres femmes malades, avec une prébende pour le prêtre desservant l’église de cet établissement. Une société de béguines nobles avait eu, depuis 1252, un pareil établissement dans la rue Sainte-Elisabeth, qui paraît avoir été réuni au précédent.
La guerre que la ville eut à soutenir vers la fin du quatorzième siècle contre son évêque Frédéric de Blanckenstein et quelques autres seigneurs, l’ayant obligée
de raser l’hôpital bourgeois, le couvent des Carmes et d’autres constructions établies hors de son enceinte , on assigna aux Carmes le bâtiment des ci-devant béguines, dont l’hôpital fut transféré dans la rue Sainte-Barbe.
Plus tard , cette église fut métamorphosée en magasin , et demeura dans cet état jusqu’à l’arrivée de Louis XIV à Strasbourg.
Après l’avoir fait rétablir , ce prince l’érigea en paroisse sous le nom de Saint- Louis. Devenue en partie la proie des flammes en 1805 , elle servit longtemps de magasin à tabacs.
Enfin, en 1827, l’église, parfaitement restaurée, a été rendue à sa première destination. Plusieurs morceaux de sculpture et de peinture qui l’embellissent , excitent à juste titre l’admiration des connaisseurs.
L’objet le plus remarquable est un baptistaire, dont le bas-relief représente le
baptême de Clovis. Ce prince est à genoux dans une pose admirable , ses traits respirent tout à la fois la fierté du vainqueur des Alémans et l’humilité du chrétien nouvellement converti; ils forment un contraste délicieux avec fonction vénérable qui caractérise ceux de Saint-Remi, archevêque de Reims , dont la figure nous rappelle ces paroles que nous a léguées l’histoire de cette époque : Courbe la tête , fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé , et brûle ce que tu as adoré. Ce beau travail est dû à M. Friederich.
Un groupe exécuté par le même artiste, représente Saint-Florent, évêque de Strasbourg, ramenant dans le chemin de la vertu , Rathilde , fille du roi Dagobert.
On remarque encore dans cette église un superbe tableau de M. Guérin , directeur de l’école de dessin et du musée des beaux-arts de cette ville. Ce tableau représente Saint-Louis priant devant un autel.
En général , cette église est belle , et la simplicité de son architecture moderne peut encore offrir quelque charme à l’œil fatigué du style sombre et sévère de l’antique architecture allemande, dont sont empreints la plus grande partie des édifices religieux de Strasbourg.