HÔPITAL CIVIL
Le premier hôpital de Strasbourg était situé, avec son cimetière, entre la rue Mercière et les grandes boucheries. Cette position, au centre de la ville, devait nécessairement produire des exhalaisons méphitiques ; aussi en résulta-t-il , en 1316, une maladie épidémique qui ravagea une partie de l’Alsace.
Le magistrat en résolut alors la translation. Le nouvel hôpital fut établi hors des murs d’enceinte de la ville , mais il ne subsista malheureusement que jusqu’en 1392, époque à laquelle il fut rasé à l’occasion d’une guerre entre la ville et l’évêque.
Il fut remplacé par un autre , construit en 1 395 sur le terrain où se trouve celui dont nous allons parler.
L’hôpital actuel date de 1720; il se compose de plusieurs corps de bâtiment élevés à diverses époques.
lî renferme les malades des deux sexes , les femmes pauvres prêtes à accoucher, un grand nombre de pensionnaires invalides, et les incurables. Le nombre des personnes reçues dans cet établissement s’élève à près de mille.
Les salles de cet hospice sont généralement belles , vastes et bien aérées.
La surveillance du service de santé est distribuée entre quatre médecins et un chirurgien.
Le service administratif est dirigé par une commission composée de cinq membres, dont les attributions s’exercent sur tous les hospices de la ville ; elle délibère sur les gestions de biens , les approvisionnements, et, en général, sur les grandes mesures administratives. Le maire est président né de cette commission.
On évalue les revenus des hospices de la ville de Strasbourg à près de 450,000 fr.
Près de l’hôpital civil est une ancienne chapelle qui, depuis la réformation, sert
d’amphithéâtre anatomique. Cet amphithéâtre était autrefois uu des plus fréquentés de l’Europe.
A côté de ce bâtiment s’élève une tour haute de quatre-vingt-dix pieds, où se trouvait anciennement l’observatoire, et que sa position, peu favorable aux travaux astronomiques, a fait abandonner.