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ARSENAL

L’arsenal d’une place de guerre aussi importante que Strasbourg est certainement

un objet qui doit intéresser au plus haut point la curiosité publique.

On comprend, sous cette dénomination, les chantiers de construction, les forges, les hangars, et, enfin, ces immenses magasins d’armes qui font regarder cet établissement militaire comme un des plus importants de l’Europe.

Les magasins sont entourés d’un vaste parc , dans lequel sont rangés les bouches à feu et les projectiles de tous les calibres en usage dans le service de l’artillerie. Ce parc est clôturé par un beau grillage en fer.

Le matériel de guerre contenu dans la salle principale, connue sous la désignation de belle salle , se compose de quatre-vingts mille fusils d’infanterie, cinq mille fusils d’artillerie, dix mille pistolets, dix mille sabres de cavalerie et quinze mille sabres d’infanterie. Comme on ne dispose des armes contenues dans cette salle que dans les cas urgents, les entrées et sorties s’opèrent par une salle particulière, connue sous le

nom de salle des mouvements. On compte soixante mille fusils d’infanterie dans cette dernière salle, et l’on évalue à cinq millions de francs les armes contenues dans les deux ensemble.

L’arsenal emploie journellement aux constructions du matériel de l’artillerie, trois cents ouvriers, dont cent cinquante en fer, tant forgeurs que serruriers; soixantequinze charrons et soixante-quinze charpentiers. La dépense en matières premières, telles que bois, fer et acier, etc. , qu’occasionnent ces travaux , s’élève annuellement à 260,000 fr., et celle en main-d’œuvre à 150,000 fr.

L’arsenal renferme de quoi armer cent cinquante-cinq mille hommes.

L’armement que la ville réclame pour son système de défense doit être de quatre cent douze bouches à feu , dont trois cent vingt-six pour la ville proprement dite , et quatre-vingt-six pour la citadelle.

Outre les armes que nous venons d’é-

numérer , la ville renferme en ce moment neuf cent cinquante-deux bouches à feu, et les huit magasins de poudre, situés tant dans la ville même que dans la citadelle , contiennent trois millions de coups de canon.

On voit donc que Strasbourg serait en état d’opposer une forte résistance , si les ennemis de la France avaient la témérité de l’inquiéter.

Derrière les bâtiments de l’arsenal, s’élève une jolie caserne, spécialement destinée à la compagnie des ouvriers d’artillerie. On remarquera, avant de s’y rendre, le nouveau bâtiment de l’arsenal. Construit d’après un autre système que les précédents, il se distingue par sa solidité et son élégante simplicité.

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