MUSÉE D HISTOIRE NATURELLE
Un des établissements les plus remarquables de la ville, est sans contredit le
1 Ce Musée est ouvert au public les vendredis de deux heures à quatre, et les dimanches de 10 heures à midi. Les étrangers y sont admis tous les jours en s’adressant au garde.
JG.
1 go MONUMENTS ET CURIOSITES.
Musée d’histoire naturelle. La fondation en est due au célèbre professeur Hermann , le premier qui ait donné en France des leçons publiques sur toutes les parties de l’histoire naturelle. Il était sa propriété particulière, et M. Hammer, son gendre, minéralogiste distingué , l'enrichit successivement de plusieurs objets curieux ; plus tard il fut acquis par la ville, désireuse de joindre un cabinet d’histoire naturelle aux nombreux moyens d’instruction qu’elle possédait.
Depuis cette acquisition, ce Musée n’a cessé de s’enrichir , et c’est ajuste titre qu’il a fixé l’attention d’un grand nombre de savants distingués, qui se sont déplacés dans le seul but de consacrer quelques jours à l’étude de cette précieuse collection.
Ce Musée occupe sept grandes salles. La première , qui s’otfre à gauche , après avoir monté l’escalier principal, renferme les ovipares , qui se composent : 1 ° de la seconde classe des animaux vertébrés ou des oiseaux ; 2° de la troisième classe, ou des reptiles;
3° de la quatrième classe , ou des animaux dont la structure est appropriée à la natation, tels que les poissons.
On y trouve aussiles animauxinvertébrés dépourvus de squelette articulé et de canal vertébral, ou les mollusques. Enfin, dans cette salle ont encore été placés les zoophytes ou animaux rayonnés ; ils se distinguent par leur organisation branchue ou leur analogie éloignée avec les plantes. Cette partie du règne animal, qui forme une des suites les plus belles de notre Musée, fut d’un grand secours au célèbre Esper pour la rédaction de son ouvrage sur cette branche de l’histoire naturelle.
La seconde salle, c’est-à-dire, celle qui s’offre à la droite de l’escalier, est occupée par le règne végétal et le droguier de l’école de pharmacie. On y remarque: 1° la section d’un sapin de la forêt de Hobwald , près de Barr. Ce sapin, âgé d’environ trois cent soixante ans, avait cent cinquante pieds de hauteur; 2° une belle collection de
semences et de fruits , qui fut d’une grande utilité au botaniste Gærtner , lorsqu’il décrivit cette partie du règne végétal ; 3° une collection botanique; 4° une suite d’échantillons de bois, etc. , etc.
La troisième salle contient la minéralogie.
La quatrième salle renferme les fossiles, ou les pétrifications.
La cinquième , la géologie.
Ces trois dernières salles , comprenant l’ensemble des corps inorganisés , offrent la partie la plus complète de notre Musée, grâce aux généreux efforts de M. Yoltz, ingénieur des mines, notre compatriote, qui consacre tous les moments que lui laissent de pénibles travaux à enrichir ces précieuses collections.
Ou distingue , dans la salle affectée à la géognosie, de beaux filons tirés des mines des deux départements du Rhin.
La sixième salle renferme l’anatomie comparée. Cette partie et en général toutes les autres parties du règne animal ont été con-
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sidérablement augmentées, grâce aux soins et au zèle de M. Duvernoy, professeur d’histoire naturelle et directeur du Musée.
Enfin, la septième salle est consacrée à la première classe des animaux vertébrés , ou des vivipares. On distingue dans cette salle un éléphant de huit pieds de hauteur sur dix de longueur ; un rhinocéros bicorne de Sumatra; un ours blanc , dont la longueur est de neuf pieds , depuis le museau jusqu’à l’extrémité de la queue ; un beau desman , donné par le célèbre naturaliste Paîlas ; une paire de bouquetins de la Suisse: cet animal est devenu si rare, qu’il manque dans presque toutes les collections; un tigre royal ; plusieurs autres animaux de la tribu des digitigrades à ongles rétractiles , parmi lesquels se trouvent trois lionceaux nés à Strasbourg, et une foule d’autres mammifères.
Cette salle renferme encore les animaux articulés dépourvus de squelette intérieur, et notamment la grande collection de lépi-
doptères, contenant plus de 6000 papillons tant européens qu’exotiques. Cette collection, qui est Tune des plus belles qui existent, a été acquise par la ville en 1832, et provient de feu M. Franck , négociant à Strasbourg. Elle a depuis encore été augmentée.
Les autres collections d’insectes sont moins riches encore ; cependant , on remarque une collection d’étude de coléoptères, donnée par M. G. Silbermann, l’un des administrateurs du Musée.