V. Chirurgii ai
La main.
Les instruments.
i ; pareils, tes band les machines, etc
4o() EXPOSITION DE LA DOCTRINE BIOLOGIQUE.
IL Interprétation de l'influence des agents thérapeutiques. — Bans l'état actuel de la science, au milieu de ces immenses richesses de la thérapeutique, l'observateur judicieux ne doit plus employer les agents curatifs sans ordre , sans réflexion et sans méthode ; il ne doit plus adresser empiriquement un remède à l'entité maladie , sans aucune considération de l'état anormal des organes , et sans se rendre, par avance , un compte aussi rigoureux que possible des effets appréciables de ce remède sur les tissus vivants ; la thérapeutique est au contraire dans l'obligation nonseuleinent de bien connaître les instruments dont elle fait usage , mais encore d'en raisonner et d'en bien préciser les applications. On donne à cette partie qui présente pour objet la connaissance du mode d'action des médicaments, le nom de pharmacodynamie , de oapoLaxov , remède , et de ouv^t; , puissance ; elle présente l'âme de la thérapeutique rationnelle; mais, il faut le dire, elle fut trop souvent esclave des systèmes : elle devint mécanique, pour Borelli ; chimique , pour Sylvius ; naturelle , pour Hippocrate ; sthénique, pour Brown; asthénique , pour Broussais; spécifique, pour tous les empiriques absolus , etc. , qui tombèrent ainsi dans l'erreur fondamentale et dangereuse de n'adopter qu'un mode à l'exclusion de tous les autres.
Pour bien interpréter l'action des moyens thérapeutiques dans le traitement des maladies, ce n'est pas chez l'homme physiologique, c'est moins encore chez les animaux qu'il faut l'étudier; mais dans l' homme pathologique , dont les conditions physiques, chimiques , vitales et psychologiques sont plus ou moins profondément altérées , et chez lequel on observe des sens morbides inconnus à l'état normal; des sympathies, des antipathies propres à l'état maladif, etc. Là seulement l'expérience est positive; l'observation, fructueuse; les résultats, concluants. A ce point de vue, le seul admissible dans l'état de la question , les effets des remèdes sont de deux ordres principaux : directs ou physiologiques, indirects ou thérapeutiques.
Les effets directs ou physiologiques — sont le résultat immédiat et souvent appréciable des influences médicales sur les organes,
THÉRAPEUTIQUE. \'-u
et eonséquemment sur les fonctions do l'économie vivante. Ces influences peuvent être physiques, chimiques, vitales et psychologiques; dès lors, dans une doctrine vraie, toutes doivent cire admises comme éléments de Faction thérapeutique. En réduisant cette action à ses conséquences les plus simples , nous trouvons la stimulation, lasédation, la modification essentielle, enfin la suspension des actes vitaux, avec des variations infinies, suivant les conditions individuelles, atmosphériques, locales, etc.; ce qui nécessite l'étude particulière* de chaque sujet, de chacune des constitutions : atmosphérique, médicale, endémique, épidémique, el doit porter le médecin à traiter définitivement plutôt encore des malades que dt s maladies. Les effets directs des médicaments sont en général beaucoup trop négligés, par l'empirisme, dans leur interprétation et dans les contre-indications qu'ils l'ont souvent naître; ils sont trop exclusivement adoptés par le rationalisme comme résultats curatifs du traitement , et surtout par le physiologisme, qui les réduisit à la dichotomie de l'excitation et de la sédation.
Les effets indirects ou thérapeutiques — sont au contraire caractérisés par une modification dans la nature même de la maladie, pour en déterminer la diminution ou la guérison complète. Cette action spéciale , qui semble s'attaquer a. l'essence de l'altération morbide, évidente par ses résultats, est le plus ordinairement insensible , inexplicable dans son influence : c'est le point difficile et mystérieux de lapharmacodynamie. Si la maladie était mieux connue dans sa nature, si le médicament se trouvait bien compris dans son action pour détruire essentiellement cette maladie, la thérapeutique deviendrait simple, rationnelle, comme celle de l'altération que produit une épine enfoncée dans la peau: en effet, ici la cause est évidente; l'indication, facile à remplir; l'action thérapeutique, visible; aussi l'extraction de l'épine amènet-elle bientôt la cessation de tous les phénomènes morbides. Mais, dans un grand nombre d'affections pathologiques; l'épine, en d'autres termes In maladie, est insaisissable, et son extraction difficile ou même impossible.
L'ensemble des influences thérapeutiques , tendant vers un but commun, prend le nom de médication. Elle est directe lorsque l'effet se produit immédiatement tel qu'il doit être et sans réaction organique : ainsi l'influence excitante des alcooliques, sédative et débilitante des émissions sanguines; elle est indirecte lorsque le premier résultat est contraire à celui qui doit s'effectuer ensuite, mais seulement par la réaction organique : ainsi l'action d'abord asthe nique , ensuite sthénique , de la glace momentanément appliquée sur la peau; l'action d'abord excitante, sur la muqueuse gastrique, ensuite sédative , pour la fièvre intermittente, du sulfate de quinine ingéré dans l'estomac, etc. Ici se trouve l'explication des similia similibus, des contraria contrariis curantur. et de la guérison des maladies par les moyens opposés dans leur nature et dans leur manière d'agir. Ces considérations , établies par les faits , deviendront la base des lois les plus fécondes , au point de vue du traitement des maladies.
III. APPLICATION DES AGENTS THÉRAPEUTIQUES. — Pour éviter les
accidents qui peuvent l'accompagner ou la suivre , pour garantir les avantages qui lui sont propres , elle doit s'effectuer d'après des règles établies sur une longue et judicieuse observation ; elle exige , dans celui qui la pratique , beaucoup de science, d'habileté , de circonspection et d'expérience. Deux modes principaux, le rationalisme et l'empirisme éclairé, se partagent le soin de la diriger, avec mission de s'entendre et quelquefois de se remplacer au besoin , d'après le caractère des indications à remplir. Dans le premier, guidé par une saine théorie, l'interprétation des effets précède l'emploi des moyens; dans le second, qui se conduit d'après les résultais obtenus pour des cas analogues , l'emploi des moyens précède l'interprétation des effets, que souvent même on ne cherche pas à préciser.
Trois considérations indispensables et du plus haut intérêt doivent toujours être présentes à la pensée du thérapeutiste : 4° l'état individuel : sexe , âge , constitution, tempérament, caractère, intelligence, infirmités, prédispositions, profession, habitudes.
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appétits morbides, antipathies * etc. ; 2° fêtai ambiant : climat, saison, température, constitutions : météorologique* endémique, épidémique, médicale, etc.; 5° l'état morbide : aux différents points de vue de sa nature, de sa gravité , de ses complications , de sa période actuelle, etc. De toutes ces considérations réunies nu obtient naturellement la distinction des maladies principale* , accessoire*, essentielles, symptomatiques , sympathiques , etc. ; enfin, la fixation positive et nécessaire des indications et des contre-indications. Plusieurs lois générales trouvent ici leur application :
Maintenir l'influence normale des agents extérieurs! empêcher ou modifier uvantageusementjèut influence anormale, tel csl , au point de rue du traitement , l'objet capital de l'hygiène.
Combattre J'influence pathogénique des agents nuisibles. prévenir ou réparer les désordres organiques et fonctionnels, tel est le but essentiel de la thérapeutique raisonnée*
Les véritables indications thérapeutiques doivent être puisées : dans la connaissance des modificateurs qui ont altéré les conditions de l'organisme vivant; du us celle de la nature même dé ces altérations, de l'action sympathique de l'organe affecté sur les autres: dans celle des modificateurs qui peuvent rétablir l'état normal.
Les agents thérapeutiques doivent toujours être appropriés ù l'état actuel des organes avec lesquels on les met en
contact .
Les conditions sU la peau , des roies digestives^ respiratoires,
géuilo-uriuuires, etc., doivent être constamment bien appréciées
avant fusdge extérieur ou l'ingestion des médicaments ithéni-
unes j us/béni'jues ou perturbateurs.
Les voies d'application des agents thérapeutiques , sont : 4° ïcneeloppe cutanée : recouverte de son épidémie : là se trouve le procédé axillaire oo ntaschaliatrie de H. Forget; dépouillée de
son épidémie : ici 8e rencontre la méthode eudermiijue de V. I.em-
bert; 1° les muqueuses : orioulaire, nasale', oculaire, buccale,
pharyngo-œsophagienne , gastro-intestinale , pulmonaire , urétrovésicale, vagino-utérine, etc. ; 5° les séreuses; 4° le tissu cellulaire; 5° les veines, etc.
La sphère d'activité de ces agents peut être locale , bornée au point d'application : générale, étendue à l'organisme entier par les communications vasculaires , nerveuses, sympathiques, etc.
La thérapeutique offre trois méthodes : prophylactique , curatice , palliative.
1° Là MÉTHODE PROPHYLACTIQUE, — icfXXpuiaxTtxoç, wpapiAaww», je
préserve, a pour objet de prévenir le développement d'une maladie qui menace actuellement l'organisme. Elle consiste surtout dans l'éloignement ou la destruction des causes ; dans le rétablissement immédiat, à l'état normal, des conditions de l'économie vivante en voie d'altération.
2° La méthode curative — présente pour but la guérison de la maladie; elle offre quatre modes : expectant, adjuvant, perturbateur, spécifique.
Le mode expectant, — expectatio, de expert are, regarder, consiste à surveiller les tendances curatives de l'organisme, à les favoriser par les secours bien compris de l'hygiène , sans recourir à l'influence des autres agents thérapeutiques. Ce mode convient dans les maladies simples et légères ; il faut craindre de s'y livrer avec trop de confiance dans les maladies graves et compliquées.
Le mode adjuvant , — de adj avare , seconder, est caractérisé par le concours de tous les agents thérapeutiques dont l'art peut disposer pour venir en aide aux efforts curatifs de l'organisme , en suivant leur marche convenablement dirigée , en établissant une juste proportion entre les principes de cette action complexe. Les effets que la thérapeutique artificielle peut ici particulièrement se proposer, sont directs ou physiologiques. Ainsi : abaisser, relever, modifier les actions vitales; agir sur un élément morbide , sur un symptôme prédominant ; favoriser un mouvement critique ; établir
IHIIUF'ELTIOIE. 461
une diversion factice aux influences morbides qui menacent un organe important.
Le mode perturbateur, — perturbation, pertwrbatio, de perturbare, renverser avec violence, offre une médication on l'art, ne devant plus compter sur les tendances curatives de l'économie vivante pour conjurer des accidents funestes, agit avec indépendance, avec énergie, guidé par L'empirisme raisonné ; les résultats qu'il provoque sont indirects on thérapeutiques; pour les obtenir il esl souvent obligé de négliger les régies ordinaires et de ne pas tenir un compte rigoureux de toutes les contre-indications qui peuvent se présenter.
Le mode spécifique — offre un caractère propre; il s'adresse a l'essence même de la maladie, qu'il semble détruire; ses moyens sont peu nombreux , car il ne faut pas confondre avec ce mode la médication spéciale, s'opérant par des agents qui produisent un effet particulier sur l'organisme, comme on le voit dans les vomitifs, les purgatifs, les diurétiques , etc. Le mode spécifique n'a , connue objet, queues résultats indirects ou thérapeutiques; l'empirisme éclairé devient son guide exclusif; il ne laisse absolument rien à l'interprétation dans les phénomènes curatifs de son domaine.
3° La méthode palliative, — palliation, palliatio, de pal- Mare , couvrir , masquer, a pour but d'alléger les maux incurables. Elle se borne par conséquent toujours à la médecine du symptôme et ne doit jamais employer des moyens douloureux ou même fatigants pour le malade. C.'ol dans cette méthode surtout que le médecin lait connaître l'habileté «le son talent, les ressources précieuses de son esprit, la bonté de son cœur, en mitigeant des souffrances dont la cause est inattaquable, en soutenant un courage sans objet, en donnant des espérances que depuis longtemps il n'a plus.
Lois relatives a l'emploi des médicaments. — L'emploi Av<s moyens thérapeutiques doit s'effectuer d'après certaines lois générales qu'il esl important de bien établir. !Si l'on voulait ranger
iG2 EXPOSITION DE T.À DÛGTIIIfE BIOLOGIQUE.
ces agents d'après l'ordre dans lequel on se trouve communément obligé d'y recourir, on les placerait ainsi : vitaux, moraux, hygiéniques, pharmaceutiques, chirurgicaux.
Avant de prescrire aucun médicament, il faut s'appliquer à connaître les antipathies et les sympathies pharmaceutiques du sujet. La négligence de cette notion fondamentale est quelquefois devenue l'occasion des plus graves accidents.
Les formules générales destinées à tous les individus , à toutes les variétés d'une même altération , sont toujours irrationnelles et bien souvent dangereuses.
Les prescriptions doivent en général être simples , surtout dans l'administration des médicaments spécifiques ; c'est le moyen d'assurer leur action et de donner à l'expérience toute la précision et la vérité qu'elle peut offrir.
Il faut proscrire avec soin cette polypharmacie nuisible, fruit d'un ignorant empirisme, adressant un médicament à chaque symptôme , ne remplissant jamais assez l'indication principale, et jetant ainsi la confusion , le désordre et l'obscurité dans tous les résultats de l'observation.
Toutefois , on ne doit pas, en évitant un excès , tomber dans un autre. Il est souvent utile d'associer certains remèdes qui se tempèrent mutuellement, de manière à neutraliser ce qu'ils poniraient offrir de nuisible, en conservant toute la mesure et la liberté de leur action curative.
Dans cette association des médicaments, il faut éviter d'unir ceux dont l'action thérapeutique est opposée, dont la combinaison détruirait l'influence ou produirait des modificateurs dangereux.
Pour tous les médicaments très-actifs , on doit commencer par une dose faible, excepté dans les cas d'urgence , et ne pas oublier que cette dose ne peut jamais être absolue, mais au contraire, dans tous les cas, relative à l'idiosyncrasie du sujet.
Dans toute médication, il faut constamment avoir en perspective : la cause, la nature, le siège, les symptômes de la maladie, les conditions individuelles du malade , le mode d'action physiologique el iliérapeutique du remède.
ru i i;\i'i:i rini r. 463
Dan> l'administration des médicaments, le médecin doit surveiller avec attention ceux qui les préparent, ceux qui les
donnent et ceux qui les prennent; dans l'un ou l'autre de ces trois points, trop souvent dans tous à la i » > i > , se trouve la cause des insuccès du traitement.
Il faut de la persévérance dans l'emploi des moyens, tant que les indications restent les mêmes et que la médication semble avantageuse ; changer à chaque instant ses prescriptions, sans motif, dénote la versatilité , l'ignorance ou la pusillanimité du médecin.
En effet, « si le diagnostic détermine la formule, dit M. Forget, la formule traduit le diagnostic la formule, c'est le médecin. »
Dans le choix des médicaments à puissance égale, il faut préférer les indigènes, aux exotiques; les naturels, aux artificiels; les simples , aux composés ; les anciens , aux nouveaux ; les rationnels, aux empiriques; les innocents, aux dangereux; les peu coûteux , aux très-dispendieux , etc.
Dans l'ordre thérapeutique bien compris, on doit, en tenant un compte raisonné des efforts curatifs de l'organisme, attaquer la cause, la maladie principale, ses effets ou les altérations consécutives, enfin les symptômes assez développés, assez dominants pour jeter le trouble et la confusion dans l'économie vivante. Sans abuser de sa puissance, l'art ne restera pas au-dessous de sa mission; il devra marcher entre la perturbation de l'empirisme ignorant et l'eœpectation île l'hippocratisme absolu, sans oublier, comme l'a dit H. X. , Bull, de thér. : « Qu'entre la nature médpni/rnrvi la naiiiir homicide, il n'y a parfois que l'épaisseur d'une aponévrose. >►
Dans les applications particulières, la Doctrine Biologique noua offre encore des lois du plus haut intérêt :
ABAISSES i.i;s àCTIONS VITALES. — Ici se trouve la distinction
nécessaire des névralgies ci des inflammations.
Dans les névralgies, — les anti-spasmodiques, les calmants, les anesthésiques, parfois même les amers, les anti-périodiques , etc. ,
i(ii EXPOSITION DE LA DOCTRINE BIOLOGIQUE.
offrent la base du traitement : les émissions sanguines , le bain tiède, les boissons aqueuses, la diète, le régime débilitant, sont le plus souvent nuisibles , comme on l'observe surtout dans les gastralgies, les entéralgies, etc. , si mal à propos confondues avec les entérites, les gastrites, etc.
Dans les inflammations, — spécialement à l'état aigu, les toniques, les excitants, les narcotiques, les aliments très-substantiels produisent ordinairement des résultats fâcheux ; les émollients , la diète, le repos, les émissions sanguines, etc. , présentent le fondement de la thérapeutique , mais il faut beaucoup de prudence et d'habileté dans leur usage :
Les émissions sanguines doivent être employées largement chez les sujets vigoureux, jeunes, d'une constitution pléthorique, au début d'une violente inflammation aiguë , etc.
Elles doivent être ménagées chez les malades vieux, débiles, cacochymes, lymphatiques, nerveux; dans les phlegmasies chroniques et même dans les aiguës entées sur les premières, surtout lorsqu'elles sont compliquées par des lésions organiques profondes, avec prostration des forces.
Les saignées veineuses , artérielles , sont préférables dans les inflammations des parenchymes, avec imminence de congestion, lorsqu'il faut, par conséquent, obtenir une déplétion prompte et suffisanto pour prévenir ces graves accidents.
Les Baignées capillaires conviennent mieux dans les phlegmasies des membranes peu vasculaires, dans les inflammations chroniques, chez les sujets débiles, épuisés par des excès, une longue maladie; lorsqu'une déplétion trop subite serait à craindre, et qu'au lieu de ce résultat on cherche plutôt à produire une sorte de dérivation circulatoire.
Les applications de sangsues, de ventouses scarifiées, ne doivent point être faites sur des parties sèches, fibreuses, pourvues d'une grande quantité de nerfs ; si l'on veut obtenir un effet déplétif local , il faut les effectuer dans le voisinage de l'engorgement et donner au sang une suffisante issue pour ne pas augmenter encore cet engorgement par un appel sans voies convenables d'écoulement.
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Si l'on se propose un effet dérivatif, il convient de faire cette application dans une partie plus éloignée, avec des issues moins nombreuses pour l'évacuation dn sang.
La révulsion, — forfacoatç, revulsio, do revofoere, renvoyer, repousser, est le moyen d'abaisser les conditions vitales d'un organe en y produisant l'engourdissement de la sensibilité , en refoulant vers d'autres les mouvements innervateurs et circulatoires, comme on le voit dans l'application du froid continu. En établissant des intermittences dans l'imposition des réfrigérants, elle amènerait des effets contraires par les réactions qu'elle provoquerait. Il faut donc l'opérer graduellement; la continuer sans interruption pendant tout le temps de son utilité ; la supprimer ensuite en procédant par une progression opposée. La révulsion devra constamment s'effectuer des organes les plus importants vers ceux qui le sont moins.
La dérivai ion, — v/i-v.-j., derivalio, de derivare, amener, est un autre moyen d'abaisser les conditions vitales d'une partie, en appelant les mouvements d'innervation et de circulation vers une autre ; comme on le fait par l'application d'un synapisme, d'un sicatoire , d'un cautère, etc. Cette application doit toujours être opérée de manière k ne pas joindre l'effet de l'irritation dérivative a celui de l'inflammation morbifique ; à ne jamais provoquer de réaction nerveuse ou fébrile; à déterminer constamment l'appel, d'un organe plus essentiel, vers un organe qui l'est moins; à se proportionner, pour sa durée, pour son activité, k la résistance, à l'intensité de la maladie , etc. ; k ne plus être envisagée comme une voie ouverte k l'écoulement d'une humeur rmùible, mais bien comme une irritation artificielle destinée k contre-balancer l'irritation morbide.
Comment, dès lois , a-t-on pu confondre I" révulsion et la dérivation , puisqu'il existe entre elles absolument la môme différence qu'entre ces deux effets opposés : repousser et attirer; puisque leurs luis sont contraires et qu'il sera pour jamais impossible de les bien établir au milieu d'une semblable confusion? Toutefois , ces deux méthodes peuvent se prêter un mutuel
ta
appui, concourir au même but, arriver au même résultat par des moyens essentiellement différents : tels que la glace, le vésicatoire ; par des actions diamétralement opposées : la répulsion et l'attraction.
Relever les actions vitales. — Dans l'asthénie réelle, on obtient cet effet par les bonnes qualités de l'air, des lieux, des eaux, les aliments substantiels appropriés, les excitants diffusibles, les toniques, les stimulants convenables, etc.; dans la fausse adynamie, par les moyens capables de faire cesser la concentration des forces vers un organe important.
Modifier essentiellement les actions vitales. — Ici la cause est inconnue dans sa nature pathologique ; les modificateurs employés sous le titre de spécifiques, d'altérants, de résolutifs , de fondants , etc. , le sont également dans leur influence.
Suspendre les actions vitales. — Cette médication est actuellement mise en usage avec beaucoup de hardiesse , avec des agents nouveaux , tels que l'éther et le chloroforme , administrés par inhalation, sous le nom d'anesthcsiques , dans le but d'apaiser des douleurs intolérables ou de soustraire les malades à celles d'une grande opération. Cette méthode offre des avantages, des inconvénients et même des dangers sur lesquels une plus longue expérience viendra définitivement prononcer.
Agir sur un élément morbide , sur un symptôme. — Ces indications particulières peuvent quelquefois être prises en considération dans une thérapeutique rationnelle , surtout lorsque cet élément réclame des moyens d'un ordre spécial , et que ce symptôme est fâcheux dans son développement; mais ces médications ne doivent pas, à moins d'une indispensable nécessité, se mettre en opposition avec l'indication principale.
PàTORJSER r\ MOI \emext crîtiqle. — Cette médication est le
nu l'.M'i-.i noui. MJÎ
plus soutent indiquée parles tendances curatives de l'organisme alors que se trouvent réclamés, suivant ces indications : les vomitifs, li.1 s purgatif», les diurétiques , les sialagogues, les diaphoniques, les emménagoguee , les émissions sanguines supplémentaires , BtC.
En résumé, — dans toutes les médications, qu'elles soient : physiques, chimiques, vitales ou psychologiques , nous rencontrons toujours et partout la vie comme fait essentiel, fondamental , indispensable au complément de l'action thérapeutique et définitivement curative des maladies :
Ainsi, dans une fracture, la réduction effectuée par les agents physiques n'atteindrait jamais son but si l'influence vitale ne venait pas opérer l'adhésion des fragments et la consolidation du cal. Dans l'anémie , l'action chimique des ferrugineux, destinés à réparer les altérations de composition du sang , n'arriverait pas à ce résultat , si la vie , en vertu des lois de combinaison qui lui sont propres , n'apportait pas son indispensable concours à la reconstitution du ce fluide circulatoire.
Dans la fièvre éphémère , les agents vitaux, en d'autres termes les tendances curatives, les efforts conservateurs de l'orga- /nsine, ne ramèneraient pas ce dernier a l'état normal , si la vie taisait défaut ou perdait même de son empire.
Enfin , dans l'aliénation mentale , on verrait échouer tous les agents psychologiques les mieux combinés, si la vie, nécessaire à l'entretien , au jeu de l'intelligence et des passions, ne venait pas encore, en dernière analyse, présider aux modifications dont le résultat favorable est de rappeler ainsi les actions morales à leur étal physiologique.
De ces faits évidents et de ces principes incontestables, émane, pour conséquence rigoureuse, une loi qui domine la thérapeutique tout entière :
La vie est la condition générale de f organisme, le fait capital qui préside à tous les m 1rs physiologiques, pathologiques et thérapeutiques. Aucune maladie ne peut être guérie
sans le concours de ce fait essentiel , dont tous les faits particuliers dérivent ici comme la conséquence de son principe. Toutes les médications s'y rattachent comme à leur indispensable moteur. Toutes les explications pathologiques et thérapeutiques, prises en dehors du domaine de la vie, se trouvent par cela même frappées d'erreur, constituent des théories toujours fautives et le plus souvent dangereuses par leurs applications.