AMBROISE PARÉ
Àmbroise Paré , né à Laval au commencement du xvie siècle, reçut une première éducation très-modeste, vint étudier à Paris et servit dans les armées. En 1552, il fut nommé chirurgien de Henri II, plus tard, de Charles IX et de Henri III. Il inspirait tant de confiance et d'estime , que les assiégés de Metz, le voyant venir à leur secours dans une cruelle épidémie, s'écrièrent d'une commune voix : « Nous ne craignons plus de mourir, notre ami est parmi nous. » Il est en effet difficile d'apporter plus de zèle , de dévouement et d'habileté qu'il n'en montrait dans l'exercice de son art. L'invention de la poudre à canon avait augmenté le domaine de cet art de toute la classe des lésions connues sous le nom de plaies d'armes à feu. A. Paré fut le premier qui reconnut que ces plaies n'étaient pas vénéneuses , et qu'il ne fallait point les soumettre à la méthode barbare de la cautérisation. Son grand ouvrage, rempli de faits curieux et de sages réflexions pratiques, bien qu'il présente encore quelques traces des croyances de la superstition , doit être, môme aujourd'hui, consulté avec fruit, et son auteur nommé, à juste titre , le père de la chirurgie.
Nous venons de voir cet art , malheureusement séparé de la médecine , marcher, en sentinelle avancée , dans la voie de l'expérience et du perfectionnement, suivons actuellement, dans la même route, les progrès de la médecine proprement dite.
Tout semble concourir à la renaissance des lettres , des sciences et des arts. Guttemberg, né à Mayence, en 1400, invente l'imprimerie à Strasbourg, en 1436. Bientôt les ouvrages originaux sont multipliés et répandus. On peut lire dans le texte môme les écrits d'Hippocrate et des autres grands maîtres de l'art. On peut apprécier les altérations que leur avaient l'ait subir les traductions infidèles des Arabes, et leurs commentaires plus infidèles encore. Les bons esprits , comparant la futilité , le vide et l'incohérence des théories du moyen âge à la solidité , à la raison, à la vérité des préceptes hippocratiques , ramenèrent tout naturellement la médecine dans le domaine des faits et de l'observation. Mais, comme il n'est pas donné à ^intelligence humaine d'arriver toujours à la vérité sans payer quelques tributs à l'erreur , nous verrons encore la marche nouvelle de la science médicale embarrassée par les systèmes imaginaires, même des plus grands génies, auxquels elle devra, d'un autre côté , ses perfectionnements et sa gloire.