‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 5 sur 168 · XVIII BUT ESSENTIEL , UTILITÉ POSITIVE · texte numérisé non relu

XVIII BUT ESSENTIEL , UTILITÉ POSITIVE

sure de les guider avec avantage dans les voies si difficiles d'an art qui laisse peser sur ceux qui l'exercent la plus grandi

souvent la plus pénible responsabilité !...

Enfin, les bons observateurs, les hommes ir et de progrès,

demandent que leurs précieux travaux soient utilisés, pour l'art et pour la science, par l'établissement d'une doctrine solidement

constituée sur les faits : « Les pathologistes éprouvent le besoin d'une science médicale, nous disait tout dernièrement encore, beaucoup de sens, M. Amédée Latour, et l'on produit a pou exclusivement des résultats d'expériences partielles et dos faits sans coordination. »

Nous avons l'espoir de satisfaire à ces besoins, à ces désirs de tous, en publiant la Doctrine Biologique.

Il ne s'agit plus en effet ici d'un système étroit, exclusif, échafaudé sur une simple hypothèse; il s'agit de l'opinion générale des meilleurs praticiens, que nous citons a l'appui de nos principes; il s'agit d'une doctrine largement établie sur le fait capital de l'organisme en action : sur la vie.

Cette doctrine devient actuellement d'autant plus nécessaire, que des hommes d'un talent incontestable, mais hallucinés par les séductions des théories les plus erronées, sans tenir aucun compte des vaines et fâcheuses tentatives du passé , des utiles et sérieux enseignements du présent, cherchent encore, par opposition à toutes les lois de la nature , l'explication des phénomènes vitaux dans les influences de la physique et de la chimie.

Tous les bons esprits s'empressent aujourd'hui de protêt i contre cette fautive et dangereuse méthode.

H. Royer-Collard avait signalé ces vérités fondamental.-. M. Bouchardat vient de leur donner tout le poids de son autorité

dans un savant et beau discours prononcé récemment devant la Faculté de Paris ; discours qui nous semble honorer l'esprit autant que le cœur de celui qui l'a si judicieusement compris et si noblement écrit!...

« Aucune expérience, aucun raisonnement ne feront jamais que les corps vivants ne soient pas différents des corps inertes. Le physiologiste qui étudie le corps humain le décompose par tous les moyens qui sont en son pouvoir, et pourtant il tient compte des formes organiques et de cette unité vivante qui est la cause ou l'occasion de certains phénomènes d'une nature particulière. La physiologie ne sera donc jamais de la chimie ou de la physique,

mais ces sciences seront pour elle un nouveau scalpel »

(H. Royer-Collard.)

« Dans les organes des corps vivants , il s'opère de mystérieuses transformations qui sont complètement en dehors des lois de la chimie ordinaire.

« Les organes vivants seuls peuvent produire ces molécules complexes qui forment la partie fondamentale des corps organisés.

« Sans doute le chimiste peut employer la synthèse pour produire des molécules plus composées, par la réunion de molécules plus simples , mais il est dans cette direction des limites qu'il ne franchit pas. Non-seulement , jusqu'ici , il n'a pu produire un organe , un tissu, mais il n'a pu donner naissance à de l'albumine par l'association de molécules moins complexes. » (Bouchardat.)

MM. H. Royer-Collard et Bouchardat, tous les deux professeurs d'hygiène a la Faculté de Paris, ont constamment admis, comme seule et véritable base de cette science : la physiologie.

« Une fois, dit H. Royer-Collard, que l'hygiène a pris position

sur ces hauteurs, qui sont celles de la physiologie elle-même, un horizon nouveau ne se découvre-t-il pas à ses regards? >"e voit-on pas la nécessité de resserrer déplus en plus ces deux sciences, de les maintenir sans cesse l'une et l'autre au même point de développement; de faire en sorte, qu'animées sans cesse du même esprit, dirigées par une même influence, les conquêtes de Tune soient toujours pour l'autre un moyen de progrés et de perfectionnement ? Telle est la seule condition qui permet à l'hygiène de devenir ce qu'elle doit être, c'est-à-dire un art non poinl empirique et grossier, mais fondé sur une science positive et solide. »

« C'est aussi mon drapeau, ajoute M. Bouchardat ; je ne saurais proclamer avec trop d'insistance que l'hygiène , dans ses parties les plus belles , n'est que de la physiologie appliquée. »

11 serait difficile de trouver des preuves plus positives pour démontrer la vérité des bases que nous avons données à notiv Doctrine et la réalité des dogmes fondamentaux de cet ouvrage.

Ce que MM. H. Royer-Collard et Bouchardat, professeurs dont personne assurément ne contestera le sens profond et le vaste savoir, onl si complètement fait pour l'hygiène, appuyé sur les mêmes observations, invoquant lus mêmes principes, les mêmes lois, et déplus l'opinion de tous les bons observateurs, nous croyons l'avoir également effectué pour la pathologie.

ou

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