DUMAS, CHARLES-LOUIS
Né ii Lyon, en 176-i, Dumas étudie à Montpellier, est reçu docteur à dix-neuf ans; obtient des succès académiques. Cherchant à découvrir, dans l'histoire de la médecine, quelles ont été les causes de ses progrès et les obstacles à son avancement , il arrive à cette conclusion : que l'esprit d'observation et d'analyse offre le moyen le plus assuré pour le perfectionnement de cette science. Il ne croit point à la fibre élémentaire admise par Haller. Il publie en 1800 ses Principes de physiologie. Grand partisan de la doctrine du principe vital , il subdivise trop ce dernier en admettant des forces : sensitiye, motrice, assimilatrice , de résistance vitale, etc. Il fait connaître, en 1812, sa Théorie des maladies chroniques. Il rapporte les éléments simples des lésions morbides aux altérations des forces et des actions de la vie ; à celles des solides et des lluides. Il reconnaît des maladies simples , composées et compliqua es , suivait le 110mkre ou la diversité de leurs éléments. Parmi ces éléments, il admet le goutteux, le rhumatismal, le nerveux, etc. Ci Ile ;iii;iIym> des principaux phénomènes pathologiques, ramené-
IILFEI.A.M), DI.VIAS, Sl'P.E.ViEL , KASOlil. |()7
au caractère d'élément , bien comprise, appliquée sans abus, devra jeter une vive lumière sur la véritable appréciation des altérations morbiliques. Dumas fut doyende la Faculté de Médecine de .Montpellier et mourut le 3 avril 1813, âgé de quarante-huit ans.
Sl'KENuEE , XURT-POLÏCARPE-JOACIIIM.
V à Voldekow, en Poméranie, le 3 août 1766, Sprengel étudie à Halle, s'y fait recevoir docteur. Savant en grec et dans les langues orientales , il pratique peu, s'occupe surtout de la partie théorique de l'art, est nommé professeur en 1789. Il fait paraître en 1792 le premier volume de son Histoire de la médecine, ouvrage important et consciencieux, sans doute, mais où la prolixité, la surabondance des détails nuit sérieusement à la clarté , à la marche, à la précision 4e l'ensemble. Sprengel mourut le lo mars 1833.
PSQftJ, JEAN.
Aé à Parme, en 1767, Rasori étudie à Florence, à Pavie , en Angleterre, à Paris; conçoit le projet insensé d'élever la doctrine de Brown sur les ruines de celle d'Hippocrate. Il est nommé , en 1791, professeur de médecine à Pavie. Le scandale de son enseignement l'oblige à quitter cette chaire. Il publie des invectives contre ses collègues et contre ses bienfaiteurs. Ramené à Pavie par le Ilot révolutionnaire, en 1797, avec le titre de professeur de clinique interne, il ouvre son cours, a la manière de Paracelse, par un discours bouffon « sur le prétendu génie d'IIijjjjocrate, » qu'il s'efforce de tourner en ridicule ; il enveloppe tous les médecins de l'antiquité dans la môme dérision ; jette son atrabile sur tout ce que la mécjecine moderne offre de plus savant, de plus reconimandable ; et, parodiant l'acte in.seiis ' du cligne modèle qu'il avait choisi, termine p;ir relie belle conclusion : « qu'il faut brûler tous les livres écrits sur la science médicale, el >'<:n tenir aux seuls principes qu'il enseigne. » Tant de folie et d'outrecui- 'Miiee excite l'indignation générale; une dépulaliou de.-> élevés,
au nom de l'école , demande et obtient le renvoi de cet étrange professeur. Après avoir lu l'ouvrage de Darwin , il abandonne le système de Brown, en injuriant son auteur. Ce fut alors qu'il imagina sa doctrine du contro-stimulisme. D'après lui, « sur cent maladies qui affligent l'espèce humaine , il en est au moins quatrevingt-quinze qui dépendent d'une cause stimulante; tandis qu'il s'en trouve à peine cinq qui se rapportent à une cause débilitante. Ces causes, quiproduisentune diathèsesténique ou astênique, peuvent avoir divers degrés d'intensité. Pour les combattre, il faut employer des moyens contre-stimulants, dans le premier cas, et stimulants, dans le second. Il faut n'avoir égard qu'au seul degré de la diathèse et ne s'attacher qu'à combattre celle-ci , d'après le principe contraria contrariis curantur. » Il est aisé de voir tous les inconvénients graves que doit offrir une telle doctrine admise dans son ensemble. Elle fut professée, avec des modifications, par Borda de Pavie , Brera de Padoue , Tomasini de Bologne, etc. Basori , de retour à Milan , obtient la place de professeur de clinique, met sa doctrine en pratique. Elle est dénoncée comme homicide ; la preuve en est donnée par le relevé des registres mortuaires de l'hôpital ; le professeur de clinique est une seconde fois renvoyé. D'un esprit turbulent, Basori s'engage dans plusieurs conspirations politiques et termine en 1837, à Milan, assez misérablement sa carrière.