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LES COMMISSAIRES DES PAUVRES DESAINT-GERVAIS

Derrière le chevet de IVglise Saint-Gervais , Garain, maçon, et Marcher son fils, prêtre, possédaient une maison que, dans leur pieuse charité, ils destinèrent à héberger les pèlerins qui venaient faire des neuvaines. C'était vers la fin du XI!*" siècle, et bientôt l'humble demeure tomba en ruines, mais son utilité était démontrée , et une fondation plus vaste eut lieu dans la vieille rue du Temple. Les marguilliers et notables paroissiens de Saint-Gervais avaient voulu prendre part à une œuvre qui grandissait chaque jour. Ils conçurent donc le projet d'une confrérie , sous le patronage spécial des deux saints, et où seraient admises toutes les personnes qui voudraient en faire partie , sans distinction de profession, de rang ni de qualité. Les statuts de cette confrérie furent rédigés en l'an 1400, et reçurent l'approbation de Charles VI. Les adhésions arrivèrent de toute part, le Roi, la Reine (Isabelle de Bavière), le Dauphin, depuis Charles VII, tous les princes du sang se firent agréger à cette association qui se maintint fort longtemps dans un grand étal de prospérité. Du reste, pour être devenue une des plus nombreuses , elle n'en resta pas moins une des plus édifiantes de la capitale.

PROSPERATVM EST OPVS IN MAMBVS EIVS CAHlTtS PAB1S1.

Au-dessus des nuages lumineux, une femme radieuse que nous appellerons la Chanté ou la viei^e consolatrice des affligés, puise dans des corbeilles que lui présentent deus anges , des trésors infinis, pour les répandre des deux mains sur la ville de Paris.

VBBIS. ET. FORI. PAVPERVM TVTELA.

Les armoiries de Paris couronnées et entourées du cordon de Saint-Michel.

p. DE LA, COVRT. C. ESCH. ET R'. G'. D. PAVVRES DE PARIS.

.armoiries entourées de deux branches nouées.

Pendant les luttes politiques dont les conséquences sont d'amener inévitablement la misère lorsqu'elles ont été violentes, à la suite des guerres désastreuses qui ont ruiné les villes, dépeuplé les campagnes, la charité se montre plus active et plus ingénieuse parce qu'on en sent davantage le besoin. On sait que rétablissement des bureaux de bienfaisance ne date que de notre grande révolution, mais dès lô31 Tempereur Charles-Quint, pour réprimer la mendicité, pour mettre un terme aux ravages des troupes de pauvres allant de ville en ville , créa une institution publique en faveur des indigents de la ville de Lille, en ce temps espagnole, aujourd'hui française. La bienfaisance privée avait pris Tinitiative et lorsqu'elle vit Fautorité entrer dans ses vues, elle devint son auxiliaire et mieux encore sa rivale généreuse, en augmentant la bourse coinmune des deniers que la confiance versait entre les mains de ses commissaires.

La charité religieuse craignit un instant de voir le riche moins aumônieux, lorsqu il croirait pouvoir se reposer sur une administration légale qui éloignerait de sa vue la mendicité errante et criarde. H ne fallut pas moins, pour faire taire ses scrupules, que les décisions des facultés de théologie et de TUniversité de Paris, que le dévouement des citoyens les plus recommandables dont douze d'entre eux prirent le nom de Ministres gé*

néraux des pauvres. La charité individuelle et la bienfaisance légale vécurent en sœurs , elles s'entendirent et combinèrent leurs œuvres. Les comptes étaient rendus deux fois l'an à l'Hôtei-de-Ville, en présence des ministres, des curés, et du peuple appelé au son de la cloche. Les bureaux de charité étaient au nombre de sept, égal à celui des paroisses , en y ajoutant le bureau de bienfaisance (administration centrale), les assemblées générales comptaient les délégués de huit administrations.

HOC. DVCE. TVTA.

Cette devise s'applique à Loui3XIVqui,en 1647, avait confirmé l'exislence de la bourse commune. — Le lion de Flandre se lève menaçant pour défendre le trésor dont la clef se dresse derrière lui. Entre les deus et audessus, on voit une contremarque en forme de palme. Exergue. — octo parochiaMm cohitia.

Sous n'avons pas rintenlioii de faire l'hislorique des institutions cl des établissements créés par la philanthro-

pie, par ia bienfaisance et surtout par ia charité chrétienne. Ces vertus , passées dans nos mœurs , enfantent chaque jour de nouveaux dévouements. Paris se distingue entre toutes les villes, par la raison que c'est là que s'accumulent sans cesse les misères physiques et morales^ aussi on voit par le jeton figuré à la page 177, qu'à une époque déjà éloignée, le graveur a su, en quelques traits, exprimer tant de nobles efforts.

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