‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 47 sur 66 · VOYAGE A JERUSALEM · texte numérisé non relu

VOYAGE A JERUSALEM

apprendre^ encore plus par leurs exemples que par leurs paroles, avec quel esprit de dévotion nous devons célébrer nos fêtes, qui nous rappellent les principaux mystères du christianisme.

Quand les jours de la solennité furent passés, Joseph et Marie s'en retournèrent chez eux; mais TEnfant Jésus disparut et demeura dans Jérusalem, sans que son père et sa mère s'en aperçussent. Comme les charmes du saint Enfant étaient merveilleux et que chacun s'efforçait de l'avoir en sa compagnie, ses parents n'eurent pas de peine à croire qu'il ne fût à leur suite, dans quelque groupe de voyageurs. D'ailleurs, les hommes et les femmes ne marchant point ensemble par bienséance, Joseph pouvait croire Jésus avec sa mère, et Marie le croire avec Joseph. Ainsi Jésus échappa facilement ; et Joseph et Marie marchèrent un jour entier, sans remarquer leur perte. Tout ceci arriva par un dessein formel de la divine sagesse. Jésus-Christ, en restant à Jérusalem à l'insu de son père et de sa mère, voulut réveiller en eux l'idée de sa divinité et de son indépendance, et les rendre l'un et l'autre le modèle et le refuge des âmes éprouvée.s par des désolations intérieures. Car n'arrive-t-il pas très souvent que Jésus se cache aux âmes les plus ferventes, pour éprouver leur fidélité et leur faire comprendre que les douceurs sensibles de la dévotion sont des dons qui ne leur sont pas dus, et qu'il faut servir le Seigneur pour luimAme, et non pour le plaisir et les consolations qu'on y trouve.

Quand le soir fut arrivé, et qu'il fut question de se réunir par tamilles pour passer la nuit, Jésus ne parut point. Marie et Joseph cherchent leur enfant parmi leurs parents et les personnes de leur connaissance, sans pouvoir le trouver ; au)rs que de craintes, que de réflexions, quelle douleur ! Que de reproches ils durent s'adresser intérieurement à eux mêmes, quoiqu'ils fussent cependant exempts de toute iaute 1 Ils s'empressèrent de reprendre le chemin de Jérusalem, s'intormant de leur Enfant par toute la route, et

n'e« apprenant aucune nouvelle. Arrivés à la ville, aussitôt et sans prendre aucun repos, ils le cherchent de tous côtés, mais inutilement. Est-ce ainsi que nous nous appliquons à retrou <-er Jésus-Christ, lorsque nous avons eu le malheur de le perdre? Hélas! que de fois nous l'avons forcé, par nos prévarications, à s'éloigner de nous, et nous n'en avons conçu aucun chagrin, aucune inquiétude !

Enfin, après trois jours de laborieuses perquisitions et d'une mortelle anxiété, quand ils l'eurent assez pleuré, assez recherché; le saint Enfant se laissa retrouver dans le temple. Et n'est-ce pas là, en effet, sa demeure ? Jésus- Clirist n'aime pas le tumulte ni les embarras du monde; et, si nous voulons aller sûrement à lui, c'est à l'église, dans la maison du recueillement et de la prière, qu'il faut le chercher. Oh ! quelle fut alors la joie de Marie et de Joseph ! Qu'ils furent bien dédommagés de leurs fatigues, en voyant leur fils bien-aimé, assis au milieu des docteurs, comme docteur lui-même et né pour les enseigner ! De quels délicieux sentiments leurs cœurs furent agités lorsqu'ils l'entendirent taire des questions solides, et répliquer aux réponses d'un air si modeste et d'une manière si sublime que toute l'assemblée en était dans le ravissement ! Enfant de douze ans, il étonnait les maîtres en Israël, aussi bien par sa science et sa sagesse qne par la douceur de sa voix et les charmes de toute sa personne. A l'exemple de Jésus-Christ, interrogeons les ministres de l'Église, qui sont les dépositaires de la vérité et doivent nous indiquer la voie du salut. Jésus-Clirist n'avait pas besoin de s'instruire lui-même, puisqu'il possédait une science infinie ; mais il voulait apprendre aux chrétiens à écouter la parole de Dieu avec le plus grand respect, avec une entière docilité d'esprit et de cœur.

Au sortir du temple, Marie se plaignit à Jésus, avec une tendresse respectueuse, de son absence et des inquiétudes où il les avait plongés. « Pourquoi me cherchiez-vous? leur répondit-il ; ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé

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