‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 10 sur 252 · DIEC SEUL EST TOUT-PUISSANT · texte numérisé non relu

DIEC SEUL EST TOUT-PUISSANT

Des flatteurs louaient la puissauce de Canut , Roi d'Angleterre. Que fit le sage prince' il s'assied sur le bord de la mer; c'e'tait au moment du reflux : il ordonne à l'e'le'menl fougueux de le respecter. On pense bien qu'il ne fut pas obéi, ^e tournant alors vers ses courtisans : Voyez , dit-il, qu'elle est ma puissance ! »

UÉBAILT. Enseigntmeni di la Religion, t. itr, DIEU GOUVERNE TOUT l'uNFVERS.

Quelqu'alfliction qui m'arrive , disait David , je n'ai pas même la pensée d'en former la moindre plainte : je n'ai de voix que pour bénir Dieu etchanterseslouanges, sachant que tout vient de lui comme la source de tout bien. Si je suis poursuivi et persé-^ cuté par Sai 1 , C^est Diru qui Va voulu. Si je suis chassé de mon palais et de ma capilale par Absalon , mon propre fils, c'est Dieu qu'il l'a voulu,

M. de Chantai ayant été blessé mortellement à la chasse, par l'imprudence d'un ami, fut lui-même son

(<) Daniel , chap. ^3.

con ' lalcur, en lui disant : Mon ami , le trait était vari' l en haut^ aidant de partir de ta main.

Vie de Sainte Chantai.

Madame de Sévignë , on parlant de Turenne, dit que le canon qui tua ce grand homme était chargé de toute éternité. Cette pensce est aussi vraie qu'énergique.

Lellret de îladame de 9ÉVIG\E.

LE p. BEATJREGARD ET LE PAUVRE ARTISAN

Le père Beauregard venait de prêcher dans l'une des égJises de la capitale son beau sermon sur la Proiudenre ; comme toutes ses antres prédications, celle la avait attiré une afiluence considérable d'auditeurs ; à peine est-il rentré chez lui qu'un inconnu se présente et demande à l'entretenir un moment. « Trèsvolontiers, lui dit le vénérable prédicateur; asseyezvous; je suis prêt à vous entendre. — Monsieur, je viens de votre sermon; certainement vous avez parle très-bien, on ne pouvait pas mieux dire, mais vous avez vanlé les bienfaits d'une providence; je ne crois pas à cela, car, pour moi, il n'y a pas de providence. — Comment, Monsieur', et quelles paroles venezvous de prononcer i' — Non, Monsieur, il n'y a point de providence pour moi. Tenez, ji;gez plutôt : je suis menuisier de mon état, j'ai une femme et trois enfans, nous sommes d'honnêtes gens qui travaillons et qui n'avons jamais fait de tort à personne. Parlez de moi dans mon quartier, et tout le monde vous attestera que N. est un brave homme, qui gagne sa vie et celle des siens à la sueur de son front , qui ne boit pas, qui ne joue pas, qui est de bonne intelligence avec sa femme, et qui ne fait point de dettes qu'il ne les acquitte fidèlement — Je crois tout cela sans peine , mon enfant , interrompt le respectable ecclésiastique

que touchait vivement l'effusion de ce langage ; mais où voulez-vous en venir, et qu'ont de commun des détails si propres à iiite'rcsser en voire fa?'>ur , avec voire incrédulité à l'égard de la providence/' — Où j'en veux venir, Monsieur, et qu'est-ce que tout cela a de commune Le voici : vous voyvz un homme près de s'aller jeter dans la rivière. — O ciel ! s'écrie le

f)ère Beauregard, justement alarmé d'une telle résoution : que Dieu vous préserve d'un semblable égarement ! il n y va pas seulement de votre vie, il y va du salut de voire âme. Ah ! qui peut donc vous porter à un prnjet aussi condamnable'' — Monsieur, j'éprouve une perte ruineuse pour moi, p^r la faillite d'un débiteur. J'ai des engagemens qui échoient le trente du mois ; je ne pourrai pas payer. Ce serait la première fuis que je n'aurais pas fait honneur b ma signature. Je ne supporte pas l'idée de ce malheur, et c'est après avoir frappé en vain b plusieurs portes et n'avoir rien obtenu, parce que mes parens et oies amis ne sont pas plus riches que moi , que je vais me noyer.- — Mais, mon ami, votre femme que vous aimez, vos enfans, qui ont besoin de vous, que deviendraient-ils si vous les abandonniez sans retour:' — A cette question, le pauvre artisan sentit couler ses larmes et il reprit ainsi : « Que voulez-vous. Monsieur, je ne peux pas vivre déshonoré; je leur ferais honte, cl quand je n'y serai plus, peut-être aura-t-OD pitié d'eux. — Dites-moi, je vous prie, comment, préoccupé d'une pensée aussi affreuse, vous êtes venu a mon sermon ? — Oh ! Monsieur , je n'y suis point allé exprès. C'est le hasard, voici comment : je passais dans le voisinage de l'église, j'ai vu beaucoup de monde se presser pour y entrer. Par curiosité^ machinalement peut-ctro, j'y suis entré comme les autres. J'ai demandé ce qu'ilyavai'. On ma répondu qu'un grand prédicateur allait prêcher. Je suis resté.

je vons aï entendu, et Jusqu'au bout. Tout ce cpje vous avez dit dtait bien beau: mais, Monsieur, en faisant un retour sur moi-même , sur mon irrepruchabiliié, je n'ai pu me résoudre à admettre la providence. — Quoi ! mon ami, avec un dessein aussi de'bespéré, vous êtes entre' dans l'e'glise, vous m'y avez entendu, vous êtes venu auprès de moi, vous y voilà, me confiant vos peines, et vous ne reconnaîtriez pas que tout cela est de la providence! — Frappe' de l'observation, et gardant un moment de silence , l'artisan répond : « C'est vrai , Monsieur, voilà quelque chose de reinarquabie. Mais enfin, cela ne paiera pas mes billets le 3o de ce mois. «< Tout , dans cet entretien , avait ému le cœur du P. Beauregard; tout lui révélait un honnête homme sans lumière, qui méritait un vif intérêt et surtout un prompt secours. II jugea inutile le recours aux renseignemens, après avoir entendu ce malheureux homme, dont le langage et les manières attestaient la véracité. Son parti fut bientôt pris. « Écoulez , mon enfant, lui dit-il, je vous crois un honnête homme , un homme qui est malheureux sans s'être attiré son malheur , et qui n'a point fait le calcul de me tromper. Je veux vous aider à sortir de peine. Combien vous faut-il pour que vos billets soient acquittés ? je ne suis pas riche, mais enfin, je puis vous offrir de quoi contribuer à faire votre somme. -— Ah! Monsieur, quelle honte , avec moins de mille écus je suis sauvé. « Le Le P. Beauregard se lève , va ouvrir son secrétaire, en tire une somme de cent louis, retourne à l'artisan, et lui dit: « Mon ami, voilà cent louis. Je n'aurais pas été assez heureux pour vous les donner de moi-même, naais il y a quelques jours, après avoir assisté à mon sermon sur V Aumône^ Madame la princesse de "*'** ( qu'il lui nom ma ) m'a envoyé cet argent , en m'auto» risant à en faire, pour le soulagement de l'iniortune,

l'emploi que je jugerais être le plus convenable. I<a somtne eût adouci les maux de plusieurs familles entre lesquellfs je l'aurais re'parlie. Au moment même où vous êtes entré, je songeais à en concerter la distribution avec quelques curéà de celle ville: mais, mon enfant, votre présence cbez moi est, à mes yeux, dans la crise de situation que vous m'avez exposé»', un trait de lumière sur les vues de la providence à votre égard. Prenez donc ces cent louis; allez acquitter vos engageraens le 3o de ce mois, et croyez à la providence. »

Le pauvre artisan, à ces mots, tombe aux genoux du P. Beauregard , les arrose de ses larmes , sans pouvoir proférer une parole, tant la surprise et la reconnaissance agissaient sur son cœur; et, levant les yeux au ciel, qu'il bénit du fond de son àme, il reçoit la somme des mains du bon Prêtre, les serre affectueusement, et disparaît.

BlLLECOCQ. De lareligion chrétienne.

DE L.1 CBÉATIO?!

Tu dis , et !e ilamteau du monde« Chassant l'obscurité profuide, Commenra It cours dri saisons :

Ton souffle animant la nialière Sur la niasse informe et prossière Tersa les fleurs et les moissons.

LEVâTASSEDB.

Au commencement de tous tems , Dieu a créé le ciel et la terre. La terre, en sortant du néant, était toute nue, sans arbres, sans fruits et sans aucun ornement; les ténèbres couvraient la face de l'abîme d'eau où la terre était comme absorbée, et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. Or Dieu dit : Que la lumière soit et à Tins-

tant la lumière fut faite. Dieu vit ensuite que la lumière était bonne , et il sépara la lumière des ténèbres; il donna à la lumière le nom de jour, et aux. ténèbres le nom de nuit ; et du soir et du malin se fit le premier jour. Dieu dit aussi : Que le tlrmament soit fait, et le firmanictjt fut fait ; il l'appela ciel, et du soir et du matin se fit le second jour. Le troisième Jour Dieu dit : Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un soûl lieu, et que l'élément aride paraisse; et cela fut fait ainsi. Dieu donna à l'élément aride le nom de terre, et il appela mer le rassemblement des eaux. Et Dieu vit que cela était bon , et il dit : Que la terre produise de l'herbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers chacun selon son espèce, et cela fut fait ainsi. Le quatrième jour , Dieu fit deux grands corps lumineux, l'un plus grand pour présider au jour, et l'autre moindre pour présider à la nuit; il fit aussi les étodes, et il les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre. Et Dieu vit que cela était bon et conforme à ses desseins. Le cinquième jour Dieu créa les poissons qui nagent dans les eaux, et les oiseaux qui volent dans les airs, et il les bénit en disant : Croissez et multipliez, et remplissez les eaux de la mer; et que les oiseaux se multiplient aussi sur la terre. Le sixième jour Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivans, chacun selon son espèce, les animaux domestiques, les reptiles

et les bêtes sauvages de la terre, selon leurs différentes espèces et cela îe fît ainsi; et Dieu vit que cela était bon et conforme à ses desseins.

Dieu étant tout-puissant, il pouvait créer le inonde en un seul instant; il a employé six jours à ce grand ouvrage , pour montrer qu'il est maître de son action , et que ce qu'il fait , il le fait avec une souveraine liberté.

CRÉATION DE L'hOMME ET D E LA FEMME.

Dieu après avoir créé le ciel , la terre et tous les autres êtres, dit : Faisons Thomme à notre image et ressemblance ; qu'il soit le maître des poissons de la mer , des oiseaux de l'air, et de tous ks animaux qui sont sur la terre. Alors il créa l'homme à son image; il forma son corps du limon de la terre et lui donna une àme viv anie. Il le plaça dans le P;!radis de de'lices qu'il avait préparé pour être sa demeure. Ce jardin était peuplé d'arbres de toutes espèces, agréables à la vue et chargés de fruits excellens. Au milieu, était l'arbre de la science du bien et du mal. Une source abondante arrosait ce délicieux séjour et formait ensuite quatre fleuves qui allaient se répandre en différentes contrées. C'est là que le Seigneur plaça le premier homme pour cultiver et garder ce beau jardin. Et voici ce qu'il lui ordonna : Vous mangerez du fruit de tous les arbres du Paradis ; mais vous ne toucherez point à celui de la science du bien et du mal; car aussitôt que vous en auriez mangé, vous deviendriez sujet à la mort.

Le Seigneur dit ensuite : Il ne convient pas que l'homme reste seul ; faisons lui une compagne semblable à lui.... Il envoya donc un sommeil profond à A(iam, et pendant qu'il dormait , il tira une de ses

côtes el en forma la femme. 11 la conduisit à Adam, celui-ci, à celle vue, s'e'cria : Voila l'os de mes os et la chair de ma chair.... C'est pourquoi 1 homme quittera son père cl sa mère pour s'attacher à son épouse, et ils ne feront tous deux qu'une même chair. C'est ainsi que Dieu créa l'homme à son image. Il plaça Adam et Eve dans le paradis terrestre ; il les nénit et leur dit : croissez et mullipliez-vous ; peuplez la terre qui sera soumise à votre domination. Soyez les maîtres de tous les poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui sont en mouvement sur la terre.

Gen. 1 , et pQsslm, FAUTE d'aDAM ET D'EVE.

Dieu avait défendu à Adam et Eve de manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal qui était au milieu du Paradis terrestre : c'était l'épreuve cl laquelle il mettait leur obéissance pour fixer leur bonheur; mais le démon jaloux prit la figure du serpent; il adressa la parole à la femme , et lui dit : Pourquoi Dieu vous a t-ilcommandé de ne pasmangerdu fruit de tous les arbres de ce jardin ? La femme lui répondit: Nous pouvons manger de tous ces fruits, excepté des fruits de l'arbre qui est au milieu, le Seigneur nous a défendu d'y toucher, et si nous désobéissons, nous sommes condamnés à la mort. Non , reprit le serpent, vous ne mourrez point, car le Seigneur sait qu'aussitôt que vous en aurez mangé, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des Dieux; vous aurez la connaissance du bien et du mal. La femme considéra le fruit , il lui parut beau , elle en cueillit, en mangea , et en donna à son mari qui en mangea aussi. Alors leurs yeux furent ouverts ; il remarquèrent qu'ils éiaient nus, et ils se firent dps ceintures de feuilles de figuier. Vers le midi, ils enlendireut la voix de Dieu qui marchait dans le Paradis ;

aussilôt ils s'enfoncèrent dans le bosquet, pour se dérober à sa vue.

Le Seigneur appela Adam et lui dit : Adam où êles-vous ? Adam répondit : Seigneur, j'ai entendu votre voix , et j'ai craint de me présenler devant vous, parce que j'étais nu ; et je me suis ca'^hé. Le Seigneur dit : qui est-ce qui vous a fait connaître que vous étiez nu, sinon parce que vous avez mangé du fruit défendu ? Adam répondit : c'est la femme que vous m'avez donnée pour compagne qui m'en a présenté, et j'en ai mangé. Dieu dit à la femme ; pourquoi avez-vous fait cela • Elle répondit : c'est le serpent qui m'a trompée , et j'ai mangé de ce fruit. Le Seigneur dit au serpent : parce que tu as fait cela , tu seras maudit parmi tous les animaux; tu te traîneras sur ta poitrine, tu mangeras la terre toute ta vie; je mettrai une éternelle inimitié entre la femme et toi, et entre sa postérité et la tienne ; elle t'écrasera la tète, et tu tendras des embûches à ses pieds. Puis il ajouta ù la femme : je multiplierai tes chagrins et tes maux ; tu enfanteras avec douleur, et tu stras sous la puissance de ton mari qui dominera sur toi. Enfin, adressant la parole à Adam, il lui dit: parce que, trop docile à la voix de ton épouse , tu as mangé du fruit défendu, la terre sera maudite en tes ouvrages, tous les jours de ta vie, tu ne pourras te nourrir de ses productions que par un pénible travail. Elle produira des ronces et des épines; *u mangeras l'herbe de la terre et ton pain à la sueur de ton front, jusqu'à ce qu'enfin tu retournes dans la terre d'où tu es sorti ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière.

Adam donna à son épouse le nom d'Eve, qui signifie mère des inoans. Le Seigneur leur fit des habits de peau et les en revêtit.

Enfin , il les chassa du Paradis de délices où il les avait placés. 11 mil à l'entrée un Chérubin, armé d'i^n

glaive élincelant, pour garder le chemin qui conduit à l'arbre de vie. Gen. \L.

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