‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 121 sur 252 · COMBIEN II. EST DANGEREUX DE LIRE DE MAUVAIS LIVRES · texte numérisé non relu

COMBIEN II. EST DANGEREUX DE LIRE DE MAUVAIS LIVRES

Sainte Thérèse, étant encore jeune, se joignait à son père pour lire les vies des Saints, et s'animait ainsi à la vertu et à la piété. Mais, dans la suite, s'étant adonnée à la lecture des romans, ce fut la cause de son relâchement ; elle donna dans la vanité et le goût du siècle, et se serait perdue si elle eût continué ces lectures pernicieuses. Dieu se servit de la lecture des épîtres de saint Jérôme et des confessions de saint Augustin, pour la ramener entièrement à lui.

Fia de talnte Thériie.

AVEU d'un VIEILLARD.

Un vieillard nous a raconté qu'il avait lu , jusqu'b 4o ans , les livres à la mode. S'étant converti à cet âge , il renonça à toute autre lecture qu'à celle des livres de piété. 11 y avait dans sa bibliothèque douze rayons dont chacun renfermait les livres qu'il lisait chaque mois. Il a avoué, dans sa simplicité, à l'âge de 84 ans, que cesexcellens livresavaient pour lui, chaque année, \e mérite de la nouveauté. Sa mémoire était un vase criblé, d'où l'eau s'échappait sans cesse; tandis qu'il ne pouvait effacer de son esprit surtout de médians vers, et généralement tout ce qu'il avait lu

— 2A9 — jusqu'à 4-0 ans, dont le souvenir le suivait le poursuisuivail , le fatiguait, Timportunait, jusqu'au pied des autels.

MÉBAIILT , Enteigîitmnet de la religion t. 5.

EXEMPLE EFFRAYANT DES StITES FCAESTES DES MAUVAISES LECTURES.

Un anglais, nommé Williams-Be^aide, s'e'tait marié dans la ville de Londres, avec une femme aimable et d'une honnête famille ; il avait quatre enfans , dont il dirigeait l'éducation avec un soin et une vigilance extrêmes. Il paraissait être un excellent père et un bon mari. Ses affaires de commerce déclinant depuis quelques années, il se livra à la lecture, et malheureusement il préféra celle des livres qui ont été faits contre la religion. Il en adopta tous les principes, écarta toute idéée de vice et de vertu , et regarda les hommes comme de simples machines. Il se crut en droit de disposer de sa vie , de celle sa femme et de ses enfans. Un matin, il envoya son domestique porter une lettre dans le voisinage, à un ami qu'il priait de venir à sa maison avec deux autres personnes, pour voir le changement de son état et de celui de sa famille. A la réception de la lettre, l'ami vola ; mais il était trop tard : ce malheureux avait employé la hache et le pistolet. Il s'était ser^i de la première arme pour détruire sa famille, et avait tourné la dernière contre lui-même. Le juge , après une enquête, condamna sa mémoire. Son corps fut exposé à l'opprobre public , et jeté à la voirie ; on enterra sa femme et ses enfans avec décence. Tous les cœurs humains et sensibles versèrent des larmes sur le sort de cette famille , et conçurent une nouvelle horreur pour les livres qui avaient fait un barbare d'un homme qui, avant d'avoir perdu la foi, avait mérité l'estime de tous ceux qui le connaissaient.

l'abbé CÉRABD , ttcamte de Valmont,

Un jeune homme, nommé de la Haute , employé dans les bureaux de llnspecteur de la cinquième division militaire, s'était depuis plusieurs mois livré à la lecture des romans les plus sombres; il en faisait l'alinment d'une passion sans espoir. Un jour, à huit heures du matin, il s'enferme dans sa chambre pour y écrire quelques lettres , les porte lui- même à la poste, rentre chez lui, lit plussieurs passage du roman de Werther, dont il souligne les traits les plus analogues à son hineste dessein; vers les lo heures, joue sur la flûte quelques airs conformes à sa mélancolie, puis, un instant après, s'applique sujr^ l'œil droit un pistolet chargé de trois balles , et tombe mort.

l'abbé OCILLON, Enfreticni turlt Suicide.

AUTBE EXEMPLE. EXTRAIT d'uNE LETTRE DE M*** A UN SES AMIS, 12 FÉVRIER 1802.

« Pardonnez , mon cher ami , si j'ai différé de ré- » pondre à votre lettre.... Un événement affreux m'a » jeté dans le trouble et dans le deuil. Ma fille Rosa- » lie, que vous honoriez de vos bontés, n'est plus!..!.! « La lecture des romans avait enflammé ses passions.. » Une fatale inclination que rien ne pouvait excuser... » Plaignez le plus malheureux des pères. Le désordre >• de mes sens m'empêche de vous donner plus de » détails. Elle avait écrit une lettre d'adieux à sa » mère, à ses sœurs et à moi, où elle motive sa fu- " neste résolution de se donner la mort, par les rai- " sonnemens de V Héldîse, le volume était encore ou- » vert sous le chevet de son lit, à la lettre où l'amant » de Julie délibère s'il doit s'arracher la vie. La cruelle ! » elle a encore été plus coupable ; car ce Saint-Preux, » du moins , ne laissait point im père au désespoir. »

EntMfwnj tut I* Suicide , par M, OSILLOS.

Le aS avril fgG, une jeune femme se jeta du Pont- Royal dans la Seine. Les secours pour la sauver furent inutiles; on trouva sur elle ie dernier volume de Faublos , et en réxaminanl attentivement, on découvrit sur un des feuillets ces mots écrits des mains de la jeune dame : Je fus traliir. confine elle , je dois périr comme elle. — Voilà où conduit la lecture des romans.

UÉBACIT , Enteignfment dt ta Religion , tome 3, AUTRE EXEMPLE.

Ninon de Lenclos s'était gâté l'esprit, dès l'âge de dix ans, par la lecture du sceptique Montaigne , et de Charron son froid copiste. Croyant se former par ces lectures, elle y perdit les mœurs et cette sensibilité qui nous distingue si avantageusement , et sans laquelle nous sommes comme un arbre poli , mais bien dur et bien froid ; elle n'était susceptil)le d'aucun attachement ; et son propre fils s'élant poignardé de désespoir à la porte de sa chambre, un événement si tragique ne dérangea pas, pour ce jour-là même, son train de vie ordinaire.

Rlleb.

CONDUITE DE DIDEROT ENVERS SES ENFANSjj RELATIVEMENT AUX MAUVAIS LIVRES.

Pères et mères, maîtres et maîtresses, si vous voyez un mauvais livre entre \fs mains do vos enfans , de vos élèves, ayf z au moins le zèle de Diderot ; est-ce trop demander . Arrachez , comme il fit avec indignation , des mains de ce qui vous est cher, le livre où la religion ne serait pas respectée. C'était son propre ouvrage que l'incrédule ne put souffrir un instant entre les mains de sa fille. On eut pu lui dire : Si votre doctrine est funeste, comme vous paraissez l'avouer,

pourquoi la rëpandiez-vous dans le public? pourquoi taire circuler dans la grande famille des poisons que vous jugez être si dangereux pour la vôtre ■'

MÉEACLT , Lti ApoiogittetA LES LIVRE8 BRÛLÉS.

Quelquess années avant la re'volulion , une marchande de livres de Paris , attirée par la réputation du P. Bcauregard , dont l'éloquence simple et sublime excitait l'admiration de la capitale, se rendit à l'église Notre-Dame, pour entendre un de ses sermons. Il semble que la Providence l'y avait conduite pour ménager sa convexsion. Le prédicateur devait, ce jour-là, prononcer un discours contre les mauvais livres; et la Dame avait bien des reproches à se faire sur ces article. Quoiqu'elle eût l'âme religieuse et honnête, elle n'avait pas laissé de vendre beaucoup d'ouvrages contraires aux mœurs et à la religion. L'intérêt l'avait aveuglée, comme il aveugle presque tous ceux qui exercent la même profession; en se déguisant à ellemême le crime qu'elle commettait, e-lle no songeait qu'au gain qu'elle pouvait faire; mais quand, éclairée par les lumières divines, que le prédicateur fit briller à ses yeux, elle ne put plus se dissimuler que les livres impies et licencieux sont la source funeste d'oij découle le poison qui corrompt les esprits et le cœurs, quand elle fut forcée de reconnaître que ceux qui les impriment, les vendent ou contribuent à les répandre , de quelque manière que ce puisse être , sont comme autant d'empoisonneurs publics que Dieu rendra responsables un jour de tous les désordres , de toutes les impiétés , de tous les crimes qu'ils occasionnent ; quand enfin, réfléchissant sur ces vérités alarmantes, elle comprit tout le mal qu'elle avait déjà fait, tout celui qu'elle forait encore, si elle continuait le même commerce ; pleine d'indignation contr'elle-même , et

oe regardant plus ce commerce que comme un trafic indigne de toute âme qui a encore quelque principe de pudeur et de religion, elle résolut d'y renoncer pour toujours ; et, afin d'exécuter surle-rhamp une si louable résolution, en sortant du sermon, ell*^ se rendit chez le prédicateur. « Vous venez, mon père, » lui dit-elle, en l'abordant les larmes aux yeux, \ous » venez de me rendre un grand service, en me fai- » sant sentir combien je me suis rendue coupable par • la vente que j'ai faite de plusieurs mauvais livres; » mais je viens vous prier de votdoir bien achever la » bonne œuvre que vous avez commencée, en pre- » nant la peine de venir dans mon magasin, pour » examiner tous les ouvrages qui y sont , et pour » mettre à paît tous ceux qui pourraient blesser leS » bonnes mœurs ou la religion. Quoi qu'il m'en coule » je suis déterminée à en faire le sacrifiée ; j'aime » mieux me priver d'une partie dema marchandise, ■» que de consentir à perdre mon âme. » Le P. lieauregard, qui n'avait pas moins de zèle que de talent, loua ses senlimens ; applaudit à son projet, lui promit de l'aider à l'exécuter; et, dès le lendemain , il alla chez elle pour faire le triage de tous ces livres. Quand il eut séparé les bons des mauvais, la marchande prit ces derniers, et, en présence du Père, elle les jeta, les uns après les autres, dans un grand feu qu'elle avait eu soin de préparer. Le prix des ouvrages qui.furcnt consumés par les flamnies s'élevait , dit-on, à environ six mille livres ; depuis ce moment , elle se fit un devoir de ne plus vendre d'autres lèvres que ceux qui , en épurant 'es mœurs , et en inspirant l'amour de la vertu, pourraient servir à réparer le mal qu'elle avait causé.

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