JEUNE DES PREMIERS CHRÉTIENS
Les jeûnes des premiers siècles du christianisme étaient bien plus austères que les nôtres. On ne faisait qu'un seul repas et on attendait jusqu'au coucher du
soleîl pour rompre le jeune. Il y en avait qui observaient niornophogief c'est-à-dire, ne se nourrissaient que dVilirnens crus; d'autres, la Xérophagie , c'est-àdire, 'ne faisaient usage que d'alimens secs, comme les noix , les amendes. Plusieurs jeûnaient au pain et à l'ea i. La coutume de jeûner en carême jusqu'au soir a c'uré jusqu'au douzième siècle ; et saint Bernard , qui rivait en ce tems-là , assure que les rois, les princes, Ic; clergé et le peuple , tous sans distinction , ne rompaient le jeûoe en carême que vers le soir.
SAINT FRUCTUEDX.
SaîntFructueux, évêque de Tarragone en Espagne, fut condamné à mort pour la foi en aSg ; allant au martyre , à dix heures du matin , un jour de jeûne , il refusa un breuvage qu'on lui présenta, quoiqu'il fût épuisé par sa longue captivité, et qu'il eût besoin de reprendre ses forces pour soutenir le combat. « C'est jeûne, dit- il, je ne boirai pas; la mort même ne me fera pas violer la loi. »
LE JEUNE, LOIN d'aBRÉGER LA VIE , EST UN EXCELLENT MOÏEN POUR LA PROLONGER.
Les hommes les plus mortiûés sont ceux qui ont poussé le plus loin leur carrière. Les vieux pères du désert, qui ont jeté un si vif éclat par la vie sainte et pénitente qu'ils ont menée , en sont des preuves frappantes : saint Paul, premier ermite, qui ne buvait que de l'eau et ne mangeait qu'un petit pain tous les jours, vécut jusqu'à l'âge de ii3 ans; saint Paphnuce, saint Sabas et saint Jean d'Egypte parvinrent à près de loo ans ; saint Antoine , dont la vie était si austère, ne mourut qu'à io5 ans; saint Jean le Silentiatre> saint Théodose, abbé, saint Jacques, ermite
«n Perse, atteignirent également ic^ et io5 ans. Les Essëniens, qui vivaient très-sobrement et qui se livraient à des jeûnes rigoureux , étaient remarquables par leur longue vie. Un grand nombre d'enlr'eux allèrent jusqu'à un siècle Or, si dans les rîimats brûlans de la Syrie et de TÉgypfe où on vit moins long-Iems que dans les pays plus froids et plus tempérés, on voyait de fréquens exemples de longévité' parmi ceux qui offraient à Dieu leurs corps comme une hostie vivante, quels avantages pour la santé résulteraient de l'observation des règles d'une pénitence plus facile , telle que l'Eglise la prescrit actuelle ment ! combien de personnes de mauvaise santé trouveraient dans le jeûne un remède efficace pour se rétablir I
Fit d$t Peret du Vétert MADAME LOriSE, FITLE DE LOUIS XV.
Madame Louise , lille de Louis XV, étant à la cour, avait nn tempérament d'une délicatesse extrême; devenue Carmélite, elle acquit bientôt une force et une vigueur qu'elle n'aurait jamais eues au milieu des délices qui affluent dans les palais des rois. Cependant le genre de vie des Carmélites est très-austère : elles font perpétuellement maigre et jeûnent habiluellement depuis le i4 septembre jusqu'à Pâques.
Gustave, roi de Suède, étant venu à Paris, voulut faire une visite à madame Louise , dont le sacrifice héroïque avait excité l'admiration de l'Euiope entière. En entrant dans la cellule de la princesse : Quoi! s'écria-t-il, c'est ici qu'habite une fille de France F — El c'est encore ici, reprend madame Louise, qu'on dort mieux qu'à Versailles; c'est ici qu'on prend l'embonpoint que vous me voyez , et que je n'avais pas ailleurs.
PBOTABT , Fit iô madanit Latàt*.
Le sixième commandement de l'Église nous défend de manger de la viande le vendredi et le samedi.