‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 186 sur 252 · LE MARÉCHAL DE MOUCHI ET SOX ÉPOISE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE MOUCHI ET SOX ÉPOISE

Le maréchal de Mouchi n'avait pas rougi de pratiquer publiquement à la cour tous les devoirs de la religion. Il ne cessa point do se montrer chrétien et catholique , dans le tcms où l'on entreprit de détruire

le christianisme en France. On sut que lui et sa respectable épouse assistaient des prêtres réduits à la plus grande misère, pour n'avoir pas voulu conserver leurs places au prix de leur conscience. Les deux époux sont de'noncés, arrêtés et conduits d'abord à la Force Le maréchal y loge dans la même chambre qu'un philosophe , et lait tous ses exercices spirituels comme s'il était seul ou dans la compagnie des fidèles. Tranférés, avec la maréchale, au Luxembourg, ils édifient tous ceux qui sont capables d'être touchés , et deviennent l'objet du respect de tous les autres ^ personne n'en parle qu'avec vénération. Le triomphe du crime se consomme. Lorsqu'on vient appeler l'époux pour aller h la Conciergerie, il prie le gendarme de ne pas faire de bruit afin que madame de Mouchi , qui s'était trouvée malade les jours précédens, ne s'aperçût pas de son départ, t 11 faut qu'elle vienne aussi » lui répondit-on, elle est sur la liste; je vais l'avertir » de descendre. — Non réplique le maréchal, puis- » qu'il tàut qu'elle vienne , c'est moi qui l'avertirai. » Aussitôt il va dans sa chambre et lui dit : « Madame, il faut desrendre , Dieu le veut; adorons ses desseins ; vous êtes chrétienne; je pars avec vous, je ne vous quitterai point. « La nouvelle que M. de Mouchi est mandé se répand promptement dans toutes les chambres. Ce jour est un jour de deuil pour tous les prisonniers, les uns s'éloignent des endroits d'où l'on peut voir les deux époux passer, ils ne se sentent pas la force de soutenir un spectacle aussi déchirant : les autres se tiennent en haie , mais dans un maintien qui désigne le double sentiment du respect et de la douleur. Une voix se fait entendre : « Courage , M. le Maréchal. » L'illustre vieillard répond d'un ton ferme : « A quinze ans , j'ai monté à l'assaut pour mon roi ; à près de quatre-vingt ans, je monterai à l'échafaud pour mon Dieu. » cabbo» , ue rédacaiioa , toma i.

— I SS6 .^ La confirmation nous donne la force de confesser la foi de Jésus-Christ, même au péril de notre vie.

EXEMPLE

Un officier distingué par sa naissance et par ses richesses était près d'obtenir un grade élevé qui était vacant; mais on l'accuse d'être chrétien, et sa religion l'excluait des charges et des honneurs. Le gouverneur lui donna quelques heures pour considérer à loisir ce qu'il avait à faire. Pendant cet intervalle, l'évêque l'aborde, il le prend par la main , le mène à l'église et le fait entrer dans le sanctuaire. Là , au pieds des autels, il lui montre l'épée qu'il portait au côté : il lui présente en même tems le livre des SS. Evangiles, lui disant de choisir ce qu'il préférait. L'officier, sans hésiter, étendit la main droite , et prit le livre sacré. « Attachez-vous donc à Dieu, lui dit l'évêque, il vous fortifiera et vous accordera ce que vous avez choisi ; allez en paix. » Au sortir de l'église, l'officier se présenta au gouverneur , et ayant généreusement confessé la foi de Jésus-Christ , il fut condamné à mort et expira dans les tourmens.

HÉBADlT , Let ApologuUi iaaolontairei , page 371.

DB l'eucharistie.

Si un homme approchait dign<>ment , une seule fois par mois , du sacremeut d'Eucharistie , cet homme serait de Décessisté l'homme leplM Tertueui de la terre.

CHATEAOBBIAND.

L'Eucharistie est un sacrement qui contient réellement et en vérité le corps, le sang , l'âme et la divinité de Noire-Seigneur Jésus-Christ , sous la forme et les apparences du pain et du vin.

FIGURES DE l'eUCHARISTIE.

Dieu irrité de l'endurcissement de Pharaon , et touché des justes plaintes de son peuple, résolut de punir ce prince opiniâtre , et de délivrer son peuple de la se^^ itude dans laquelle il gémissait. Quand le tems marqué par ses décrets éternels fut arrivé, il envoya un ange exterminateur qui tua, en une nuit, tous les premiers nés des Egyptiens ; mais il ordonna à son peuple de sacrifier la veille un agneau , de le manger dans chaque famille, et de marquer de son sang la porte de chaque maison ,afin que l'ange, ministre de ses vengeances, épargnât les enfans de ce peuple choisi.

Après ce coup signalé de justice et de miséricorde, Dieu fit sortir les Israélites d'Egypte ; mais il voulut qu'ils errassent quarante ans dans un vaste désert , avant d'entrer dans la terre promise. Alors ce peuple insérât et insensé commença à murmurer contre Moïse y son libérateur et son chef.

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Dieu, pour faire cesser ces mtirmurcs, opéra les prodiges les plus e'clatans, et fit enfin tomber du ciel, chaque jour, la manne, c'est-à-dire une nourriture délicieuse qui les soutint jusqu'à leur arrivée dans la terre de Chanaan.

Pourrai-t-tnn ne pas rer onnaîlrc, dans ces deux figures, la divine Eucharistie? Les différens rapports qui se trouvent entre l'ombre et la vérité sont trop farppans pour pouvoir s'y tromper.

Les Israélites, qui étnienl le peuple de Dieu, furent les seuls auxquels il fut ordonné d'immoler cet agneau mystérieux : l'ange exterminateur épargna toutes les familles des Israélites, dont les portes étaient marquées de son sang, et Dieu leur commanda de renouveler tous les ans ce sacrifice, en mémoire de leur délivrance de la servitude d'Egypte. Rapprochons la figure de la réalité : Les chrétiens sont les seuls qui aient le droit d'immoler le divin agneau pascal : l'ange , ministre des Vengeances de Dieu, épargne tous ceux qui sont marqués de son sang , et J. -G. a commandé aux fidèles derenouveler souvent ce sacrifice, en mémoire de leur délivrance de la l\rannie du Démon.

La manne , cette nourriture céleste, était encore une image bien naturelle du sacrement de nos autels. Elle est appelée le pain du ciel; elle avait toutes sortes de goûts, les Israélites n'en mangèrent qu'après avoir été délivrés de la captivité de Pharaon.

L'Eucharistie, comme nous le dit J.-C, est le pain vivant qui est descendu du ciel; elle est la source féconde de toutes sortes de grâces, et on ne peut s'en nourrir qu'après avoir secoué le joug du démon, c'est-à-dire, après être sorti de l'esclavage du péché.

PBOMESSE DE l'eUCHARISTIE.

Un jour que Jésus-Christ enseignait dans la synagogue de Capharnaûm; ceux qui IVcoutaient lui fit-

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