LE TRAITRE JUDAS
Les livres saints ne nous présentent qu'un exemple de communion indigne, c'est celle de Judas, qui reçut son Dieu dans une âme souillée par I avarice et déjà agitée du projet de le trahir. Aussitôt Satan entre en lui; il vend son bon maître, il le livre à ses ennemis, sans que le baiser du fils de Dieu, ni le doux nom d'ami qu'il lui donne, touchent le cœur de ce barbare. Quelle fut la fin de ce monstre , objet
d'une juste et éternelle exe'cration? Il tomba dans le de'sespoir, et fut lui-même son bourreau; il se pendit, et ses entrailles , comme si elles n'eussent pu contenir le Dieu qui v avait ë;ë renferme, se crevèrent et se re'pandirent. Son âme horrible tomba dans les enfers, où elle est depuis dix- huit cents ans. He'las! ces siècles , entassés les uns sur les autres ne sont pas encore un point de 1 éternité qu'il lui faudra passer dans ce lieu de tourmens.
Que cet exemple est terrible! Pesez-en attentivement toutes les circonstances ; voyez l'aveuglement de cet Apôtre sacrilège, son endurcissement, son désespoir, et concluez que c'est un crime bien détestable que de communier indignement, puisqu'il attire après soi des châtimens si épouvantables.