PÉMTENCE8 PUBLIQUES DE3 PREMIERS SIÈCLES
Le r(?cit des pénitences publiques des premiers siècles est bien propre à nous donner une idée de !a vraie satisfaction. On y distinguait quatre dcgre's de pe'nitence : i"- Celui des pkurans ^ qui demeuraient renfermés cbe/. eux pleurant leurs péchés, ne venant qu'aux jours de lèles a la porte de l'église , sans y entrer , couverts d'un sac, la cendre sur la tête, et se recominandant aux prières des fidèles. 2" l^es écoutans , à qui il était perirns d'entrer dans l'église pour y entendre les lectures et les instructions, et qui en sortaient avant les prières. 3" Les proslemés , qui étaient admis à prier avec les fidèles, mais prosternés contre terre, et qui sortaient à l'offertoire. 4-° Enfin les consîsians^ qui priaient debout et assistaient au saint sacrifice , sans cependant être encore admis à la communion ; et ces pénitences duraient plusieurs années pour un vol , un blasphème, un adultère, etc., etc. Le tems expiré, on leur donnait l'absolution solennelle à la porte de l'église, et ils étaient admis à la table sainte.
FLEcnT , Koeuri dit premUri Chrit Unt.
pémte.\ce de théodose.
Leshabiians d'Antioche avaient, dans unesedition, brisé les statues de The'odose et celles de l'Iinpe'ratrice ; mais le lumulte fut à peine calmé, que cette malheureuse ville prévit tous les maux qu'allait attirer sur elle une action si coupable, et k consicrnation la plus profonde succéda aussitôt à l'emportement. St.-Flavien, alors évêque d'Antioche, ne considérant ni son âge ni ses infirmités; partit pour aller implorer la clémence du souverain offensé. 11 parut devant l'empereur dans l'attitude d'un suppliant , et avec toutes les marques de la plus profonde a ftliclion. Théodose, ému d'abord par les larmes et le silence de ce vieillard vénérable , le fut plus vivement encore par ses exhortations touchantes; il surmonta un juste ressentiment, et Saint- Flavien alla porter à son troupeau consternéla nouvelle du généreux pardon accordé par l'empereur.
Quelque tems après , une ville de la Macédoine, Thessalonique , eut aussi le malheur de s'abandonner à la révolte , et ses habitans portèrent la fureur jusqu'à mettre à mort le gouverneur de la province. Les conseillers de l'empereur lui présentèrent cet événement comme la suite du pardon trop facile qu'il avait accordé à ceux d'Antioche; la rigueur parut nécessaire; mais au lieu d'employer les mesures régulières d'une sévère justice, Théodose, s'abandonnant à l'emportement naturel de son caractère, donna, dans sa colère, l'ordre barbare de massacrer, au milieu d'une fête publique ; tous ceux des malheureux habitans de Thessalonique que le sort présenterait au fer des soldats. Cet arrêt sanguinaire fut exécuté, et plus de sept mille personnes, sans distinction d'âge, de sexe ni de rang , en furent les victimes.
Théodose séjournait à Milan, et saint Ambroise , qui était archevêque de celte ville , crut ne pas devoir
permettre l'entrée delVglise à un prince souillé par un si cruel carnage. Egalement incapable de faiblesse dans l'exercice de son ministère, et d'arrogance vis-à-vis d'un souverain d'ailleurs ti respectable, lesaint e'sêque attendit l'empereur à l'cntre'e du vestibule du temple, et lui déclara , avec une expression raêle'e di- fermeté et de douleur, l'impossibilité où il était d admettre à la participation des saints mystères celui qui , sans examen des coupables, venait par un pur mouvement de colère, de répandre tant de sang.
Le prince , plus admirable peut- être par sa modération que le. prélat (far son courage, reconnut sa faute avec l'humilité d'un chrétien. 11 retourna dans son palais pour se livrer aux exercices de la pénitence, et ce ne fut qu après une épreuve de huit mois qu'il osa de nouveau se présenter à l'église, et que saint Ambroise, tou(hé par les larmes d'un si noble repintir et par les larmes du peuple, en ou\Til enfin les portes au souverain.
Bist. de Thcodose.