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années auparavant; là naquit la nation et se forma la civilisation autochtone de laquelle la nôtre, par l'intermédiaire de la Grèce, est en grande partie dérivée. Le temple vers lequel les pèlerins accouraient de toutes parts, comme ceux du monde chrétien se dirigent aujourd'hui vers le Saint-Sépulere, n'existe plus, mais on a retrouvé dans le sable nitreux un grand nombre des tombeaux que s’y faisaient dresser les personnages de l'Égypte, désireux de reposer à côté de leur dieu : d’après M. Maspero, heaucoup plus de la moitié des stèles conservées dans les musées proviennent d'Abydos. Un amoncellement de tombes, assez élevé pour avoir pris l'aspect d'une butte volcanique, est connu sous le nom de Kôm el-Soultan, ou « Mont du Roi » : les fouilles qu'on y fait révèlent des tombes de plus en plus anciennes à mesure qu'on descend plus avant, et l’on se demande si tot ou tard l'on n’y découvrira pas l'entrée de la crypte qui menait au sépulere du dieu’. A l'antique sanctuaire a succédé un monument qui, si postérieur qu'il soit au temple d'Osiris, est pourtant parmi les plus anciens de l'Égypte : c'est le Memnonium que Séti E° fit construire, il y a trente-trois siècles, pour rappeler sa gloire aux générations futures, mais que son ils, Ramsès IT, fit servir beaucoup plus à commémorer la sienne propre. Des listes géographiques ont été sculptées sur les soubassements de ce temple de Séti*, Le Musée Britannique possède une « table d'Abydos », liste muütilée des rois provenant du temple de Ramsès Il; mais une nouvelle «table d’Abydos » comprenant la liste complète des soixante-seize rois, de Ménès à Séti, a été révélée par les fouilles de Mariette.
En aval d'Abydos, les monuments antiques ont disparu pour la plupart : on ne voit quedes villes et des bourgades sinon modernes, du moins n'ayant plus de curieux débris des siècles antérieurs. Girgeh ou Gerga, chef-lieu de province, apparait sur la rive gauche du fleuve, érodée par le heurt du courant; après avoir heurté la rive droite, le Nil est rejeté brusquement à gauche et vient miner la berge de Girgeh : une moitié de la ville a disparu avec mosquées el minarets, Sohag et la ville industrieuse d’Akhmin, l'ancienne Chemno, la Panopolis des Grecs, se font face, de l'une à l'autre rive du fleuve; puis on voit se succéder dans la plaine occidentale Tahta et Aboutig, près desquels s'ouvre une gorge visitée par les pèlerins adorateurs du serpent sacré; c'est la région de la haute Égypte où la langue copte s'est le plus longtemps conservée, Plus loin, dans le voisinage de la même rive, mais à l’intérieur des terres, et pendant l’inondation entre deux nappes
1 Mariette, Jtinéraire de la haute Égypte.
? Jacques de Rougé, Textes géographiques du temple d'Edfou
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d'eau, se montre le profil pittoresque d'une grande ville, qui garde encore son ancien nom de Saout, légèrement modifié en Siout ou Assiout : c’est la Lycopolis des Grecs ou la « Ville des Loups »,ainsi nommée parcè qu'elle était consacrée à Anubis. Plotin était né dans cette ville. Siout, chef-lieu de toute la haute Égypte, est une cité de commerce et d'industrie : on y fabrique de curieuses poteries noires et blanches, et ses pipes fameuses sont expédiées même en dehors de l'Égypte ; son bazar est bien approvisionné de denrées du Fôr et des oasis; le port de Hamrah complète la ville par ses embarcadères et ses quais. C’est près de Siout, dans le village du Zaouïiel el-Deir', que des moines coptes se livraient naguère, par privilège spécial, à l'ignoble métier de matiler des enfants pour les vendre plus tard comme gardiens de harems. Mohammed-Ali leur fit en une fois une commande de lrois cents eunuques. Des Coptes tissent les toiles de lin, qui sont une des spécialités de l’industrie de la haute Égypte.
Siout est la ville égyptienne qui a le plus de relations directes avec les oasis. se développant en un vaste croissant parallèle à la courbe du Nil, au sud, à l’ouest et au nord-ouest. La « Grande Oasis », appelée aussi du Sud ou de Khargeh, n’est pas la plus populeuse, mais elle a de l'importance comme lieu de passage des caravanes du Fôr; sa capitale, qui ne s'est pas déplacée depuis les temps historiques, à gardé un temple d'Ammon, élevé sous le règne de Darius, « fils d’Isis et d'Osiris » ; une avenue de pylônes précède le sanctuaire, dans lequel les bas-reliefs offrent une variété extraordinaire de personnages : à cet égard, le temple de Darius est unique *. Tous les rochers des alentours sont percés de galeries funéraires où les tombeaux chrétiens sont fort nombreux ; l'oasis de Beris, au sud, à gardé aussi un temple égyptien de l'époque romaine*.On trouve beaucoup de ruines autour de l’oasis actuelle, preuve que les cultures occupaient autrefois une plus grande étendue : tous ces espaces pourraient être reconquis, car là plupart des puits se sont comblés, et les eaux utilisées dans les rizières forment çà et là des marais insalubres. Les habitants, un peu plus noirs que les Égyptiens et probablement mélangés de Nigritiens, sont pour la plupart d’un teint presque cadavérique; ils sont aussi très pauvres et en maints endroits en sont réduits à payer leurs impôts avec des couffes, corbeilles en feuilles de palmiers*. À l'intérieur du kasr de Khargeh, les constructions s'appuient les unes sur les autres, et le labyrinthe des ruelles
1 Galland, Tableau de l'Égypte pendant le séjour de l'armée française.
# Hoskins, Visit to the Great Oasis of the Libyan Desert.
5 Hoskins, ouvrage cité; — G. Schweinfurth, Petermann's Miltheilungen, 1870. 4 Amici, L'Égyple ancienne et moderne.
D08 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
passe en dessous pur des galeries voûtées; en de rares endroits, une ouverture, pareille à celle d'un puits, laisse penétrer dans ces caves ténébreuses" une nappe de lumière aveuglante, Tel est le mode de construc- Lion pour toutes les villes de Siouah, de même que pour maint autre bourg des onsis : ce genre d'architecture se retrouve jusqu'en Nubie*,
L'oasis de Dakhel où Dakbleh où l'intérieure, appelée aussi lousis Occidentale, Ouäh el-Gharbieh, est de beaucoup li plus peuplée, quoiqu'elle ait été à peine mentionnée par les anciens; comme Khargeh, elle à son temple de Jupiter Ammon, situé dans le voisinage de la capitale, appelée
N° 100, — OASIS De HHARGEN ET DE DANHEL,
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