MAGOUNGO, LOUR, PAYS DES RIVIÈRES
placement où elle fut d'abord construite, sur la rive gauche, étant exposé aux érosions et aux émanations d'eaux stagnantes, il fallut déplacer le fort et le reconstruire plus à l'est. Cet ouvrage, entouré d’un fossé de 3 mètres de profondeur, est inexpugnable pour des troupes mal armées et sans discipline comme celles des Lango ou des Wa-Nyoro. A l'est de Magoungo, les bateaux à vapeur remontent le fleuve jusque dans la clause aux falaises boisées au fond de laquelle apparait la chute de Murchison, en colonne blanche entourée de vapeurs.
Sur la rive occidentale du M'woutan-N'zigé, à l'abri d'un promontoire qui le défend des vents du nord, les Égyptiens ont construit un autre camp fortifié, Mahaghi où Mahahi. Toute cette région du littoral lacustre est connue sous le nom de Lour; la population, plus nombreuse, paraît être de même origine que les tribus nigritiennes du Nil jusqu’au Bahr e!- Ghazäl et parle un dialecte à peine différent de celui des Choûli à lorient du Nil. Les mœurs des Lour sont les mêmes que celles des Wa-Nyoro, avec lesquels ils étaient jadis en relations de commerce très fréquentes et dont ils reconnaissent la suzeraineté, sans avoir du reste à payer de tribut. Au sud-ouest de la station égyptienne, près du rivage, jaillissent des eaux thermales, sulfureuses comme toutes celles que l’on a découvertes jusqu'à maintenant dans la règion du haut Nil'. Un assez grand mouvement de barques se fait de la rive occidentale du lac à la rive orientale, surtout avec les ports M’hakovia et Kibero, où le lessivage des argiles fournit du sel en abondance.