VUE D'ENSEMBLE
e lude » est un de ces noms qui ont eu le plus d'acceptions difierentes pendant le cours des décles. \pphque d'abord à la régron que le Sindhou, Findus des Occidentaux, parcourt à la sortie de ses deliles di montagnes. 1 fut étendu successivement à toutes les contrées orientales que vistérent les ane ns ou dont ils entendirent parler. Le bassin du Gange vint s'ajouter à celui du Sindhou comme partie des Indes: la pénin- Sule du Dekkan, puis les terres orientales situées au delà du Gange reçurent également cette appellation générale. Les iles parsemées an sud-est du continent d'Asie furent aussi considérées comme appartenant à ht région indienne, de méme que tous les arehipels lointains de la Malaisie, où les Arabes devaneèrent les Européens dans leurs expéditions de commerce, Chez les auteurs du moven âge, l'inde comprenait aussi Arabie et l'Éthiopie : dans leur imagination elle embrassait tous les € pays du Soleil. c'est-à-dire les contrées de FOrient et du Midi contrastant par leurs pro-
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ductions et leur elimat avec les régions de la zone tempérée! Enfin, lors que { li istophe Colomb emgla vers Foecident pour aller retrouver Fextréme sie de Fautre côté de la planete, les es el les rages continentaux découverts dans le Nouveau Monde furent naturellement désignées pin le navigu leur sous de nom des terres auxquelles 1 erovait avon abordé, Les noue elles « Indes », c'est-ü-dire les \utlles et la Côte Ferme, ont cardé l'appellation que leur donna t olomb: du moins les distaguest-on maintenant des Indes Omentales en les qualifiant de Occidentales », tandis que, par une déplorable confusion géograpinque, les tribus aborgènes de FAmerique sont loujours désignées pi le nom de Indiens », appartenant bien plutôt aux habitants de la péninsule Cisgangétique, L'expression géocraphique e Indes» a pris du moins une certaine précisent is Si celle s'applique dans un sens étroit aux deux presqu'iles orientales du sud de Pie, elle comprend aussi, dans un sens plus céneral, les arehipels qui 'élendent au sud-est vers Fustralie, entre Hi mer du dapon et l'Océan ludien, Nice n'est dans les considérations générales de géographie come purée, ce volume ne tratera que de lande continentale et des iles qui en sont la dépendance mnmedite.
\ bien des égards, les Indes Orientales sont les contrées eût les pee tacles de Ta nature ont le plus de grandeur, C'est au nord des plaines du Gange et de lndus que se dressent les plus hautes montagnes de la planële, et nulle part on ne voit se prolonger sur de plus vastes étendues le contraste des pies étincelants de neige avec Pumforme mer de verdure sous laquelle disparaissent les renflements inférieurs. Au delà du versant sepleniri nal de la erète, des solitudes Sans cat et sans végétation Se succedent sur le massif des plteaux Hhétuns, sauf en quelques fosses profondes où coulent les torrents. où se sont abrités les arbres et les hommes: sur le versant méridional au contraire, la terre S'affaisse par étages jusqu'aux plaines les mieux arrosées, les plus fécondes en organismes vivants, Dans léparsseur de a région montagneuse, des vallées comme celles de Khachmir ouvrent en crques immenses, où imagination populire a vu des paradis habités par l'humanité pendant son âge d'or, et qui sont en effet des régions presque sans égales pour la salubrité du climat, La ferulité du sol, le charme et la magmilicence des paysages reflélés dans les facs et les eaux courantes, Féelat du ciel qui S'arrondit
au-dessus de lamplhithéatre des neiges. À l'autre extrémité des Indes
# Chr. Lassen, Indische Mterthumskunde.
# Carl Ritter, Asten: — \ltred KR Wallace, The Malay Arclu pelago.
INDES ONTENTALES 5
Oventales, dans les arebipels qui se rattachent à Paie, Hi puissanee des forces créatrices se mantleste par des phénomènes différents. Là les grandes montagnes ne pénétrent pornt dans les espaces supérieurs de l'atmosphère où Phumidité tombe toujours à Fétat de cristaux neigeux, mais elles S'été vent sur des lovers de lave toujours bouwllonnante qui se prolongent à des milliers de kilometres: dans aucune contrée les cônes voleatiques, entourés de leurs zones de verdure, ne se succedentavec autant de régularité sur les fissures du sol, Li des laves dures où ne germe pas une plante, des nappes de bouc, des voutlres d'où la vapeur s'échappe el crondant, des cirques iuets emplis d'un ar iwrespirable, contrastent avec des forûts de Ta végélation la plus puissante, où les arbres entremélent leurs troncs et leurs rameaux, débordant d'une sève qui se change en gommes, en aromates, en poisons, [fat un temps où les phénomènes voleaniques analogues à COUX des iles de la Sonde ou eme supérieurs en violence S'accomplissaent dans Flade proprement dite, Des amas de laves répandues sur les plateaux du Dekkan témoignent de la prodigieuse activité qu'avaient autrefois les loyers souterrains de la Péninsule; mais actuellement le sol des Indes conlinentales est en repos et n'est guère agité que d'oscillations séculaires, semblables à celles de presque tous les rivages des continents. Dans les plaines du Konkan, à Fest de Bombay, on verrait encore quelques bouches d'écuption 5 mais sur les terres du Dekkan ireuiste qu'une seule coupe cratérforme, celle qu'emplit à denn le lac de Lounar et où lon ne voit trace d'aucune éruption de lave, La seule explosion voleanique récente, st elle a vraiment eu Heu, se serait produite en mer, à une quinzaine de kilomètres au large de Pondicherry. Dans la péninsule Transgangétique on a reconnu, il est vrai, des cônes de laves à bouche régulière, notamment le Pappa-loung, entre Arrakan et Pagan, sur Frraouaddi, mais ces voleans sontéteints depuis l'époque miocène, Les seules éruptions que raconte lhis- Loire sont celles des nombreux voleans de boue qui S'élèvent dans les iles de Ramri, de Tehedouba, et sur le continent voisin, de Djittatong aux bouches de lirraouadi”, Quelques îlots situés à l'onent des Andiman et que l'on peut considérer comme le sommet d'une chaîne sous-marine parallèle à ce groupe, Barren Island et Nareandam, vomissent de temps en temps des cendres et des laves.
Nous le climat des Indes, les phénomènes atmosphériques ont plus de
violence qu'ailleurs. Des froids plateaux du Tibet aux brûlants rivages des
{ Clark, Records of the Geological Survey of India, vol AH, part. I, ISSO. # Ruist, Volcanoes in India, Journal of the Geographical Society in Bombay, vol. X; R. Mallet, Records of the Geological Survey of india, vol. XE, ANT.
j NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,
péninsule, etes bords de loc des Indes à ceux de la mer de Chine, les écarts de température, les différences d'humidité, de pression aérienne, de lension électrique sont parois st considérables, que le changement régulier des vents n'est pas suflisant pour rétablir léequibhbhre : des ouragans éelatent, non moins tornndables que ceux des Antilles et des Mascareignes, mais plus terribles dans leurs ellets, eur ls passent sur des regions plus riches el plus populeuses; souvent le sillage d'un ouragan des Indes fat marque par les ruines de etes où des populations entières restent ensevelies, Quoique baignee par l'Océan, la péninsule occidentale des Indes a pourtant ses déserts, mais c'est sur les pentes de ses montagnes que s'abattent les averses les plus abondantes mesurées jusqu'à ee jour 2 dans tel distriet de l'Hindoustan, 4 pleut en movenne Vingt fois plus que sur une même superticie de lhunnde France, Les rivières ont une masse liquide propor- Gonnées quoique de fable longueur relative et d'un étroit bassin, des cours d'eau comme le Bralimapoutra prennent rang parmi les fleuves les plus puissants de la Terre, et par l'énorme quantité de leurs alluvion contribuent à changer rapidement le tracé des rivages; bien qu'ils se déversent dans un océan à marées dont le retlux nettoie deux fois par jour Les embouchures, la plupart des fleuves de lnde et de Findo-Clhune projettent leurs dellis à de grandes distnees dans mer. Même par le vehel des fonds marins et par les phénomènes qui Sv'aceomplissent, les budes se distinguent des autres régions terrestres, Les mers du Sud, les parages des Antilles et des Bahamas ont leurs anneaux coralligéness mais aucun archipel d'îles madréporiques ne peut se comparer aux edit mille iles » des Maldives pour l'étonnante régularité de ses récits annulures, Cott= poses eux-mêmes d'autres € atolls », qui se subdiisent en éeueils de Ta méme forme, dépassant à peine le flot de leurs roches brisées,
La partie de Fhumanité qui it dans les Indes orientales, et surtout dans lindoustan proprement dit, est de celles qui par Pimportanee de leur rôle historique, depuis les origines de Ro enilisation, peuvent disputer Hi premiere place aux peuples de FOccident. Déjà le nombre lur assure un rang considérable parmi les groupes des nations, puisque plus d'un cinquième de la race humaine, 900 millions d'hommes, se presse dans les deux péninsules, des boucles de Flndus au détroit de Singapour; en proporbon, les habitants de ces régions sont done de quatre à cinq fois plus rapprochés Les uns des autres que ceux du reste de la Terre, et dans quelques pays favorisés, tels que les plaines d'Aoudh et du Bengale, le sol porte plus
d'hommes qu'il ne S'en trouve partout ailleurs sur une mème surface, en
dehors des grandes cités. Fest vrai que l'œuvre des nations ne se mesure
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INVSN ET ARYENS, 5
pas à l'épaisseur de ses foules; mais c'est précisément parmi les aneôtres communs des Hindous aetuels et de leurs voisins, sur le versant sep tentrional de l'Hindou-koneh, que les historiens ont retrouvé, parmt les premiers éducateurs de Fhumanté evilisée, ceux que se rapprochentle plus des Occidentaux par la langue et le génie et qui nous ont laissé, à etui le plus pur, Les rudiments de notre ciisation primitive,
Encore au dernier siéele, les savants qui recherehitent les origines de li culture européenne regardaient surtout vers la Grèce et Asie Mineure: ls demandaient aussr leurs secrets à l'antique Egypte et à a Chaldée; mas da découverte des trésors que le monde actuel doit, par delà les âges, aux sociétés primitives du haut Pandjab appartientaux chercheurs des générations récente ct contemporaines, À plus de trois mille années de distance, les paroles 4 wrables des Védas, que prononcèrent les Richis ou les « Nages », GPO TAISSONE GUX houunes de nos jours comme des chants de leur enfance 5 al leur semble les avoir entendues à leur berceau, les avoir répétées dans ur rave, tnt elles éveillent dans leur esprit d'imprese
Li mémoire intime de leur propre passe qu ils recon-
sions connues; el naissent dans l'histoire de cette société d'autrelois, Le culte des tribus védiques établies sur les bords des Sept Fleuves » est celui que lentant reproduit d'insunel en tremblant devant Porage, en mvoquant le oleit et la pluie, en personniliant tous les objets de la nature, les arbres, les sourees et les nuages. Les simples mythes de eette religion des laboureurs arvens sont passes de génération cu génération, de culte en culte, el sous Îles mille changements que leur à fait subir le mélange d'éléments divers, on peut les distinguer encore ; méme les noms des dieux anciens ne sont point oubliés. Telle fable que la vieille paysanne de la Thuringe, des Abreuzzes où du Limousin raconte dans les longues voillées d'hiver, ressemble trait pour trait aux récits qui se font le soir dans les eue banes du Dekkan où du Radjpoutana; de l'estuaire du Mekong aux caps Finisterre de l'Europe, telle pratique superstitieuse est toujours observée par le paysan dans les actes importants de son existence, bien que le sens primitif de la cérémonie lui soit complètement inconnu.
Et tandis que ce fonds commun se maintenait dans l'esprit populaire, de lune à l'autre extrémité de Ancien Monde, les progrès accomplis dans les hauteurs de la pensée, chez les nations parentes que sépare le « Caucase indien », se faisaient suivant une évolution correspondante, Les philosophes hindous abordent les grands problèmes de la vie avec la
méme audace et la même largeur de vues que le firent plus tard les mé-
taphysiciens de la Grèce et ceux de l'Occident; en même temps, les r'ap-
sodes racontaient les actions des héros et peu à peu se formaient de prodigieuces épopées dont l'écho lointain se retrouve dans Fliade: les fables et les contes faisaient passer en proverbe li € sagesse des Indes » ; le drame naissait, mêlé d'abord aux hymnes des temples, et bientôt prenait son essor en toute liberté pour atteindre à une puissance de sentiment'et d'expression qui n'a jamais été dépassée, Et la langue méme dans laquelle ces œuvres adinirables étaient écrites, n'esteelle pas sœur des idiomes € arvens » qui ont graduellement prévalu en Europe, et qui, dans le Nouveau Monde et en Australasie, sont parlés maintenant par plus de cent millions d'hommes? Parmi les langues à flexions, en estal de plus riches, de plus souples, de plus sonores que ee beau sanserit, où les plilologues, qui l'étudient passionnément, retrouvent avec joie les radicaux et les formes primitives de leurs propres langages européens? C'est par la parole, e'est-dire par la pensée devenue vivante, que maints peuples sont arrivés à reconnaitre leur vraie parenté. L'Inde est la sœur de l'Europe; depuis quelle à été découverte à nouveau par la critique, elle à fourni aux chercheurs occidentaux, plus que tout autre pays, les éléments qui leur ont permis de reconnaitre et de elasser trois sciences nouvelles : la philologie, la mythologie et la jurisprudence comparées est-ce pas aussi aux Hindous que l'on doit le système décimal et Femplor du zéro? Sauf Finvention de l'écriture phénicienne, origine commune des alphabet indiens aussi bien que des lettres grecques el latines®estalune seule découverte qui ait plus contribué que cette méthode de numération aux progrès accomplis par l'humanité dans la connaissance de la planète el l'exploitation de ses trésors ?
Toutefois le monde « aryen » qui commence au versant méridional de l'Hindou-kouch, par Le bassin de l'indus, resta toujours parfaitement distinet des nations parentes de l'Occident, Les Indes sont parfaitement délimitées, Sinon au nord-est, du côté de la Chine, du moins à l'ouest et au nord-ouest, du côté de la Perse, par des régions sans eau, des plateaux ineultes, de hautes montagnes revêtues de neiges, Ces frontières géographiques sont tracées avec trop de netteté pour qu'elles ne soient pas devenues aussi des frontières ethnologiques, malgré les expéditions des conquérants et les annexions temporaires : de part et d'autre, les divers peuples parents par leurs idiomes ont suivi une évolution différente. Cependant les seuils des
# AL Sumner Maine, Effects of the observation of India on modern European though! ; -- Angelo de Gubernatis, Memoria antorno à! viagqiatori Haliani nelle Indie Orientali.
# Chézy et 3, L, Burnouf, Vajÿnadettabada ; Reinaud, Mémoire sur l'Inde : E. E, Thomas, Ancient Indian Numerals.
Fr, kopp, Bilder und Schriften der Vorsit: — Albrecht Weber, Indische issen.
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RELATIONS BES INDES AVEC LES PAYS ÉTRANGERS. 1 = montagnes par lesquels les ancêtres aryens des deux versants avaient été en les relations mutuelles ne sont pas assez élevés, assez obstrués de neiges, pour me que les communications aient été jamais interrompues entre les Indes Sor Orientales et l'Asie antérieure, Armées el caravanes connaissaient le cheion min du col de Bamian et d'autres passages de Findou-kouch et savaient Tes descendre vers les plaines de inde par la voie historique tracée sur les qui bords de la rivière de Caboul. Si les peuples de l'Europe cessèrent à diverses “et époques d'avoir des rapports directs où indirects avec F'Hindoustan, la cause es”? en était aux guerres d'invasion qui S'interposaient entre les deux extréde mités du monde aryen,
AS Dans leur ensemble, les terres auxquelles on applique le nom d'Indes de Orientales n'offrent pas un tout géographique aussi bien limité que le la continent d'Europe, et en conséquence l'histoire n'y présente pas le même sur caractère d'unité, est vrai que Finde Cisgangétique, considérée isolément, NTES est une des contrées qui ont le plus de précision séométrique dans leurs UX, -Hiniles extérieures, La mer et les montagnes la découpent en une surface tre polygonale presque régulière ; mais Finde Transgangétique est loin d'avoir ju- des contours aussi précis sur ses frontières continentales : au contrure, les le chaines de montagnes et les vallées fluviales y sont disposées de telle sorte, hé- que de la Barmanie, du Laos et de FAnnam aux provinces le Fempire du res Milieu, il se trouve partout une zone de transition graduelle; ainsi que le que dit le nom d'Indo-Chine, proposé d'abord par Malte-Brun! et communéins ment employé depuis l'éminent géographe pour li péninsule sud-orientale de l'Asie, cette terre appartient géographiquement, aussi bien qu'histode riquement, aux deux mondes voisins. Quant aux iles el aux archipel, nel leur dispersion même au milieu des mers en fait autant de petits domaines es, à part, dont quelques-uns sont rarement visités, soit à canse des récifs qui st, les défendent, des laves qui les dévastent ou des forèts impénétrables qui do les recouvrent, Même sur le continent, mainte région des Indes est Darbte semée d'eaux stenantes et revêtue de jongles qui forcent les voyageurs à lag de grands détours.
ke inst divisées en pacties bien distinctes, les Indes Orientales ne sau- — raient se comparer à l'Eurcpe pour l'ampleur du mouvement historique. de L'Inde ne vit se former aucun empire comparable à ce monde romain qui comprenait presque tout le bassin de la Méditerranée et n'était limité, au nord que par les vagues de l'Atlantique et les immenses forêts de la Gersé manie, au sud que par les déserts d'Afrique, Quoique l'immense € paix ro- AS,
! Géographie universelle, tome Y.
à NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
maine » ait été troublée et que FEurope soit divisée maintenant en plusieurs Etats, parfois ennemis, cependant les nations de presque tout le
continent sont moralement et intellectuelement assez rapprochées Tes unes