‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 10 sur 471 · VUE GÉNÉRALE DE LA CONTRÉE · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DE LA CONTRÉE

Ce nom, d’origine persane, Hindoustan où « Terre des Hindous », n’est autre, sous une forme légèrement différente, que l'antique appellation Inde ou India, appliquée à la Péninsule depuis une époque antérieure à l'histoire. Quelle est l’origine de ce mot qui, lors des grandes découvertes du quinzième et du seizième siècle, était employé pour toutes les contrées de la zone tropicale et qui désigne encore les Antilles et les terres riveaines de la mer des Caraïbes, aussi bien que les presqu'iles et les îles du sud-est de l'Asie? D'après la plupart des commentateurs, ce nom serait simplement celui du fleuve Sindhou!, transformé en Hindhou, Indos, Indus, par les peuples occidentaux : toute la péninsule aurait été nommée d'après

‘ Les grandes difficultés relatives à la nomenclature géographique de l'Hindoustan sont désormais écartées par l'adoption définitive du procédé de transcription qu'a proposé Hunter, d’après la méthode de Stanislas Julien, et qui est maintenant accepté par la Société de Géographie de Londres, les diverses compagnies savantes et la plupart des journaux de l'Inde, les administrations locales et le gouvernement. IL est vrai qu’une rigoureuse reproduction des sons hindous en caractères latins est impossible, puisque le sanscrit a cinquante signes et que l'alphabet latin en a seulement !a moitié; mais la nouvelle méthode a du moins le précieux avantage de rendre approximativement les noms en laissant aux lettres le son normal qu'elles ont dans presque toutes les langues d'origine latine et surtout dans les dialectes mêmes de l'Hindoustan. Ainsi disparaîtra peu à peu l'étrange confusion que présentaient les cartes et les documents géographiques, où telle ville portait jusqu'à onze noms différents, plus où moins justifiés par la prononciation des indigènes dans les divers langages de la contrée, Dans ce volume, nous nous servirons invariablement de la méthode de transcription qu'a fait adopter Hunter, en remplaçant toutefois l’a et l'o0 par l'ou, conformément à l'orthographe française, et en écrivant ch, teh et dj au heu de sh, chet J, quand l'usage n’en a pas décidé autrement,

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le courant qui arrosait les champs des Aryens primitifs. Mais cette étymologie à paru trop simple pour avoir été universellement acceptée, Déjà le pèlerin bouddhiste Hiouen-thsang dérivait le nom de la contrée des mots in tou, ayant le sens de «lune», parce que les prêtres éelairaient le pays en reflétant comme la lune la lumière du soleil!. D'autres retrouvent dans le nom de l'Inde celui du dieu Indra, qui est aussi la divinité dont le bras dirige la lune dans les cieux : l'Hindoustan serait donc par excellence le monde « sublunaire ». La Péninsule porte également diverses appellations poéliques : c’est la Soudarçana où la « Belle à voir », c'est la Bharata varcha, la « Contrée Fertile », la « Fleur de Lotus », ou bien Djambou dvipa, ç l'Ile du Jambosier », ainsi nommée en l'honneur d'une élégante myrtacée (Exsenia jambolant) des Indes; sur un des monts de l'Himalaya, se dresse un de ces arbres, « saint, immortel, touchant les cicux, chargé de fruits qui tombent sur la terre avee fracas et laissent couler leur suc en rivière »°*. Quant aux noms d'Arya varta, Arva bhoumi, Arya deca, «lerre, district ou pays des Aryas », donnés à la contrée par la race conquérante, ils ne pouvaient s'appliquer qu'aux régions occupées par les Aryas, c'est-à-dire au bassin des « Sept Rivières » et aux campagnes qui s’étendent à l'est jusqu’à Ia Djamna. L'histoire des Aryas védiques s'arrête à l'époque où ces immigrants du nord-ouest arrivent aux bords du Gange*. Mais leurs successeurs, privilégiés de la haute easte, devaient aussi réclamer tout le pays qu'ils habitaient comme étant leur domaine particulier ; Hiouen- Uhsang, parmi d’autres noms de l'Inde actuelle, mentionne celui de « royaume des Polomen », c’est-à-dire des Brahmanes.

Les limites naturelles de l'Hindoustan sont si clairement dessinées, que l'unité de la Péninsule, même appartenant à des races différentes et divisées en Etats ennemis, ne cessa jamais d'être comprise; comme autrefois lItalie, l'Inde eut toujours la valeur d'une « expression géographique ». Sur un développement total évalué à 12 000 kilomètres, la mer et les montagnes enceignent complètement la contrée, immense territoire qui n'a pas moins de 9 790000 kilomètres carrés de superficie, soit plus de douze fois la surface des Îles Britanniques ou plus du tiers de l'Europe’, et qui s'étend

# Stanislas Jullien, Histoire de la vie de Hiouen-thsang.

# Maha Bharata, Bhishma Parva, stances 272 à 277, traduetion d'Hippolste Fauche,

3 Chr Lassen: — Vivien de Saint-Martin ; — Cunningham; — Marius Fontanes, L'Inde védique.

4 Superficie de la Péninsule, ÿ compris les possessions françaises et portugaises, le Nepal, le Bhoutan, les petits États indépendants de l'Himalaya et le Singp'o, mais sans Manipour, Djittatong et la Barmanie anglaise : 5 799 598 kilomètres carrés,

Superficie de Pindoustan, avec Ceylan, les Laquedives, les Maldives et les ilots de Tehagos : 3 S26 054 kilomètres carrés,

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