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N° 48. — L'INDUS EN AVAL DE LA CLUSE DE KALABAGH

D'après l'Indian Atlas, L. ierrun.

et en marécages. D'ordinaire les cartes représentent la Narra Orientale

comme un simple émissaire de l'Indus, comme la branche supérieure de

son delta. Mais il est bien rare qu'il en soit ainsi de nos jours. Un canal,

fermé d'écluses, établit la communication entre l’Indus et la dépression de

la Narra. Seulement, dans les crues exceptionnelles, l'eau d'inondation du

grand fleuve s'épanche par-dessus les digues dans le désert oriental et vit. 28

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va se perdre dans les plaines du Pat ou même dans le désert salin du Rann. Mais si le bassin de la Narra est aujourd’hui presque indépendant de l’Indus, il est certain qu'il ne l’était pas encore à une période historique récente, On voit encore le large lit, connu sous le nom de Rhaïn, qui portait les caux du fleuve dans la Narra et que la tradition dit avoir été le lit principal. D’autres canaux, larges et profonds, tracés plus en aval dans le désert, racontent les divagations incessantes du courant à la recherche du chemin le plus favorable vers la mer. D'après Burnes, un bras de l’Indus, désigné sous le nom de Pourana ou « Ancien », coulait encore en 1672 à 200 kilomètres à l’orient de la bouche actuelle. Tous les indices fournis par l’étude de la contrée montrent le grand fleuve empiétant sans cesse dans la direction de l’est à l’ouest, soit en vertu d’un mouvement de bascule du sol dans ce sens, soit par l'effet de la rotation du globe qui fait dévier naturellement vers leur droite les fleuves de l'hémisphère septentrional. Ce déplacement graduel de l’Indus vers l'occident à pour conséquence de dessécher de plus en plus les régions orientales, et de changer en lac de sel mainte coulée d’eau douce. Le travail de régularisation fait par des ingénieurs anglais à eu des conséquences analogues. Dans une partie de son cours, la Narra Orientale rase les berges sabionneuses du désert de Thar el, tout récemment encore, se ramifiait entre les dunes par de nombreuses baies parallèles rappelant par leur forme les longs marigots qui séparent les bougri de la Caspienne. Ces baies dirigées uniformément dans le sens du nord-est, suivant l'alignement des dunes, se changeaient en lacs pendant la saison des sécheresses, lorsque la Narra cessait de les alimenter; plusieurs d'entre elles devenaient alors des réservoirs d’eau salée, évités par les animaux sauvages, tandis que d'autres, toujours emplis d’eau douce, étaient le rendez-vous des gazelles et des oiseaux aquatiques. Afin d'employer jusqu’à la dernière goutte pour l'irrigation l’eau si précieuse de la rivière, les ingénieurs ont barré l’entrée des baies, et pour la plupart, celles-ei se sont desséchées et changées en bancs de sel. L'aspect primitif de la bizarre frange lacustre s’est complètement modifié,

Le delta de l'Indus commence à 150 kilomètres de la mer et comprend un triangle d'environ 8000 kilomètres carrés, se développant sur un espace de 200 kilomètres le long de la mer d'Arabie. Cependant une grande partie du lacis d’estuaires ramifiés qui découpe le littoral entre la principale embouchure et le port de Karatchi, est improprement désignée sous le nom de « Bouches de l’Indus », et doit être considérée comme tout à fait indépendante du fleuve. Ces marigots reçoivent bien, surtout pendant la période des crues, quelques petits émissaires du delta, mais presque toutes les eaux

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