‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 138 sur 471 · MONT · texte numérisé non relu

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TCHITTOR, ADJMIR. 295

sculptures; ces pelits temples recouvrent à la fois les bûchers funéraires et les tombeaux des épouses royales. Au nord-est du Mewar, située sur le Banas comme Oudaipour, est une autre cité de ruines, la merveilleuse Tehitlor, le « Parasol de la Terre », qui fut longtemps la résidence des souverains Sousoudia. Thomas Roe, ambassadeur d'Angleterre à la cour du Grand Mongol au commencement du dix-septième siècle, rapporte que cette ville contenait cent mille maisons de pierre. L'ancienne forteresse couronne le sommet d’une colline étroite, de à kilomètres de longueur ct d'une hauteur de 90 à 120 mètres au-dessus des plaines avoisinantes. L'espace enfermé dans cette enceinte crénelée, flanquée de grosses tours rondes, est envahi maintenant par des ronces et des arbres épineux, mais au milieu de cette jongle se dressent encore plus de trois cents édilices en bon état de conservation, temples et palais, colonnes et tombeaux, contrasant par la splendeur de leur architecture avec les pauvres cabanes en torchis des habitants actuels; des amas de décombres, enguirlandés de ronces, couvrent le sol; des colonnes et des statues gisent au bord des élangs d’où s'élançaient autrefois les jets d’eau et que les débris ont à demi comblés, Tehittor, « bâtie par le grand Indra lui-même », est un labyrinthe de monuments, tous remarquables par la beauté des proportions et la délicatesse infinie du détail; mais le prodige architectural de la ville abandonnée, le Khirat khoumb ou « Tour de la Victoire », érigé par le roi Khoumbou au commencement du seizième siècle, est de forme unique au monde : aucune autre tour de victoire n’a pu lui servir de modèle; e’est un prisme de 57 mètres de hauteur et de 10 mètres de côté, divisé en neuf élages à colonnes, séparés les uns des aatres par des cordons sculptés el surmontés par une sorte de tigre: la pierre du monument, taillée en relief, s’est ornée de millier de &iues",

La ville de Touloiti, ssiuée à la base du rocher de Tchittor, a succédé à l'ancienne capitcie, i8. elle n'a point d'importance. L'activité commerciale du pays, concentrée jadis dans la ville de Bhilwara, au nord de Tehit- Lor, s'est portée au sud, \ers la ville militaire anglaise €: Mi satch, eantonnement central du pays des Radjpoutes entre ia vallée du Banas et celle du Tehambaï. Au nord, dans la région des Aravali, la cité maitresse est aussi une ville anglaise, l'antique Adjinir (Adjamich), devenue capitale de l’enclave britannique du Mhaïrwara et point de convergence de trois chemins de fer qui pénètrent dans le Bädipoutana, C'est une ville de bazars, de même que sa voisine Nasirobad, et quelques-uns des palais que

1 Tod, Annals of Rajasthan; — L. Rousselei, L'Int les Rajohs.

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les marchands djaïna y ont construits récemment dans le style radjpoute fleuri, sont parmi les plus somptueux de l'Inde. Adjmir à peu de monuments anciens, mais ceux qui existent sont dignes de se comparer aux palais de Tehittor, et de plus Adjmir a la beauté que lui donnent les coteaux environnants, son lac bordé de pavillons et de terrasses, ses bosquets, ses champs de rosiers, le « Jardin de la Splendeur » où les empereurs monvols avaient élevé leur château, devenu maintenant la résidence du gouverneur britannique. Une ville de santé groupe ses maisons de plaisance autour de la forteresse de Taragarh, dominant la cité de 400 mètres. Dans les environs d’Adjmir, à 15 kilomètres à l’ouest, sur les confins du désert, est une autre merveille de l’Hindoustan, le lac sacré de Pochkour, nappe de forme ovale entourée de collines et de dunes : c’est un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés. Les brahmanes qui en habitent les palais se sont enrichis de trésors apportés de toutes les parties de la Péninsule; avant d’être ruinés par les guerres et d’être forcés à l’économie par la surveillance jalouse du gouvernement anglais, les princes radjpoutes rivalisaient de prodigalités envers les gardiens du saint lieu. Le lac est entouré de temples, de pavillons, de tourelles, de galeries surplombant les eaux, d'escaliers baignant dans le flot leurs degrés de marbre blanc; même d'anciennes constructions se montrent sous le niveau actuel du lac sacré, Adjmir est la cité littéraire du Radjastan et le gouvernement anglais y a fondé deux collèges qui sont parmi les établissements d’instruetion publique les plus importants de l'Inde : l’un d'eux, le Mayo-college, est une de ces écoles aristocratiques où l’on ne reçoit que des fils de radjahs, dressés à une vaniteuse sujétion par leurs professeurs européens.

Djaïpour n’a pas été choisie par les Anglais comme centre administratif du Radjpoutana et n’est que la capitale d’un petit État médiatisé, mais elle n’en est pas moins la cité la plus populeuse de tout le plateau et se vante d'être le « Paris de l'Inde », la ville la plus élégante et la mieux tenue entre l'Induset le Gange’. Fondée en 1729, elle n’a point l'apparence pittoresque des autres capitales du Radjastan ; elle est bâtie dans une plaine, qui parail avoir été un lae, et ne montre que çà et là des sommets de tours et de temples au-dessus de ses remparts crénelés, peints en rouge. À l’intérieur, elle est divisée en îlots réguliers par de larges rues qui se coupent à angle droit; toutes les maisons sont en granit ou en marbre. Si la ville elle-même est bâtie sur un plan monumental, aucun édifice ne se distingue par je style ou la magnilicence; le vaste palais n'est qu'un amas de bâtisses

1 Drew Gays, From the Pall-Mall to the Penjaub.

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