N° 67. — DJAÏPOUR ET AMBER
d'aprés l'Indian Atlas C Perron
40 kil.
de fortifications. Cette ville fut jadis la « Mère Universelle », la « Reine des Montagnes ». Abandonnée maintenant aux fakirs et aux singes, elle est d'autant plus belle que ses coupoles dorées, ses pavillons multicolores sont à demi cachés par la verdure; les dalles de marbre sont descellées par les racines des arbres, des lianes s’enroulent aux colonnes, l’eau des fontaines s'écoule en filets serpentins à travers les salles, entre les murs dé-
corés d'ivoires et de bois précieux, Nulle part la nature ne rehausse plus élégamment la grâce de cette somptueuse architecture qui à fait du Radjastan l'une des terres promises de l'artiste. Les eités du nord, voisines des plaines de la Djamna, Alwar (Oulwour), Dig, Bhartpour ou Bharatpour, la cité du roi légendaire Bharata, ont aussi d'admirables. palais, les uns ruinés, les autres encore debout. La forteresse de Bhartpour résista longtemps aux Anglais : en 1826, elle ne fut réduite que par une armée de 25 000 hommes.
A lorient du Radjpoutana, le bassin du Tchambal est à peine moins riche en constructions monumentales encore habitées ou laissées aux bêtes fauves. L'une des cités abandonnées, Mandou, est unique par son étendue et la beauté de sa position. Située sur un promontoire méridional des Vindhya qui se rattache au massif par une étroite arête et domine de 500 mètres la profe: > vallée où serpente la Narbadah, Mandou n'a pas moins de 60 kilometres de lour; elle occupe un espace deux fois aussi considérable que Paris. mais il ne se trouve plus dans l'enceinte qu'un petit village perdu au milieu + fors, quelques Bhil sauvages, des religieux mendiants, sont les seuls habitants humains de ce qui fat la capitale du Malwa, et des tigres, des léopards, des ours gitent sous les fourrés au milieu des décombres; le plateau est changé en un immense pare de chasse. Cependant il y reste encore de fort beaux édifices, palais et mosquées, et surtout des baoli, étages superposés de galeries à colonnes qui descendent dans les profondeurs de ia roche jusqu'à l'eau courante. C'est dans la première moitié du seizième siècle que Mandou perdit son rang comme chef-lieu du Malwa. Au siècle suivant, Djehanghir, le souverain mongol qui appréciait le plus les beaux sites, transféra pendant quelque temps sa résidence sur le plateau de Mandou, mais, après le passage des ravageurs mahrattes, la ville fut définitivement abandonnée; ses marbres sont employés à faire de la chaux pour les constructions de Dhar, petite capitale d'État, bâtic au nord sur un affluent du Tchambal.
Indor, cité de fondation récente, est maintenant la plus prospère de tout le bassin du haut Tehambal. Chef-lieu de l’une des plus puissantes principautés médiatisées du plateau de Malwa, elle est devenue le centre du commerce d'expédition de l’opium; en 1878, elle en fournit au gouvernement anglais pour une somme de plus de 26 millions de francs. Indor est le siège d’un de ces collèges de radjahs où les fils souverains indigènes apprennent leur rôle de feudataires anglais. Mhao, l’une des stations militaires les plus considérables de l'Inde, surveille au sud la place d'Indor et se rattache par un chemin de fer aux cantonnements principaux du Radj-
poutana, Nin comme ligne contrée, l’une juin, où régni maditya, celu C'est par la v mier méridie je mont Mér les calculs à l'ancienne vi nord de l’enc que l’on dit :
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1! Reinaud, H Tod, Annal.
MANDOU, INDOR, OUDJEÏN, BOUNDI, GWALIOR. 301
poutana, Nimateh et Nasirabad. Ce chemin de fer, construit surtout
comme ligne stratégique, laisse de côté la ville la plus importante de la contrée, l’une des « Sept villes saintes » de la Péninsule, la fameuse Oudjein, où régna le plus célèbre des souverains connus sous le nom de Vikra-
» dat TO LEE À
maditya, celui dont la naissance est le point de départ de l'ère hindoue.
C'est par la ville d'Oudjeïn que les géographes de l'Inde traçaient leur premier méridien pour le diriger au sud vers Lanka ou Ceylan, au nord vers le mont Mérou'. Djaï singh y établit un observatoire pour en comparer les caleuls à ceux de Djaïpour, de Delhi, de Bénarès. Les ruines de l’ancienne ville d'Oudjein, perdues au milieu des jardins, se voient au nord de l'enceinte actuelle; cependant on montre près du palais une porte que l'on dit avoir fait partie du château de Vikramaditya. Sur le Tchambal moyen, près des tchaoli ou « remous » fameux que forme cette rivière, le grand temple de Barolli n’a laissé que des fragments ; mais il en est d’admirables, entre autres des colonnes dont les fûts sont formés de quatre statues de femmes”. À l’ouest, Boundi, la résidence d’un souverain radjpoute, est dominée par un ensemble de palais qui rivalisent en beauté avec ceux d'Oudaipour.
L'État médiatisé le plus considérable de cette région de l'Inde est celui ee que gouverne la dynastie des Sindhya, descendants de « porteurs de pantoufles » mabhrattes, devenus les conquérants du Radjpoutana septentrional. Sa capitale, la cité de Gwalior, est située à une faible distance des plaines de la Djamna, entre les vallées du Tchambal et du Sindh. Au-dessus de la ville ou plutôt des deux villes distinctes, du nord et du sud, se dresse un rocher de grès d’une longueur d'environ 2500 mètres, sur 500 de largeur, et dominant les campagnes de plus de 100 mètres à l'endroit le plus élevé : en quelques parties de la roche, les parois sont verticales ou mème surplombantes. De tous les blocs de pierre isolés qui parsèment la contrée, portant chacun sa forteresse, aucun n’était mieux disposé pour recevoir une vaste citadelle, et les travaux de toute espèce entassés sur cette roche montrent que les habitants du pays surent apprécier l'importance stratégique de la position; ils furent également frappés de la beauté de ces parois blanches contrastant avec les cultures et les maisons de la plaine; des figures colossales de dieux, taillées en relief dans la pierre, témoignent de leur vénération pour ce lieu sacré. Depuis le huitième siècle de l’ère vulgaire, le fort construit sur la roche de Gwalior est
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! Reinaud, Mémoire géographique, historique et scientifique sur l'Inde, 1849. * Tod, Annals of Rajasthan.
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un de ceux que les maitres de Fnde se sont disputés avec le plus d'achar-
| -* ADI nement, et dans ces derniers temps les Anglais y ont ajouté d'autres ouh On: 1 vrages de défense. Un admirable palais, construit à 1a grande époque de D 1.1) l'art hindou, c'est-à-dire à Ja fin du quinzième et au commencement du 4 L' seizième siècle, couronne une partie du rocher et se rattache à d'autres
constructions, qui forment avec leurs tours, leurs pavillons d'angle, leurs