‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 18 sur 471 · N° 8 —— COUPE TRANSVERSALE DE L'INDE PÉNINSULAIRE AU NORD DU DEKKAN · texte numérisé non relu

N° 8 —— COUPE TRANSVERSALE DE L'INDE PÉNINSULAIRE AU NORD DU DEKKAN

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Les hauteurs sont cinq fois plus grandes en proportien qu2 les longueurs,

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nom d'Mindoustan, désignation qui s'applique maintenant à l'ensemble de la Péninsule, Celle région, quoique moins étendue que celle des plateaux et des montagnes du midi, eL quoique occupée en partie, entre les monts Aravalii et lindus, par des espaces arides complètement inhabités, est de beaucoup la plus populeuse des deux moitiés de l'Inde; 160 millions d'habitnts se pressent dans les campagnes arrosées de Ta plaine, tandis que le Dekkan et ses dépendances géographiques ne sont peuplés que d'une centine de millions d'hommes. Par l'effet du contraste que présentent les deux régions, l'histoire des populations à dû suivre de part et d'autre un cours tout différent, Le bassin du nérd, nivelé et fertilisé par les rivières qui le parcourent, est devenu naturellement le grand foyer d'appel pour les nations environnantes, Les agriculleurs se pressent dans ces campagnes fé-

4 Henry Blanford, Quarteriy Journal of the Geological Sociely, nov, 1, 187. \ y q y

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condes; de nombreuses villes de marehé, des centres de commerce S'y fondèrent, liadustrie Sy développa rapidement, li eivilisation y accomplit ses merveilles, Mais c'est Ft aussi que des invasions successives amenèrent les plus violents conflits et que se renouvelèrent le plus fréquemment les races, Vaste bassin entouré de tous les côtés par des régions plus élevées, Ta plaine indo-gangétique était exposée d'avance, comme Flalie du nord, aux incursions de lous ses voisins. À l'ouest, les Mfghans, et même des envahisseurs venus de par delà lFHindou-kouch, trouvaient des portes largement ouvertes pour descendre vers ces riches campagnes elces villes somplueuses qui se remplissent de trésors pendant li moindre période de paix: au nord, les populations guerrières des montagnes n'étaient séparées des cullivateurs de La plaine que par une étroite zone marécrvouse; à l'estaussi, les tribus sauvages des monts d'où S'échappe le Brahmapoulra voyaient devant eux des chemins faciles pour leurs expéditions de pillage. Durant des siècles, les incursions se renouvelaient incessamment, antôt sur un point, lantôt sur un autre, el parfois ces visites armées devenaient de véritables migrations. C'estainsi que, pendant le cours de Fhis- Loire, a masse de Ja population ne eessa de changer dans les plaines de l'indus et du Gange. Les anciennes races, les langues d'autrefois ne se retrouvent plus dans ces pays si souvent ravagés par le feu et par le fer, landis que les plateaux et les vallées forestières de Finde méridionale ont pu garder pure de mélange mainte peuplade avant encore Ta même apparence physique, le même langage, les mêmes coutumes qu'il + a deux où rois mille années; mais ces peuplades devaient essaimer quand leurs ruches éluient trop pleines, et de quel côté se dirigeaient surtout leurs émigrants, guerriers où pacifiques, St ce m'est vers les belles cités de la plaine dont ils voyaient resplendir les coupoles dorées? À cet égard, on remarque dans la péninsule de lFnde un contraste analogue à celui que présente la France, d'ailleurs en proportions bien moindres. Les deux contrées ont au nord leur foyer d'appel, au sud leur centre de dispersion, Mais les émigrants des plateaux et des montagnes ne descendirent pas seulement vers les plaines du nord, ils se portèrent aussi sur le pourtour même de la Péninsule, le long des côtes de Coromandel et de Malabar, Des régions plus élevées de intérieur, lt population augmente graduellement vers le Tittoral, où se succèdent les villes et les villages, entourés de verdure. Test tout naturel aussi que dans l'inde méridionale les campagnes militaires, les déplacements de peuples, les formations d'États, c'est-à-dire le mouvement histo-

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POPULATIONS DE L'IINBOLSTAN, HIMALAGA. H]

volfe du Bengale, car c'est dans ce sens que S'allongent les pentes, que

S'ouvrent les larges vallées et que coulentles fleuves.

L'Himalava, que l'on considère parfois comme une partie de lAindoustan, est en réalité un monde à part, indien par sa base, par sa végélation, par son climat, par les fleuves qui S'en épanchent, tibétain par l'énorme protubérance terrestre dont il forme le rebord méridional. Mais e'est aussi le prolongement du faite de F'Ase. Le nom de « Toit du monde », que lon applique d'ordinaire au seul Pamir, appartient en réalité à tous les plateaux et à loutes les crètes qui occupent le centre du continent, de l'Hindou-koueh aux Alpes du Ketchouen, et du Thian-chan aux montagnes de FAssam., Ces arêtes de séparation, avant un développement otal de plusieurs milliers de kilomètres, forment, pour aussi dire, un continent distinet, superposé à celui de FAsie inférieure. Les grandes divisions erriloriales sont naturellement celles que dessinent leurs puissantes masses. Au nord-ouest, le bassin de FAmou commence a vaste dépres- Sion de FA\sie russes au nord-est, les déserts du Tarim se continuent pur les bas plateaux de li Mongolie et les plaines de Hi Chine; au sud-ouest, lindou-kouch abrite FAMghanistan et la Perse, tandis qu'au sud etau sudouest S'ouvrent les bassins profonds de Findus et du Gange,

De toutes ces parties du faite ramitié de Ps, le plus élevé, Sinon par Pensemble de sa masse, du moins par les saillies suprèmes de st crête, est probablement FHimalava, mais il n'est pas encore possible de se prononcer avec certitude, puisque les points culminants du plateau Gbétain et du Setehouen occidental, el même en partie ceux du TransHimalavas attendent un explorateur qui les mesure. Au commencement du siècie, les \nglais, voyant les hauts sommets neigeux de Fimalaya <e dresser au-dessus des plaines du Gange, ignoraient encore Fimportance relative de ces monts dans le relief planétaire: depuis l'exploration de Bouguer et de la Condamine dans les Andes équatoriales, on considérait le Chimborazo comme le géant des montagnes du globe. quéique cette mentagne mail pas même droit à la prééminence dans le contisent sud-américan. Cependant William Jones, en FINE écrivant on mémoire qui fut publié seulement vingt années après. émettait lopinion que les monts de Fimalava sont « les plus hauts de la Terre ». En IS05, Crawford, le premier, mesura quelques-uns des colosses qui dominent les vallées du Nepal el les Signala aux géographes comme bien supérieurs aux Andes, mais il

Lrouva des contradieteurs parmi ses compatriotes: son journal de voyage

o6 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

S'étant perdu, la question ne fut définitivement résolue qu'en l'année 1S%, lorsque, sous la direction d'Andrew Waugh, se fit Le levé trigonométrique de l'Himalaya occidental et des montagnes du Sikkim!'. Waugh est celui qui reconnut et mesura, sur la frontière commune du Tibet et du Nepal, ce mont € Rayonnant », le Gaourisankar, dont Le Sommet Sélve le plus audessus de la surface des mers, soit à près 9 kilomètres, deux fois la hau- Leur du mont Rose; c'est aussi à une profondeur de près de 9 kilometres

qu'a été découvert par le Tuscurore, au large des côtes orientales du dapon,

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