RIVIÈRES ET PLAGES DE CEYLAN
grosses pierres et du plus beau feu. Les grenats, surtout les variétés connues sous le nom de « pierres à cannelle », sont tellement communes, que des blocs de gneiss en sont constellés : les trainées de cristaux qui remplissent la roche ressemblent à des rameaux aux fleurs étincelantes. Les saphirs, les topazes de Ceylan sont les plus estimées des 57 variétés de pierres précieuses recueillies par le géologue Gygax; mais on n’a point vu de diamants dans Serendib, quoi qu'en disent les anciens géographes et les conteurs arabes.
Les rivières descendent du massif central vers tout le pourtour de l'ile, mais un bien petit nombre ont un assez vaste bassin de réception pour devenir des cours d’eau considérables; ce sont des torrents, redoutables pendant la saison des pluies, à see durant les sécheresses; quelques-uns seulement peuvent servir à la batellerie, dans la partie inférieure de leur cours, entre l'embouchure et les premiers rapides, situés à la sortie de la région
des collines. Pourtant plusieurs de ces rivières portent le nom de Ganga,
comme si elles pouvaient être comparées à la divine Ganga descendue des monts himalayens. La plus abondante, la Mahavelli-ganga, ou « grande rivière du Sable », dont une branche va se jeter dans la baie de Trincomali, a seulement 215 kilomètres de longueur et n'apporte à la mer que l’écoulement d’un bassin de 10 000 kilomètres carrés, quoique plus des deux tiers du massif central soient compris dans son versant; comparé aux fleuves de l'Inde, ce Gange cinghalais n'est qu'un ruisseau.
La plupart des ganga et des oya sont fermées à leur embouchure par des cordons littoraux que dépose le courant fluvial, arrêté par le flot de la mer. Ainsi se forment, à l'abri de ces flèches de sable, de grands marigots où s'étalent les eaux descendues des plateaux : un de ces marigots ou gobbs, qui longe la côte orientale, au nord et au sud de Batticaloa, n'a pas moins de 90 kilomètres; c’est un étang où la navigation se fait à l'abri des tempêtes, comme dans les bachraters du Malabar. Sur la côte occidentale, les marigots sont moins nombreux, à cause de ja proximité des montagnes el de la pente rapide: cependant plusieurs lagunes se sont ainsi formées au sad et au nord de Colombo. L'ile de Calpentyn peut être considérée dans son ensemble comme un long cordon littoral ; le golfe qui la sépare de Ceylan se rétrécit peu à peu vers le sud, et sur une trentaine de kilomètres il n'est autre chose qu'un étang. La plus grande partie de la côte orientale est bordée de dunes. Les sables sont apportés sur les plages par le courant littoral, qui suit la direction des vents, alternativement du nord au sud et du sud au nord; desséchés à marée basse, ils sont repris par le vent et amoncelés en dunes; mais il est rare que ces monticules restent
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56 NOLYELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
longtemps mobiles. Des herh:s aux racines traçantes, telles que le spinifex squarrosus où « grande barbe de Rama », consolident le: sables; bien-
N° 139. — M:RIGOT DE BATTIEALOS