PONT BE RAMA, ILE DE MANAAR
de l'ile, se prolongent ainsi sur 70 kilomètres de longueur, avec une largeur variable de deux à cinq kilomètres.
La partie septentrionale de Ceylan se compose en entier de coraux décomposés ; jusqu'à dix et quinæ kilomètres de la mer, la charrue ramène à la surface des coquilles d'huitres et autres bivalves, ainsi que des crustacés dont les espèces vivent actuellement dans les eaux voisines. Les voyageurs arabes avaient déjà connaissance de ce fait, mais ils l'expliquaient d'une manière bizarre : d'après eux, certaines espèces d'écrevisses se changent en pierre après être sorties de la mer'. Évidemment, cette région de l'ile s'est peu à peu soulevée : on y voit, ainsi que plus au sud, sur le Hittoral de Negombo, des tufs de débris calcaires mélés de coquillages et d’autres fragments rejetés par la mer et changés peu à peu en conglomérat solide. Les indigènes de Manaar qui taiilent des anneaux et des bracelets dans la eoquille de là turbinella rapa, ne la cherchent pas seulement au fond de l'eau, ils la retirent aussi en grandes quantités des plages émergées: près de Djaffna, on trouva en 1S#5 une ancre de telles dimensions, qu'elle devait appartenir à un gros navire, comme il n'en pourrait plus naviguer dans les mers basses de ces parages. Le petit archipel qui continue au nord-ouest la pointe septentrionale, est composé de ces terres modernes graduellement exhaussées. De mème, l'ile de Manaar a surgi à une époque géolegique récente, quoique, du cûté de la terre ferme, la digue de Pamban ait été, 1l y a peu de siècles, rompue par la force des vagues. La légende hindoue, que disent les poètes, fait naître Manaar avec Rameswaram, lors de la conquête de Ceylan par Rama. Le singe Hanouman ayant placé une monlayne en équilibre sur le bout de sa queue, l'autre sur sa tête, les jela dans la mer pour former le pont sur lequel défila l'armée Simiesque pour se rendre à Lanka; eette digue est le pont de Rama ou d'Adam.
L'ile de Manaar est séparée de Ceylan par un détroit serpentin, large de 1600 mètres, où les bateaux ne trouvent pas plus d'un mètre à marée basse et qu'il serait très difficile de transformer en un canal de navigation pour les gros bâtiments; mais les sables du pont de Rama qui rejoignent Manaar à Rameswaram en ur cordon partiellement émergé, long de 50 kilomètres. offrent çà et à quelques brèches plus profondes que le détroit de Manaar. et si le gouvernement anglais se décide à ouvrir entre l'Inde et Ceylan un canal de grande navigation, c'est probablement en creusant une tranchée dans le pont de Rama. entre les fonds de 10 mètres qui se trouvent au nord et au sud de la levé de sable. Suivant les moussons, les banes
t Abou-Zevd: — Reinaud, Voyages faits par les Arabes.
Va + dot
se déplacent du nord au sud et du sud au nord; quand les vents soufflent du golfe du Bengale, un courant local -entraiîne dans les passes l'arène et les débris de eorail et les dépose sur les plages tournées au midi; pen-
mes Peu MU :
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dant la mousson du sud-ouest, c'est le phénomène inverse qui se produit'. D'ailleurs les courants de houle n'ont pas une grande force dans les golfes de Manaar et de Palk, sur les côtes occidentales de Ceylan. Is lon-
Re gee Fa Ole, 54h ne
+ A fre
vont alternativement les côtes en contournant l'ile du côté de l'est et du nord, comme si elle faisait partie de la péninsule hindoue; lors de la
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