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AGRICULTURE DE L'INDE

cependant, en maints districts, l'espace manque au laboureur : dans tel pays surpeuplé, la terre a été divisée à l'infini et la parcelle qui revient à chaque cultivateur, soit en propriété, soit en ferme, ne suffit pas pour le nourrir el pour acquitter taxes et redevances. À mesure que les champs fertiles se font plus rares pour la population croissante, le prix s'élève et le rayot paye plus cher un terrain médiocre qu'autrefois un sol excellent. Ainsi se perpélue et s'aggrave la misère. Mais le travail se fait partout avec grand soin : le paysan sait utiliser le sol de manière à lui faire rendre deux ou trois récoltes par an; il n'ignore point que des cultures diverses doivent se succéder pour ne pas épuiser les champs; il connait l'utilité des amendements et des engrais et dirige ingénieusement les filets d'eau dans les champs qui en ont besoin.

Après les céréales, qui, dans les bonnes années, grossissent les exportations, l'opium est la denrée de l'Inde qui, sinon par sa valeur réelle, du moins par le prix factice qu'impose le monopole, donne lieu au plus grand mouvement d'affaires. On le cultive surtout dans la plaine du Gange, autour de Bénarès et de Patna et sur les plateaux de Malwa; le Radjpoutana, le Pandjab, les Provinces Centrales en possèdent aussi quelques champs, mais partout ailleurs la plante est interdite : dans les disticts dépendant directement de l’Empire Indien, la culture ne se fait que sur avances fournies par l'État; quant au pavot de Malwa, il n'entre dans les entrepôts qu'après acquit de 1500 franes par caisse. La valeur marchande de la drogue, exportée en entier en {ndo-Chine et en Chine, est d'environ 500 millions de francs chaque année, et le bénéfice net, pour le trésor, est de 225 millions, plus du double de ce que le gouvernement gagnait au trafic, à l'epoque où il fit à la Chine la « guerre de l'opium » pour l’obliger à recevoir le funeste narcotique.

La récolle du coton ne vient qu'en deuxième ligne pour la valeur de l'exportation, et les oscillations annuelles de la vente sont très considérables. Lors de la guerre d'Amérique, l'exportation s'éleva en quatre ans de 75 millions à la somme énorme de 925 millions de francs; après la guerre, elle tomba rapidement: actdellement, elle est de 200 à 500 millions'; la culture de cette plante s'étend dans la Péninsule sur un espace de plus de # millions d'hectares. Le coton de l'Inde est beaucoup moins apprécié que celui des États-Unis, à cause de la faible longueur de sa fibre ct des impuretés qui s’y trouvent mélangées; cependant, en plusieurs

# Exportation de coton de l'Inde pendant l'année fiscale 1879-80 : 199 105 145 kilogrammes. Valeur : 278 636 525 francs.

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