‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 342 sur 471 · ME · texte numérisé non relu

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gré l'apparence de flammes, des matières fondues comparables aux laves ne sont jamais expulsées des cratères de Ramri et de Tehedouba, est vrai que les boues rejetées sont brûlantes, mais les pyrites et les fragments de lignite ne sont pas décomposés par la chaleur; la combustion des gaz est probablement causée par la friction des blocs entrechoqués : ee serait un phénomène analogue à celui des éclairs qui jaillissent au milieu des cendres du Vésuve!, Les boues de Ramri et de Tehedouba sont associées à des eaux salines, el des sources de pétrole jaillissent dans les environs ou S'échappent par les issues de mêmes cônes.

De Djittagong au cap Negrais, où se voient aussi des salses, de même origine que celles de Ramri, les côtes portent des traces évidentes d'un soulévement récent, Vers 1790, un tremblement de terre exhaussa de plusieurs mélres l'ile Ronde (Round island), Située à l'est de Tehedouba; l'ancienne grève qui l'entoure se compose de blocs de corail, de coquillages et de sables : on dirait qu'elle vient d'émerger des flots, Les indigènes racontent que lors de cet évènement ils trouvèrent des multitudes de poissons emprisonnés dans les vasques de récifs : la pêche de cette époque est devenue légendaire, En maints endroits, la côte est bordée de grès calcaire en corniches, contenant des coquillages brisés et des restes végétaux apportés jadis par le flot : ces corniches cimentées por le carbonate de chaux sont exhaussées au-dessus du niveau des plus hautes marées, soit qu'un brusque mouvement comme celui de 1750 les ait portées à li hauteur actuelle, soil qu'elles aient été lentement soulevées, On évalue de 5 à 7 mètres le mouvement d'émergence qui s'est produit sur les rivages d'Arrakan : l'ile de Tehedouba est au centre de la poussée; de part et d'autre, l'élévation des côtes au-dessus de leur ancien niveau a été moins considérable*, Des volcans de boue ont aussi élevé temporairement leurs bouches au-dessus de la mer dans le voisinage de Tehedouba, En 1762, une grande secousse fit vibrer le sol aux alentours de Djitagong et les rivages des alentours furent submergés *,

Dans toute la Barmanie, les vibrations du sol sont fréquentes, et l'on dit qu'en diverses régions, notamment autour de Bhamo, sur le haut Irraouaddi, les habitants ne font plus attention aux frémissements de la terre, lnt ils y sont habitués. Ces oscillations brusques, de même que l'élévation lente des côtes d’Arrakan, sont peut-être en relation avec les phéno-

#R. Mallet, Records of the Geological Survey of India, 1878.

# Halsted, Journal of the Asiatic Society of Bengal, 8 ; — Medhcott and Blanford, Manuai of the Geology of India.

5 Buist, Journal of the Bombay Geographical Society, vol. XI, Calcutta Review, 1876.

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RAMRI, TCHEDOUBA, SOURCES DE PÉTROLE, 725

mènes de voleanicité dont on retrouve mainte trace en différentes parties de la contrée, Des latérites d'origine éruptive se rencontrent en plusieurs endroits des côtes; les villes commerciales du littoral barman sont construites sur des terrains de cette nature, et ce sont aussi des promontoires

de cette formation qui portent la plupart des pagodes saluées au passage

par les marins", Mais, tandis que dans la péninsule Cisgangétique on n'a point découvert sur le plateau les cratères d'éruption d'où furent jetées les laves et les cendres, il existe en Barmanie au moins un ancien volean parfaitement reconnaissable : c'est le Pouppa, Paopa, ou Pappa doung, qui s'élève à l'est de l'Irraouaddi, au sud-est de Pagan. Les voyageurs ne signalent dans les bassins des fleuves barmans aucun volean de boue semblable à ceux de Ramri et de Tehedouba, mais les sources de gaz inflammables sont nombreuses; çà et là, quand passent des incendies de jongles, les flammes ou « feux des esprits » persistent au-dessus de quelque fissure”. Les fontaines salines jaillissent en abondance # la base orientale de l'Arrakan-voma, disposées pour la plupart sur une ligne de fracture des roches tertiaires; enfin, des sourees de pétrole sont associées en maints endroits aux eaux salines; depuis des siècles, les puits de naphte fournissent aux indigènes les huiles éclairantes dont ils ont besoin, ainsi que les ingrédients nécessaires pour la fabrication de leurs huiles et de leurs vernis ; c'est même par la quantité de pétrole extraite du sol que l'on a essayé de supputer la population barmane*. Près de Yenan-gyoung où € Ruisseau Fétide », village de la Barmanie royale situé sur la rive gauche de lIrraouaddi, en aval de Pagan, on a foré plus de cinq cents puits avant une profondeur moyenne de 60 à 75 mètres; mais la nappe profonde est soumise à de nombreuses fluctuations : souvent les sources S'épuisent et l'on doit forer le sol dans le voisinage pour retrouver le pétrole : les puits utiles sont au nombre d'environ 190, L'huile qui s'élance en bouillonnant est puisée par des seaux en chapelets et purifiée dans les hangars voisins ; l'odeur qui se répand dans le voisinage est assez pénétrante pour justifier le nom que l'on donne au village *. On expédie le pétrole jusque dans la Grande-Bretagne; l'exploitation de ce précieux liquide, évaluée à 12 000 tonnes par an, ne risque pas d'être abandonnée, tandis que le sel de Barmanie est délaissé pour celui que l'on importe des salines du littoral et des mines d'Angleterre.

1 A. Bastian, Ethnologische Bilder.

2 Theobald, Records of the Geological Survey of India, vol. NE, ARTS.

5 Crawford; — Carl Ritter, Asien,

4 1, Yule, Reports og the Mission Lo Ava in 1875; — Fytcie, Burma, past a:d present.

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