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domaines ethnologiques continent en cet endroit, Les campagnes de Prome et celles qui bordent la rive jusqu'à Chouedoung, sont des plus fertiles, produisant en abondance du riz, du tabac, des légumes de toute espèce. L'une et l'autre ville ont des pagodes splendides où les pèlerins viennent par dizaines de milliers. Les nombreuses sources salines des environs ne sont plus guère exploitées.
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Henzada, la ville la plus rapprochée de la tête du delta proprement dit,
à est située en aval de la fourche, sur le bras principal, qui garde le nom d'Irraouaddi, mais qui change souvent de lit, Elle a quelque importance comme centre des travaux hydrauliques du delta, mais elle n'a qu'un com-
merce local; les ports où se font les échanges avee l'extérieur sont plus rapprochés de la mer, Bassein, l'un des plus anciens, que les archéologues
N° 177 — DIGUES DE L'IRRAOL AUDE, A HE ZADA.
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identifient avec la Besynga de Ptolémée, à le grand avantage d'être le premier hâvre du delta pour les navires qui viennent de F'Hindoustan et de l'Europe, mais les difficultés de l'entrée dans la rivière de Basseïn ou Nawoun sont considérables. Les exportations se réduisent presque exclusivement au riz, el les quais sont presque déserts lorsque la saison des envois est terminée. Non loin de la ville, sur les bords de la coulée Dagga, se trouve un lac circulaire, en partie alimenté par des sources profondes ct
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servant alternativement de déversoir et de réservoir pour les eaux d'inondation. Les poissons viennent s'y faire prendre par dizaines de milliers : dans la saison de la pêche, de huit à dix mille personnes sont réunies au bord du lac et les rives sont couvertes de bazars et d'ateliers pour la fabrication du ngapi'. Près de l'embouchure du Nawoun, le village de Dalhousie est un lieu de villégiature, où les négociants de Basseïn viennent respirer l'ai: purilié par la brise?.
Rangoun, le port de l'estuaire oriental de l'Irraouaddi, a été choisie par les Anglais pour chef-lieu de leurs conquêtes en Barmanie, et déjà les souverains du royaume d'Ava en avaient fait le siège d’une vice-royauté, Une pagode, contenant des cheveux de Gautama et des reliques des « trois Bouddha » qui le précédèrent, avait depuis des siècles transformé en un lieu sacré l'emplacement où s'élève de nos jours la cité, mais le mouvement | des échanges avait lieu un peu plus au sud, sur les bords du même estuaire, |, Le village de Dagoun, ainsi nommé de sa pagode, ne fut élevé au rang de ville qu’en 1765, lorsque le conquérant Aloungbhoura où AMlompra, vint proclamer solennellement sa victoire. Rangoun — ou plutôt Rankoun, — est une des nombreuses Nicées où Nices que les vainqueurs élèvent en mémoire de leurs triomphes : ce nom rappelle la « Fin de la Guerre » que le restaurateur de la monarchie avait faite aux Pégouans. Mais d'autres victoires, celles des Anglais, ont donné à Rangoun une importance bien plus grande qu'aux temps de la domination barmane: en 1855. lors de la deuxième entrée des conquérants, la population urbaine était de 25 000 habitants; elle a plus que quintuplé en moins de trente années, et le coma. merce du port s'est aceru dans des proportions encore plus considérables.
La ville est admirablement située sur les derniers épaulements du Pegouvoma, au confluent de trois rivières et de nombreuses coulées navigables qui la mettent en communication avec le delta de l'Irraouaddi et avec celui du Nittang. L'estuaire, qui se prolonge au sud, est accessible aux gros navires et la marée remonte au nord jusqu'à une grande distance dans la rivière Hlaïng. Rangoun commande ainsi tout le mouvement des échan- ! ges dans les deux bassins les plus populeux de la Barmanie:; un chemin de fer le réunit à Prome en amont du delta de l'Irraouaddi, et bientôt une $ autre voie ferrée, pénétrant dans la vallée du KSittang, rejoindra Tongou, pour se continuer un jour vers Mandalé. Après Calcutta, Rangoun est le
* O'Riley, Journal of lhe Asiatic Society of Bengal, 1864, n° 1.
2 Mouvement commercial de Basseïn, pendant l'année fiscale 1876-1877 : 15 704 000 francs. Valeur du riz exporté... . . . . . . . 12 501 050 francs.
Tonnage des navires à lu sortie. . , . . . . 104 520 tonnes.
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iers : dans bois de construction et d'ameublement, des gommes, des épices, et nulle à fi + au born cité ne légale pour les expéditions de riz: il est en outre le grand marché “ ; Mi:
fabrication d'importation pour les marchandises anglaises destinées à la Barmanie et +5 LA) L HET w housie vu #1. it ‘À pirer l'air N° 178 — HANGOUX, ,. “AÙ i. 1; à d ni. IH " +: ft f hoisie par AE ‘4 hi Vi | ‘14 à les sou | É , he.
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comme Londres, Paris et New-York!, Rangoun est également la “apitale littéraire de la Barmanie anglaise; diverses sociétés s'y sont récemment fondées, entre autres une association ayant pour but d'imprimer les œuvres classiques de la littérature nationale, De toutes les viüles de l'empire anglo-indien qui ont reçu du gouvernement autorisation de se constituer en municipalité, Rangoun est celle dont les électeurs, hommes «1 femmes, apportent le plus de passion à l'exercice de leur privilège.
La pagode de Choué-Dagoun, au pied de laquelle s'étend ln cité, est enfermée dans les cantonnements militaires des Anglais : elle est, pour ainsi dire, le gage de la conquête. Édifice imposant, de forme pyramidale, le temple s'élève sur une terrasse à trois degrés entourée d'arbres touffus : à [IS mètres au-dessus du pavé, se dresse la flèche ou Ati, revêtue d'épaisses plaques d'or et brillante de pierres précieuses, dont le souverain de Mandalé, le « Seigneur au Parasol d'or », a récemment fait cadeau à ses corélivionnaires de Rangoun; mais les autorités anglaises ont exigé que ee hi, emblème de la puissance souveraine, leur ft d'abord remis pour être placé sous leur direction. Lors de la fête annuelle du Dagoun, en mars, des pèlevins se pressent devant le temple, venus de toutes les provinces de la Barmanie, de Siam, du Cambodge, et même de la Corée*, La cloche, pesant 42 lonnes, avait été enlevée par les Anglais qui voulaient l'emporter en trophée à Calcutta, mais ils prirent mal leurs mesures et la laissèrent tomber dans le fleuve. Les fidèles, ne disposant pourtant que de machines primilives, l'ont retirée de la vase et la montrent triomphalement aux ingénieurs étrangers. Après la pagode, la principale curiosité de la contrée est la ville déchue de Nyriam ou Thanlyeng, située à une vingtaine de kilomètres à l'est de Rangoun, sur le bord de la rivière Pegou. Les Portugais s'en étaient emparés à la fin du seizième siècle et plus tard, les Hollandais et les Anglais y fondèrent des comptoirs : il ne reste que les ruines des édifices européens.
1 Mouvement commercial de Rangoun pendant l’année fiscale 1880-1881 :
Long cours. Cahotage, Total.
Importation. +... 91187 200 fr, 65 996 250 fr. 104595 490 fr. Exportation, . . . 95 095 800 » 45477195 » 1785709% n Ensemble... IN# 9281 000 fr. 108 815 570 fr. 295 094 570 fr.
Mouvement de la navigation au long cours :
Entrées : 176 voiliers et 180 vapeurs jangeant . . . . . . . 998 042 tonnes. Sorties : 201 » et 1KO » » . « 661097 »
Ensemble 757 navires jaugeant. . . , . , . . . . 089 159 tonnes. Navigation, y compris le cabatage, en 1877-1878 : 1 099 955 tonnes. # Shway Yoe, The Bur:ran.
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Le nom de Pegou que l'on donne souvent à la Barmanie anglaise, du moins à la région du littoral comprise entre le cap Negrais et l'embouchure de la Salouen, témoigne de l'importance qu'eut autrefois la métropole du pays, le Pago ou Païgou des Barmans. Lorsque les navires de mer étaient petits et d'un faible tirant d'eau, les ports de rivière ouverts au commerce extérieur étaient pour la plupart situés plus avant dans les terres et la marée pouvait les porter loin des rivages. C'est ainsi que Pegou à pu avoir autrefois le rôle échu de nos jours à Rangoun; elle ne fait actuellement qu'un faible trafic; les bateaux ÿ montent avec le flux, en descendent avec le reflux. Souvent prise et reprise, la capitale des Talaïng ou Pégouans fut complètement rasée par le conquérant Mompra; la ville actuelle, simple station de la route de Rangoun à Tongou, date de la fin du siècle dernier.
Tongou (Toung-ngou), la cité principale du bassin du Siltang, est une des villes barmanes qui paraissent avoir un grand avenir; la route naturelle entre Rangoun et Mandalé y rejoint le fleuve; les campagnes environnantes sont fertiles et bien arrosées, les industrieux Karen peuplent les vallées des alentours et les Chan de la Barmanie royale y accourent en foule". À une quarantaine de kilomètres, un village de santé a été fondé sur le plateau de Tehandoung-ghyi, à plus de 1200 mètres d'altitude, mais cette hauteur n'est pas suffisante pour les Européens, et pendant la mousson du sud-ouest les pluies sont d’une extrême violence sur le plateau; il est probable que le sanatoire sera transféré au sommet de Nattoung, dominant de 2400 mètres la plaine du Sittang ; mais l’absence de chemins ne permet pas encore aux Européens de s'aventurer facilement dans les « montagnes des Esprits ». C’est pour la même raison que Tongou ne profite guère de son heureuse siluation commerciale ; au nord, la contrée est presque sans habitants ; les guerres ont dépeuplé ce pays, où s’élevèrent, après la destruction de Pagan, les cités capitales de Pinlaï, Panja, Mienzaïn. Une ville, Niengyen, à été récemment fondée près du Sittang par les exploiteurs des forêts de tek*.
Le fleuve Salouen parcourt les régions les moins connues et les moins populeuses de l'Indo-Chine. Au sortir des gorges du Tibet oriental, le Loutze-kiang ou Salouen traverse les pays des Kakyen, des Chan, des Laoticns, des Karen, ne reflétant dans ses eaux que des bourgades, où les sauvages des forêts voisines viennent échanger quelques denrées. Les deux « villes » de Theïni et de Moné, dont on parle souvent dans les mémoires relatifs aux routes commerciales entre le littoral barman et
1 Bigandet, Annales de la Propagation de la Foi. # À, Bastian, Geographische und Ethnologische Bilder .
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l'Empire Chinois, ne se trouvent pas sur le bord de la Salouen, mais à
l'ouest, en des régions encore inexplorées par les voyageurs européens, Le