‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 429 sur 471 · DATA · texte numérisé non relu

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vernement anglais voulut avoir en échange un point à la fois stratégique et commercial qui lui permit de reconquérir par les échanges au moins une partie des richesses qui venaient de faire retour à la Hollande. L'ile, si bien nichée dans une baie du continent, à l'angle extrème de la péninsule, offrait tous les avantages comme point d'escale aux navires. Stamford Raffles, l’ancien gouverneur de Java, fit louer, puis acheter celte terre au sultan de Djohor, et pour lutter contre le régime prohibitif des Hollandais, il ouvrit en franchise le nouveau port aux navires de toutes les nations. Le succès fut presque immédiat : la ville surgit, pour ainsi dire, des vases du littoral, et les négociants accoururent, surtout les

1 Henri Cordier, London and China Express, feb. 5, 1882.

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Chinois, les premiers par l'intelligence des affaires et l'esprit d'entreprise.

Pendant longtemps, Singapour eut le monopole du commerce entre l'Inde et l'Extrème Orient. Les ports de la Chine, de la Cochinchine, de Siam étaient alors fermés aux navigateurs; le port de Batavia, sans être absolument interdit au trafic européen, n'était librement ouvert qu'aux navires néerlandais; les autres ports appartenant à la Hollande étaient également défendus par des restrietions fiscales. L'entrée du port anglais était, au contraire, complètement franche; les navires y mouillaient et en sortaient sans payer ni droits de douane ni impôts d'aucune sorte; la ville appartenait à tous : Chinois, Hindous, Malais et Arabes s'1 installaient facilement, plus libres que dans leur patrie. Le riz, le café, toutes les denrées des régions tropicales y trouvaient des navires en partance pour l'Europe. Maintenant que les marins peuvent aller prendre directement leurs cargaisons dans les ports de Siam, de la Cochinchine et de la Sonde, Singapour n'a plus qu'un avantage, — mais il est très grand, — celui que lui assure, pour le service des correspondances et pour la relâche des passagers et l'entrepôt des marchandises, sa position incomparable à l'angle extrème du continent, sur le détroit de communication entre les deux océans.

La « Cité des Lions », où plus de cent mille habitants’ appartenant à toutes les races de l'Asie se trouvent réunis, se prolonge sur plusieurs kilomètres au bord de la rade et d'un estuaire découpant la rive méridionale. Comme toutes les villes de l'Orient peuplées de gens de castes et de nationalités différentes, Singapour se divise en nombreux quartiers, malais, chinois, kling. malabar, se distinguant tous par les industries et le genre de construction. Le quartier le plus actif borde les docks, immenses bassins où entrent les navires dépassant 6 mètres de calaison : les bateaux à vapeur sont amarrés aux quais: dans la rade se balancent les jonques chinoises, les praho malais et les embarcations de tonte forme montées par les insulaires de la Sonde. Marchandises d'Europe et d'Amérique, tissus de l'Inde, s’entassent dans les entrepôts et sur les quais avec les denrées des iles et de Ja péninsule voisine : épices de toute espèce, céréales, thé, café, sucre, huiles et gommes, casse, cachou, gutta-percha. Cet immense commerce passe peu à peu entre les mains des entrepositaires chinois, ban-

1 Population des villes principales de la péninsule de Malaeca :

Singapour . . . . . . . 100 000 habitants. ! Mergui, en IS77 . . . . 10 350 habitants. Georgetown. . . . . . 60000 » Kedah, d'après Pallezois . 8000 »

Malacca . . . . . . . 20000 - Tavoi, en 1878 . . . . . 14 S00 - :

V'anza, d'après James Low. 8000 »

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