‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 116 sur 552 · kil · texte numérisé non relu

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auteurs ont pensé que le canal de Lrusus, qu’il creusa pour gagner la mer du Nord avec sa flotte, réunissait la branche rhénane de l'Hssel, alors existante, au cours du Vecht Drenthois, car ce fleuve, beaucoup plus développé qu'il ne l'est de nos jours, s'écoulait directement vers les golfes de la Frise par l'ancien bras de mer du Midde!zee, que l'on reconnaît encore sans peine entre les deux anciennes iles de Westerore et d'Oestergoo".

1 Arends, Phusikalisrke Geschichie der Nord-Sei Kü:tr : -- Belpaire, Plaine maritime depuis Boulogne jusqu'au Danemark; — Slwing, Voormaals en Ts.

PO EN R NNEPE TS Te. NES TUE

Mème à une époque toute récente, le lieu de bifurcation du Rhin s’est déplacé, en partie par l'intervention de l’homme. Au commencement du dix-huitième siècle, le fleuve se divisait en deux branches sur le territoire allemand, au fort appelé Schenkenschanz; mais la branche méridionale s’accroissant d'année en année aux dépens de celle du nord, on dut rétablir l'équilibre en creusant à 10 kilomètres plus bas, en pays hollandais, un canal de dérivation entre le grand bras ou Waal et le petit bras ou Neder-Rijn. La percée se fit en amont du village de Pannerden, mais le Waal continuant de recevoir pendant la période de crue une trop urande abondance d'eau, de nouveaux travaux réglèrent exactement la masse liquide qui devait revenir aux deux branches du fleuve, divisées par une longue jetée en pierre. Le Waal reçut les deux tiers de l’eau rhénane, tandis qu'un tiers était réservé au canal de Pannerden, qui garde le nom du Rhin, sans être le véritable fleuve. En outre, l’ancien lit du nord fut barré, en aval de Schenkenschanz, par une digue submersible, permettant aux eaux de s’y déverser latéralement, dès qu’elles ont dépassé de 2 mètres le niveau moyen. D’autres déversoirs ménagés au delà de Pannerden aident à régler les eaux de crue et à maintenir dans les deux lits la proportion normale fixée par la convention de 1771.

Le Neder-Rijn, emportant ainsi le tiers du flot rhénan, ne garde cette masse d’eau que sur l’espace de 10 kilomètres environ. Près du village de Westervoort, à l’est d’Arnhem, il se divise en deux bras, dont la part relative a été également réglée au dix-huitième siècle, à un tiers pour l'émissaire de droite, aux deux tiers pour le courant principal, qui, cette fois, garde le nom de Rhin. La branche qui s'en échappe est l’Nssel de Gueldre, dont les eaux tortueuses vont rejoindre le Zuiderzee par un delta que de nombreux canaux unissent à la bouche du Vecht. Quant au Neder-Rijn, il coule direclement à l’ouest, mais il ne garde toutes ses eaux qu’en temps d’étiage ou de portée moyenne : pendant les crues, plusieurs déversoirs établis à Wageningen, en aval des collines de la Veluwe, rejettent une partie de l’eau surabondante dans le lit de l’Eem, et par cette rivière dans le Zuiderzee, landis qu'une autre partie va rejoindre le Waal par des écluses ouvertes dans les digues de Culemborg

Mais déjà en amont de cette ville, à Wijk bij Duurstede, le Rhin à perdu son nom pour prendre celui de Lek. Le cours d’eau qui conserve le nom du grand fleuve reçoit ses eaux seulement par des écluses ouvertes dans la levée latérale du fleuve et fermées à volonté : c’est le Kromme Rijn, « Rhin tortueux », qui passe dans la ville d'Utrecht; il se ramifie en de nombreux canaux, qu'un reste de courant permet d'appeler des rivières :

DÉLTA RHÉNAN. 917

tels sont le Vecht d'Utrecht et l'amstel, au bord duquel s'est élevée la capitale de la Hollande. À l'ouest d'Utrecht, le Rhin, changé lui-même en un canal au flot très-lent, mais ayant du moins gardé l'apparence d'un fleuve par ses nombreux détours, s'écoule directement vers la mer. Dès l'époque romaine, cette partie du Rhin s’étalait latéralement en marécages, puisque le Romain Corbulon, pour occuper ses soldats, fit creuser du Rhin à la Meuse, parallèlement à la mer, un canal de dégagement où l'on croit reconnaître l’'Oude Vliet ou la « Vieille Coulée », qui passait par Delft et Maassluis ‘. Mais &e canal s’obtrua bientôt; depuis un millier d'années: le flot affaibli du Rhin de Leyde ne suffisait plus à percer la ligne de dunes qui borde l'Océan à l’ouest de Katwijk, et la plus grande partie de ses eaux s'étalait en marécages qui menaçaient de s'unir en une seule mer intérieure avec le lac de Haarlem. Pour assécher et assainir le sol, on ouvrit en 1571 une issue à l’eau du Rhin à travers les dunes; mais les sables s'amassèrent de nouveau et fermèrent l'embouchure. C'est au commencement de ce siècle, en 1806, que l'ingénieur Conrad réussit à creuser au vieux Rhin un lit stable, que des écluses énormes, considérées naguère comme un des triomphes de l’art, garantissent des invasions de la mer aussi bien que de celles des sables. Les écluses sont fermées à marée haute etre laissent passer qu'aux heures de reflux l'eau du Rhin, appelé aussi « Coulée de la Potence » (Galge Water). Le débit total du vieux Rhin, mesuré par les éclusées, a été de 1245 100000 mètres cubes pendant huit ans° : cela ne fait pas # mètres par seconde, pas même la cinq centième partie du Rhin.

Le Lek est du moins en grande partie d'origine artificielle, On y voit la fosse que Givilis fit creuser en l'an 71 de l'ère commune et qui rejeta vers la gauche le courant principal du Rhin médian’. Depuis cette époque, le Lek, qui parcourt une terre alluviale, à maintes fois changé son cours en déroulant ses méandres à droite ou à gauche de l’ancienne coupure ; en outre, des écluses jettent une partie de ses eaux dans le Waal, et il com-

munique avec de nombreux canaux qui furent autrefois des coulées naturelles. Le cours d’eau dit Hssel de Hollande (Hollandseche Lssel) et qui ser-

1 Cluvier, — Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, . ? Staring, Voormaals en Thans.

5 Débit du Rhin, par seconde :

Eanx basses , , 4 1000 ù 1 200 mètres » moyennes, . Eds til) d'après Marchal he 20806 5 8000 à 10000 »

(Kuyper, Notes manuscrites.|

# Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, 1.

IV,

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pente dans les campagnes de Gouda, au nord-est de Rotterdam, a conservé son aspect d’ancienne rivière; pourtant il coule alternativement dans l’un et dans l’autre sens, descendant vers la « Meuse » de Rotterdam, ou en recevant de l’eau, suivant les oscillations du flux et du reflux. L'Tssel de Hollande sert aussi à double fin, d'après les saisons. En temps d'hiver, il reçoit l’eau surabondante des prairies riveraines, tandis qu’il les arrose en été par un appareil de vannes et de rigoles .

En aval de la bifurcation de Pannerden, le Waal, c’est-à-dire le véritable Rhin, garde toute la masse de ses eaux. Récemment il jetait une partie considérable de son courant dans la Meuse par-dessus l’isthme étroit où s'élève la forteresse de :int-Andriss: mais depuis 1856 le lit des deux fleuves à (# régularisé ;:. <° :clides barrages : un simple canal de navigation a remplacé l’ancien éissrire, et le Waal, gardant son individualité fluviale, continue son cours jusqu’à Woudrichem, où il reçoit la Meuse, dont la masse liquide est en moyenne dix fois moins abondante ; à l’époque romaine, ce fleuve continuait de se diriger vers l’ouest en suivant à peu près le lit occupé maintenant par l'Oude Maasje, c’est-à-dire « Ancienne Meuse », puis, au delà des plaines qui sont devenues les terres noyées du Biesbosch, il allait rejoindre l'estuaire rhénan. A l’ouest de la jonction actuelle, le nom de la Meuse reparaît en maints endroits sur les cartes et dans l'usage populaire. Ainsi le bras qui passe entre Rotterdam et l’île d'Usselmonde est appelé « Meuse » et l'estuaire qui baigne le rivage septentrional de l'île de Voorne est aussi une « Meuse » dans le langage des marins : mais presque toute l’eau de la Meuse, mêlée à celle du Waal, va rejoindre le flot marin dans les canaux du Biesbosch, dans le Hollandsehe Diep et le Haringvliet. À Rotterdam l’eau mêlée du Lek, du Waal et de la Meuse, est encore buvable ; elle n’est un peu salée que pendant le flot, qui fait refluer les eaux jusqu’à une centaine de kilomètres dans l’intérieur . Quant au Haringvliet et aux grands estuaires de la Zélande auxquels on a donné l'appellation de « Bouches de la Meuse », ils ne sont autre chose que des bras de mer : ils n’ont des fleuves que le nom.

Toutefois, si la « Meuse » de Rotterdam n'est plus la Meuse et si le € Rhin » de Leyde n’est plus le Rhin, ces noms n’en ont pas moins une grande importance au point de vue historique, car ils sont le meilleur témoignage du déplacement qu'a subi le cours des fleuves depuis que l'homme civilisé s'est établi dans la contrée. Le Rhin et la Meuse, de

* A. Lavertujon, Bulletin de la Société de Géographie, vet. A872. 2 Kuyper, Notes manuscriles.

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