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DELTA RIÉNAN. ESTUAIRES DE LA NÉERLANDE

mème que l'Escaut, ont également dévié vers la gauche et leur tendance est de se porter de plus en plus au sud, quoique le mouvement de la Terre dans le sens de l'occident à l'orient ait pour conséquence de faire dévier vers leur droite la plupart des cours d'eau de l'hémisphère septentrional. C’est précisément en sens inverse de leur mouvement normal que se sont déplacés les fleuves de la Hollande : tandis que le Rhin et la Meuse suivent du sud au nord la pente générale du continent dans toute la région montagneuse de leur bassin, les voilà qui se détournent de leur route naturelle dès qu'ils ont pénétré dans les terrains meubles des Pays-Bas! Il est probable en effet que, durant les siècles antérieurs à l'histoire, les ücux fleuves continuaient de s'écouler directement au nord dans les plaines qui s'ouvrent à travers les bas plateaux de la Gueldre, mais depuis un nombre inconnu de siècles ces anciens lits sont abandonnés et les deux fleuves se sont de plus en plus rejetés vers l'ouest : maintenant ils commencent à dévier dans la direction du sud-ouest.

Les inégalités de la marée sont les causes de cette déviation anormale des fleuves de la Hollande. De l'entrée du Zuiderzee à celle du Hont d'Anvers, l'écart entre le flux et le reflux est de plus en plus considérable : tandis que sur les côtes de Texel l'eau de la mer ne s'élève et ne s’abaisse que de 75 centimètres au-dessus et au-dessous du plan moyen, à l'embouchure de l’Escaut ce même plan se trouve dépassé de 2 mètres 56, en hauteur par le flux, en profondeur par le reflux; l'écart des eaux est plus que triplé. Ainsi, pendant les heures du jusant, la mer qui baigne les rivages de la Hollande proprement dite reste plus haute que sur les plages de la Zélande et par conséquent la pente des fleuves vers le sud devient plus forte; ils ont alors une tendance à ronger leur rive gauche et c’est de ce côté que s’approfondissent les estuaires. Pendant les heures de haute marée, les flots sont plus élevés sur les rivages méridionaux de la Néerlande, mais le mouvement des eaux est changé : au lieu de se porter vers le large, elles pénètrent dans les embouchures fluviales et leur force est d'autant plus grande que leur pente est plus rapide. Or, c’est encore du côté du sud qu'est la plus forte déclivité : c'est donc là que les courants ont le plus de violence et que les chenaux se creusent!. Aussi longtemps que les rives des fleuves et des estuaires qui les continuent ne sont pas définitivement fixées par des levées infranchissables, celles des rives méridionales restent toujours le plus exposées aux envahissements de la mer.

L'Océan est tour à tour le protecteur et l'ennemi de la Hollande, —

1 Alph. Belpaire, De la plaine marilime depuis Boulogne jusqu'au Danemark.

ï Protector et hostis, — dit une ancienne médaille zélandaise ! : il la défend hal il, pendant la guerre, porte ses navires, apporte sur ses rivages des alluvions ple fécondes, mais il la menace aussi d'érosions constantes et d’inondations en terribles. | tru Les annales de la lutte que les Hollandais soutiennent contre les eaux no de la mer et des fleuves ne sont écrites avec soin que depuis un petit dev nombre de siècles; mais, dès les origines de l’histoire batave, les tradi- été tio

N° 45, — SCINERMONNIKOOG.

lions et les chroniques racontent le combat incessant : les invasions de res la mer, les empiètements de l’homme sur les boues du littoral, telles sont Pe les alternatives desquelles dépendait l'existence même de la nation. Pour ch s'en tenir seulement aux évènements qui sont mis hors de doute, c'est el, par centaines que l’on peut énumérer les irruptions de la mer. En 859, en une tempête poussa les flots sur toutes les régions basses de la Frise ch et démolit près de 2500 habitations ; vingt ans après, le Rhin dévastait qu ses rives et se creusait une nouvelle embouchure. Pendant le onzième l'E et le douzième siècle, les inondations deviennent si nombreuses que les de

! Meyners d'Estrey, Erplorateur, n° 63, 4 HE

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