LEYDE
tante de la Hollande; sa bibliothèque contient plus de 14000 manuscrits, dont plusieurs sont uniques; d’autres collections précieuses en font un des des établissements les plus curieux de l'Europe. Toutefois la routine a souvent amoindri la valeur de l'enseignement : naguère, certains cours se faisaient encore en latin. Elle a célébré avec éclat en 1876 le troisième anniversaire séculaire de la fondation.
Au dix-septitine siècle, Leyde était une ville prospère ; après la ruine des provinces belges, la eité hollandaise fut la principale héritière des industries flamandes : la fabrication des étoffes de laine fine s’y développa surtout d'une manière remarquable; lors de la révocation de l’édit de Nantes, un grand nombre de protestants français vinrent aussi lui porter leurs industries. Mais les guerres, et surtout la concurrence de l'Allemagne et de l'Angleterre, ruinèrent la plupart des manufactures de Leyde, et la ville se dépeupla : elle avait eu, dit-on, lors de ses beaux jours, plus du double des habitants qui s’y trouvent aujourd’hui; ses canaux, ses bassins ne sont pas remplis de bateaux comme ceux d’Utrecht et de Haarlem; ses rues sont peu animées, ses places sont presque désertes ; toutefois la fabrication des draps et des couvertures de laine est encore considérable et renommée. En 1807, la superficie de la ville diminua soudain par l'explosion d’un bateau de poudre qui renversa des centaines de maisons : une place d'exercices et des espaces vides indiquent encore le lieu du désastre; un des édifices qui disparurent était la maison des Elzevier. Leyde est une des villes du monde où le système des égouts est le mieux combiné pour l'assainissement de la ville et la fertilisation des campagnes.
Les grandes collections de Leyde, que renferment des édifices séparés, étaient naguère uniques en Europe, à cause du monopole de commerce que possédaient les Hollandais au Japon et dans les îles de la Sonde; maintenant encore, quelques-uns des objets que l’on voit à Leyde sont les seuls qu'ait reçus l'Occident. Le musée ethnographique, composé en partie de l’ancienne collection japonaise de Siebold, est admiré des voyageurs japonais eux-mêmes; le musée d'histoire naturelle contient, entre autres richesses, les oiseaux elassés par le célèbre Temminck; le musée des antiquités possède, à côté de l’intéressante collection égyptienne et des curiosités de l'Orient, des objets d’origine préhistorique recueillis dans le sol de la Hollande. Le jardin botanique, l’un des plus complets d'Europe, a des serres où fleurissent les plus belles plantes des tropiques. Leyde à quelques tableaux précieux, mais en petit nombre ; elle est pourtant la patrie de Lucas
* Université de Leyde en 1877 : Professeurs, 46; étudiants, 1080,
Te AT
ns