PROFONDEUR, MARÉES, SEICILES DE LA BALTIQUE
[n'y a point de flux ni de reflux tppréciable dans la Baltique. Au sud des détroits, les matelots n'ont plus à S'oceuper de la marée, quoique les physiciens puissent en constater l'existence dans les ports du Mecklenburg et de la Poméranie et qu'ils en indiquent la hauteur, à quelques millimètres près : c'est ainsi que, dans le port de Wismar, l'écart entre le flux et le reflux de vives eaux est évalué à près de 9 centimètres : plus à l'est, cet écart va sans cesse en diminuant, jusqu'à ce qu'il échappe mème aux observateurs les plus habiles. Que sont ces faibles oscillations de marée en comparaison des changements produits dans le niveau marin par les cour riques ? Les vents d'ouest forts et continus font baisser les eaux dans le port
de Kiel de 1",20 à 1,50. Sur les plages basses de la B
ants atmosphé-
«tique, la ligne du rivage se déplace de plusieurs centaines de mètres Suivant la direc-
lion du vent.
De même qu'à tous les bassins fermés, les oscillations de la mer aérienne impriment à la Baltique de grands balancements, analogues à ceux qui se produisent dans une cuvelle : ce sont des « sciches » pareilles à celles du Léman et du lae de Neuchâtel, Sehulten, le Premier, à donné l'explication de ces phénomènes en montrant leur coïncidence avec les mouvements du baromètre, La hauteur de ces ondes est d'autant plus grande que la dépression de l'air est plus forte : elle s'élève fréquemment à plus d'un mètre; parfois même, quand la seiche est soutenue par des vents régu-
liers ou par des raz de marée, l'écart d'oscillation entre les hautes et les
basses eaux est beaucoup plus considérable, C'est principalement au prin-
lemps, en automne, lors des changements de saisons, que l’eau se gonfle le plus fréquemment dans la Baltique; mais le phénomène se produit aussi en hiver, sous les couches de glace, que l'effort des eaux soulevées fait bomber en forme de voûte où qu'elle rompt avec un bruit formidable, Des mouvements autres que les seiches, el non encore expliqués, ont aussi lieu quelquefois dans les eaux de In Baltique, mais à des intervalles très-éloignés. On raconte que par un beau temps la mer mugit, se gonfle. et recouvre au loin ses plages : c'est ainsi qu'en 1779 elle inonda complétement là ville de Leba, dans la Poméranie orientale, en S'élevant de 5 mètres au-desçus de son niveau moyen : on donne à ces raz de marée le nom de seebüren, «ours de mer », non sans doute à cause du mugissement qui accompagne la crue soudaine, mais plutôt parce que ce phénomène des bären à quelque analogie avee les € barres » des esluaires marins. D'autres fois, l'évènement contraire à eu licu : sans
© Môbius, Das Thierleben am Boden der deutschen Ost- und Nord-See,
LA d -
40 NOUVELLE GEOGRAPIE UNIVERSELLE
Guise apparente, on a vu br mer se retirer à une grande distnee le long des plages basses
IL est certain que pendant les époques géologiques récentes la Baltique à erandement changé de forme, et les observations faites sur ses rivages montrent qu'elle change encore pendant la période actuelle, Dans son ensemble, la mer suédoise occupe une longue vallée parallèle au plateau sean dinave, mais l'issue de cette vallée, st porte de communication avec F'Océan, a changé de place. Les détroits du Sund et des BelUont été ouverts à travers des roches qui formaient jadis une terre continue : en divers endroits de ces passages on voit les rives se correspondre, elles ontété rompues par lt pression des eaux, En outre, les dépôts marins laissés dans l'intérieur de la Suède prouvent que la Baltique S'unissait directement au Kattegat par les grands lacs Wenern et Wettern, que relie maintenant les uns aux autres le canal de Gôteborg, Le naturaliste Lovén à pèché dans ces lacs, à des profondeurs considérables, des crustacés, espèces aretiques marines appartenant les unes à la mer Glaciale, les autres au golfe de Botnie*, La présence de ces animaux prouve qu'à Fépoque glaciaire ces lies communiquaient avec la mer Baltique : eétuient non des lacs d'eau douce, mais de vastes dédroits d'eau salée, serpentant d'une mer à l'autre, Par l'effet du soulèvement de la presqu'ile Neandinave, qui se continue de nos jours, ces détroits se changèrent en bassins fermés, et peu à peu Peau alimentée incessamment par les pluies et les ruisseaux perdit toute st salure, La plupart des animaux périrent, mais quelques-uns réussirent à S'acelimater et ee sont eux que lon découvre maintenant dans les eaux les plus” profondes des lacs suédois?
La Baltique est Fune des mers les plus pauvres en espèces animales,
le mélange de Veau douce et de Peau salée, le grand écart des températures annuelles, n°4 sont pas favorables au développement de a vie, D'après Nilsson, le nombre de ses poissons d'eau salée n'atteint pas même la trentaine, et les seules espèces de cétacés qui l'habitent sont les phoques ou € chiens de mer » et les dauphins, car les baleines et d'autres grands animaux qui viennent parfois S'échouer sur les côtes de la Seanie et même plus au nord, ne sont que des voyageurs égarés, Toutes les espèces de poissons et de cétacés qui peuplent la Baltique se trouvent également dans la mer du Nord : ce sont de simples immigrants, Les seules différences observées jusqu'à nos jours entre les animaux de la mer Seandinave et ceux de l'Océan
Globnus, n° 22, IKT2
# Mémoires de LE Academie des scieices de Suède, ANG!
* Ch. Martins, Du Spitibera au Sahara.
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