‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 286 sur 552 · N° 112. — EGOUTS DE LONDRES · texte numérisé non relu

N° 112. — EGOUTS DE LONDRES

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mème de Londres la Tamise a été purifiée, il n’en est pas de même en aval

à du port, entre les faubourgs industriels qui se prolongent sur les deux rives. Pour nettoyer la ville, on entreprit en 1859 la construction de tout un

réseau d'égouts. Trois souterrains principaux reçoivent les eaux vannes des

quartiers septentrionaux de Londres; trois autres canaux passent au-dessous

des quartiers du sud, et toutes les impuretés liquides, apportées par les

veines et les veinules des égouts, sont entraînées, à une grande distance en

aval de Londres, en deux tranchées parallèles, l'une à la rive du nord, 6%

IV

l'autre à la rive du sud! Là, des machines s'emparent de loutes ces eaux impures, pour les reverser dans la basse Tamise. Les résullats de ces avaux, dont le coût total s'est élevé à plus de 115 millions de francs, ne se sont pas fait attendre, La métropole elle-même à élé puriliée, mais les villes situées près des bouches des égouts se plaignent d'être empestées, el la souillure du fleuve augmente d'année en année. On espérait d'abord que les immondices rejetées dans l'estuaire seraient entrainées vers la mer; malheureusement une grande partie de ces débris, qui s'écoulent en aval avec le jusant, sont repris par le flot et reportés en amont : de proche en proche, les villes du bord voient les vases de l'égout remonter vers elles, Chassées par ces impuretés, plusieurs espèces de poissons, qui remontaient autrefois la Tamise, Font abandonnée, Ainsi les anguilles, le précieux achitebait où jeune hareng*, st apprécié des gastronomes, el d'autres poissons de mer qui pénétraient dans le fleuve jusqu'au-dessus d'Erith, ne se voient plus dans ces parages ; les pécheurs hollandais qui les poursuivaient pénètrent chaque année moins avant dans la Tamise. En 1892, ils allaient à Erith; en 1899, ils ne remontaient même plus jusqu'à

Greenhithe: en 1S62, ils étaient chassés de Gravesend, et maintenant ils

s'arrêtent encore beaucoup plus bas”, Et ces matières, qui empoisonnent la rivière et qui polluent Pair des villes, pourraient être st bien employées à entretenir la fécondité des campagnes basses, sur les bords de fa Tamise, et à transformer en prairies les vases de l'estuaire ! Des expériences tentées à diverses reprises ont prouvé que Londres se débarrasse à grands Frais, pour le jeter dans la mer, d’un puissant élément de richesse agricole, représentant le produit annuel de 2920 000 hectares‘; et d'ailleurs, exemple que lui donnent Paris, Danzig, Édimbourg, Coventry et tant d'autres villes ne devrait-il pas la décider à utiliser ses eaux vannes comme engrais, à les faire rentrer directement, et à son prolit, dans la eireulation vitale” Jusqu'à maintenant la routine à prévalu.

La distribution des eaux dites pures ne se fait pas mieux à Londres que l'expulsion des eaux impures : également à cet égard, la métropole de l'Aneleterre aurait dû suivre l'exemple de Paris, Des capitaux énormes ayant été employés déjà au travail de canalisation, à la construction des réser-

1 Débit moyen des égouts de Londres en 1876 : 496 330 mètres cubes par jour, près de 6 mètres

cubes par seconde,

Longueur des égouts collecteurs, , . , . . , 139 kilomètres. » » secondaires. , 4 4 , . . . . 9400 »

# Van Beneden, Patria Belgica, 1, p. 326.

5 Calvert, Official Report, 1877.

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