‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 310 sur 552 · ROCHESTER, CHATHAM, SHEERNESS · texte numérisé non relu

ROCHESTER, CHATHAM, SHEERNESS

sur les vasières des carcasses de vieux navires et en y enfonçant des forêts de pilotis. Cependant un puits creusé à plus de 60 mètres dans cette île vaseuse, entourée d'eau salée, fournit une eau d’une pureté parfaite, provenant sans aucun doute de la terre voisine. Un pareil emplacement n'aurait point été choisi pour une ville de commerce, mais c'était une position capitale comme point stratégique, car c'est là que se séparent les deux estuaires de la Tamise et de la Medway, presque également importants à défendre. Des forts, des casernes, des redoutes, des vaisseaux de guerre, des pontons, voilà Sheerness; des plantations de pins ont récemment assaini la ville et ses alentours. En 1667, la flotte hollandaise, commandée par Ruyter, s'empara de Sheerness, alla brûler les établissements de Chatham, détruire et capturer les navires réfugiés dans la Medway ; mais depuis celte époque les défenses de Sheerness ont été singulièrement accrues. En face, sur la rive opposée de l'estuaire, est Shoeburyness, village dont le nom est souvent répété, car ce sont les plages voisines qui servent de polygone pour les expériences des canons anglais à longue portée.

Au smä de l’île Sheppey s’est ouvert récemment un port de commerce, Queenborough, où aborde chaque jour un bateau à vapeur venu de Flessingue : il communique avec la grande ligne du chemin de fer de Douvres à Londres près de la ville de Sittingbourne, située dans l'intérieur des terres. À l’est, sur un estuaire, est le port commerçant de Faversham, marché maritime de Canterbury et de la vallée de la Stour. A l’orient est le petit port de Whitstable, habité par des pècheurs d’huîtres qui alimentent le marché londonien de Billingsgate du produit de leur industrie? Les pêcheurs de Whitstable, célèbres par leur audace, se distinguent aussi par un remarquable esprit dé solidarité : quel que soit le résultat de la pêche pour les différentes barques, tous ont part égale.

La Stour est une rivière indépendante qui se jette directement à la mer, par deux bras, dont l’un entre dans l'estuaire de la Tamise sur la côte septentrionale de Kent, tandis que l’autre va directement à la mer du Nord : ces deux bras entourent l’ancienne île historique de Thanct, remplaçant ainsi l’ancien détroit maritime. La Stour passe d’abord à Ashford, où sont de grands ateliers pour la réparation des locomotives et des vagons ; mais la ville principale de sa vallée est l’illustre Canterbury, le Durovernum des anciens Bretons romanisés. C’est la capitale du Kent, ainsi que l'indique son

* Mouvement du port de Faversham en 1877, non compris les caboteurs sur lest :

8688 navires, jaugeant . . . . . . . . . . 408 750 tonnes, Flottille commerciale de Faversham en 1877 : 295 navires, jaugeant 28200 »

* Flottille &es pêcheurs de Whitstabie, 120 bateaux, jaugeant 1800 tunneaux.

nom, « Bourg de Kent», Ce fut la première ville de la Grande-Bretagne qui se convertit à la religion nouvelle venue de l'Orient : aussi at-elle gardé à travers les sièeles, aux temps de la domination catholique, et depuis, sous l'autorité de l'Église anglicane, le titre de siège primatial de l'Angleterre : au douzième siècle, un de ses archevèques, Thomas Becket, armé des privilèges que le Conquérant avait attachés au siège de Canterbury, put braver longtemps le pouvoir royal. Le chef-lieu du Kent est la résidence oflicielle de larchevèque primat, qui d'ailleurs possède à Londres, en face du Parlement, le pittoresque palais de Lambeth-House, La plus vieille église des Iles Britanniques, construite partiellement en briques romaines retires d'un autre édifice, élève au-dessus de la ville sa tour drapée de lierre ; d'autres églises anciennes dressent çà et là leurs flèches et leurs tours, et de toutes les parties de la ville on voit la haute masse de l'église métropolitaine, fondée en 1070, mais reconstruite presque en entier depuis celle époque; le chœur, élevé par Guillaume de Sens, est pour ainsi dire une « cathédrale dans une cathédrale ». Le vaste édifice est riche en vitraux, en sculptures, en tombeaux : c'est à qu'est enseveli le «€ Prinec Noir » et qu'étaient exposés jadis les restes de Thomas Becket, tué devant l'autel par ordre de Henri Plantagenet; de tous les lieux de pèlerinage de l'Angleterre, nul n'était jadis plus fréquenté que la tombe de l’archevèque, et Canterbury s'enrichissait des offrandes apportées de tous les pays du monde chrétien, Quoique la rivière soit navigable jusqu'à la ville et que cinq chemins de fer se rencontrent dans sa gare, Canterbury n'a pas gardé son rang comme cité de commerce et d'industrie ; elle n'a plus les manufactures de soieries, ni d'autres industries que lui apportèrent au seizième siècle cinq mille huguenots français, et n’a d'importance que comme marché de denrées agricoles ; même sa population à récemment diminué ; mais, grâce à ses monuments, à ses murailles transformées en promenades, à un tumulus entouré d’allées ombreuses, Canterbury est restée lune des villes les plus curieuses et les plus pittoresques de l'Angleterre.

Les stations de bains de mer sont nombreuses à l'extrémité de la péninsule de Kent. Au nord de Canterbury est la belle plage de Herne-Bay. Près du cap de North-Foreland est la célèbre ville de Margate, fréquentée surtout par ies marchands et les employés : les sables de lestran, les falaises, les jetées fourmillent de femmes et d'enfants, que les pères de famille, arrivant par convois entiers, viennent rejoindre le samedi soir, Sur le revers méridional du cap sont d'autres plages de bains, celles de Broadstairs et de Ramsgale, qui est en même temps un petit port de commerce; puis au delà de la baie de Pegwell, où se déverse la Stour, se montre la riante ville

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CATHÉDRALE DE CANTERBURY Dessin de H. Clerget, d'apres une photographie.

DEAL, CHELMSFORD, où

de Deal, également visitée en été par la fouie des baigneurs. Deal est une fort ancienne ville et d'imposantes fortifications la dominent. Au sud, non

loin d'un promontoire qui se dresse au midi, est le fameux Walmer-Castle, résidence du lord-gardien des Cinque Ports, dont la charge, simple sinécure, est toujours réservée à l'un des principaux personnages de l'État, Des ter- ‘asses de son château, qui domine toute la rade des Dunes et les redoutables Goodwin-Sands, connus par tant de naufrages, le lord-warden peut voir, au milieu de la plaine alluviale de la Stour, un des anciens « ports » dont il a la surveillance : c'est la cité de Sandwich, réduite à bien peu de chose depuis que la mer l'a délaissée au milieu des boues",

Sur la rive septentrionale de l'estuaire de la Tamise, chacun des petits volfes qui découpent le littoral reçoit une ou plusieurs rivières, ayant toutes sur leur cours supérieur une ville de marchés agricoles, un port de commerce et de pêche à leur embouchure. Ainsi la Chelmer passe à Chelmsford, capitale du comté d'Essex, très-fréquemment visitée par les marchands de grains, puis entre dans l'estuaire de la Blackwater devant Maldon, qui est à la fois un port et une ville de bains”, Plus au nord, la Colne ou Coulne arrose les campagnes de Halstead et devient navigable à Colchester, ville d'origine romaine. La profondeur du port est trop faible pour que les gros bâtiments employés de nos jours par le commerce puissent y remonter, et la cité de Colehester, quoique toujours

* Villes des bassins de la Lea, de la basse Tamise, de la Medway, de la Stour, ayant une population de plus de 5000 habitants en 1871 :

CONTÉ PF REDFORD, { Chatham (local board). 26 200 Luton. . , . . . . . . . . . 173500hab. | Rochester et Strood (mu- 44 500 hab.

CONS DE UEnTYON D. | nicipal borough) . . 18 350 | Maidstone (municipal borough}. . 26 200 hab.

Hertford (municipal horough) . . 7470 hab, ne Cheshunt (local dort, RARE PT SON LL, f APLEUR «08 Bishop-Stortford » . . . . . 6250 » CRRrRUTY 6 ; “ y re SAS RES | L'Art (local bord). . Fe »

Wanstead et Westham, ete. (ban- ss Û : : À 13 pos ;

lieue de Londres). . . . . . 68050 hab. | Margate (municipal borough) . 12 000 Barking (local board) se (ire | Ashford (local board) . . . . . 8450 » » (township) . . . . . . 12 500 S Eberthord » ER" 7 TL Ma board) A ... | Ê À 550 F | Erith (township) . .'. . . . 8 290 » M TU rough) 5700 * | Tunbridge (local board) . . . . 8200 » altham Holy-Cross (local board). 5 200 » Deal (municipal borough\. . . . 8000 » CONTÉ DE KENT. Faversham » » ss « + 79200 Metropolitan district, Deptford, Sittingbourne (local hoard) .…. 6150 » Greenwich, Bromley, Woolwich, | Seven-Oaks (township). . . .. D 960 »

Lee, Eltham, Lewisham, etc. . 397 750 hab. | Whitstable (local board) . . . . 5 500 »

* Mouvement du port de Maldon en 1877, non compris les caboteurs sur lest : 4051 navires, jaugeant , . . . . . . . . . 199 850 tonnes.

2 NOUVELLE GÉOGRAPINE ENIVERSELLE,

la plus populeuse du comté, en dehors de la banlieue de Londres, n'a plus qu'un Bible tralic maritime, mais elle répare ses pertes par son industrie!, Elle a des manufactures de velours et de soieries, et les huîtres péchées sur les banes de son estuaire sont expédiées en Belgique pour être engraissées dans les pares d'Ostende, Le principal port maritime d'Essex est maintenant Harwieh, située sur l'estuaire de la Mtour : c'est aussi un avant-port de Londres, puisqu'il est le point d'attache des paqnebots à vapeur réguliers qui transportent les voyageurs et marchandises entre l'Angleterre et les deux grands ports de la Belgique et de la Hollande,

NOIR = HANWICH, IPSWION ET LEURS ESTUAIRES,

Sables qui couvr' d gdécouvr' Prof de Ve 5 ce 5a/0 de/0 metres au-ge/s

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Anvers et Rotterdam. En amont de Harwich, la Stour est navigable jusqu'au bourg de Sudbury’, Pendant les guerres avec la Hollande, cette partie du littoral était la plus importante pour la défense de Londres: on y vit réunis cent vaisseaux de guerre et trois cents navires marchands.

© Mouvement du port de Colchester en 1877, non compris les caboteurs sur lest : 1548 navires, jaugeant 4. < . . . . . 76 560 tonnes. Flottille de commerce du port en 1877 :

29 navires, jaugeant. . . . . . . . . . . < . . . .« . 11350 tonnes. * * Mouvement du port de Harwich en 1877, sans les caboteurs sur lest : 2014 navires, jaugeant . . . . . . . . . . . 576 300 tonnes. Flottille du port : 136 » » ë NE sus 13630 »

ndres, n'a les pur son les huîtres le pour être me d'Esser St aussi un iquebots à

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Les approches de Harwieh sont défendues par des batteries et des forts : en 1666, la Motte anglaise fut battue par les Hollandais, dans une baie voisine,

\u nord de l'Essex, colonisé surtout par des Saxons, on entre dans le pays des Angles, celui qui de toutes les provinces de l'ile mériterait le mieux le nom d'Angleterre, Ipswieh, capitale du Suffolk et la ville la plus populeuse du comté, est à l'extrémité d'un estuaire qui va rejoindre celui de la Mour, en face de Harsieh. Son port n'est pus assez profond pour recevoir les gros navires ; 5 fuit pourtant un commerce assez con sidérable et la ville possède quelques usines importantes, surtout pour la fabrication des machines agricoles, Ipswieh, de méme que sa voisine Woodbridge*, sur la Deben, s'oceupe de la pêche, mais avec un succès bien momndre qu'un autre port du Suffolk, Lowestoft, situe à li bouche de la Waveney, sur la côte de la Grande-Bretagne la plus avancée vers lorient. Lowestoft, pourvue récemment de quais, de môles et d'un port de refige, a tellement grandi en importance, que St pop lation a plus que triplé en vingt onnées, de So à IST. La pêche du hareng est la cause de cette prospérité, Pendant la saison de F87E, les marins de Lowestoft emma gasimérent dans leurs dépôts plus de cinquante millions de harengs en l'espace de sepl jours LE

La Yare, le fleuve le plus abondant des Eastern Counties, renferme aussi dans son bassin, sur les bords de la rivière Wensum, la plus grande ville de la contrée, Norwich, la capitale du comté de Norfolk, Cette belle cité, qui succéda à l'ancienne Venta Jeenorum des Romains, devenue maintenant le pauvre village de Castor ou Caistor, était autrefois un port de mer: l'esluaire n'avait pas encore élé comblé par les alluvions, lorsque, en 1005, la flotte danoise du roi Sweyn remonta jusqu'à la ville pour la prendre et la détruire Norwich possède plusieurs monuments du moyen âge : son chàteau, bâti sur un tertre artificiel dès les premières années de la conquête normande, et groupant autour de lui les principaux édifices administratifs du comté, la cathédrale, fondée à la fin du onzième siècle, le palais épis-

* Mouvement du port d'ipswich, sans les caboteurs sur lest, en 1877 :

4696 navires, jaugeant . . . . . . 34N 800 tonnes. Flottille du port : 124 » » titan t 10100 »

# Mouvement du port de Woodbmdge en 1877, sans les caboteurs sur lest : 878 navires, jaugeant. 4 . + + . . +. , + 51 6°0 tonnes, 3 Mourement du port de Lowestoft en 1877, sans les caboteurs sur lest : 920 navires, jaugeant. 4, , . . . . . . . . . + < + 122 140 tonnes. Flotulle du port : 426 navires, Jaugeant . . + . . 16900 » Bateaux de pêche: 340 » » Se + 2016 »

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bo4 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,

copal, un vieux pont jeté sur la Wensum en 1595, Entremélée de vergers el située au centre &une région agricole très-bien cultivée et célèbre par l'excellence de ses bestiaux, la beauté de sa race chevaline, Norwich est devenue l'entrepôt naturel des campagnes environnantes, mais elle est aussi un centre industriel très-important, quoiqu'elle ne possède ni eaux motrices ni couches de houille pour ses usines. Au seizième siècle, des ouvriers flamands chassés de Belgique par l'inquisition espagnole se réfugièrent à Norwich, au nombre de quatre mille, dit-on, et y fondèrent ‘es manufactures d'étoffes de drap léger qui rendirent bientôt là ville riche et fameuse : c'est aussi à Norwich et dans les environs que se fabriquèrent d'abord les étoffes de laine appelées worsteds, ainsi nommées du village de Wérstead ou Worsted, et cette industrie, à laquelle s'est ajoutée celle des soieries, est encore une des spécialités de Norwich. En outre, la ville pos- Sède de grandes brasseries, des filatures, des fonderies, des fabriques de machines, Elle à été récemment privée de ses droits à la représentation parlementaire pour des faits graves de corruption électorale,

Le port de Norwich, situé à li double embouchure de a Yare et de la Bure, Yarmouth, est aussi une ville considérable, qui remplace Dunwich,

l'ancienne capitale du royaume anglais de l'Est, graduellement démolie

par Les flots de la mer avec les falaises qui la portaient, Le village de Yar-

mouth s'éleva, moins d'un siècle après la conquête normande, au milieu

des alluvions de la Yare, et, grâce à son importante situation, il mérita bientôt son nom actuel de Great Yarmouth ; même au quatorzième siècle, le port fut pendant quelque temps lun des plus commereants de l'Angleterre, Sur la rive méridionale de l'estuaire est née une deuxième ville, Little Yarmouth, et d'élégants quartiers modernes bordent le rivage, trèsfréquenté des baigneurs en été. Great Yarmouth est encore plus imporlante que sa voisine Lowestoft pour la pêche du hareng et du maquereau, et dès le commencement du treizième siècle, avant la découverte du Zélandais Beukelszoon, ses pêcheurs eonnaissaient l'art de conserver le hareng. Les habitants de cette ville se vantent de descendre d'une colonie de Danois établis sur le littoral après la conquête normande. Un grand nombre de

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mots scandinaves se sont maintenus dans leur idiome; ainsi les chenaux de Ja mer voisine, toute semée de banes de sable, portent le nom de gatt,

comme sur les côtes du Danemark. C'est le gate des Anglais.

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# Mouvement du port de Yarmouth en 1877, sans les eaboteurs sur lest :

1990 navires, jaugeant. . , , . . . . . . . . . . . 253 400 tonnes.

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Flotte commerciale de Yarmouth : 692 navires, jaugeant. . “+ 31000 »

Bateaux de pêche à Yarmouth : 715, pêcheurs, 4600,

NORWICH, YARMOUTIE, ESTUANIRE DE WASI. HR]

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e vergers Sur la côte septentrionale, il n'existe qu'un seul port, Wells, mais il est L] VE “at “ vd , . , .

lèbre pau très-peu fréquenté par les navires. Il se rattache au réseau des chemins de

tar sn 16 . »6 . , + rwich est fer anglais par King's Lynn et l'importante station d'East Dereham

elle est BP Ni CAUX ècle, des VII

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fondèrent BASSIN DU WAsSH ille riche BEDFORD, CAMBRIDGE, HUNTINGDON, NORTIAMPTON, RUTLAND, LINCOLN. iquèrent village de Celle contrée est la Néerlande anglaise, et même un de ses districts, dans celle des le comté de Lincoln, porte le nom, parfaitement justifié, de Holland, L'asille pos- pect des deux pays est absolument le même, Comme la basse Hollande, iques de la région des Fens ou des € Tourbes », appelée aussi Lerel, c'estàdire la sentation € Plaine » par excellence, semble avoir en effet la régularité du niveau marin, el les objets élevés, arbres, maisons, moulins à vent, s'v montrent et de la L aux voyageurs comme se dressant graduellement hors du sol. Sur une Junwich, 4 étendue de près de 5000 kilomètres carrés, les Fens sont découpés en démolie } d'innombrables rectangles par des canaux réguliers, les uns larges comme » de Yar- | des fleuves et navigables pour les grandes embarcations, les autres simples u milieu 4 fossés indiqués de loin par une lisière de roseaux. Comme en Hollande, IL mérita ; les eaux couvriraient peu à peu toute la contrée, si l'on n'avait recours e siècle, : à des moyens artificiels pour se débarrasser de lexcédant d'humidité, Dans l'Angle- : la région des Fens, des levées bordent aussi les canaux, les rivières et le

me ville, rivage marin pour empécher les eaux extérieures de pénétrer dans les cam-

ge, très- pagnes. Les arbres sont rares; seulement des saules ombragent les eaux

s impor- dormantes, et çà et à quelques massifs de verdure entourent les fermes

uereau!, isolées. Le sol de la Hollande anglaise ressemble également à celui des

lu Zélan- #4 Pays-Bas : en certains endroits, c’est une terre argileuse, d'une grande fer-

hareng. lilité, légèrement exhaussée au-dessus de la plaine environnante 4 porre] Le)

le Danois : lant les plus anciens villages de la contrée; mais presque tout le pays se

mbre de ! Villes et townships de plus de 5000 habitants en 187, situés entre les bassins de la Tamise

chenaux à et de l'Ouse :

de qat, < COMTÉ D'ESSEX. | Lowestoft (loeal board)... 15 20 hab. Colchester (municipal borough) . 26 350 hab. | Sudbury (municipal borough) 6900 » Chelmsford (local board) . . . . 9300 » COMTÉ DE NORFULKe Fa rs Fr. pie d Norwicl (municipal horough) . . 80 400 hab. SA F Maldon {run pal horoughi}. 5 600 » Lu Dans < Lil x 8 Battle Yarmou‘h, ete. , . . . A1 800 »

COMITÉ DE SUFFOLK. East-Dereham (township). . . . 5100 »

Ipswich (municipal borough) . 42 950 hab.

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b96 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

compose de tourbières basses, dont la superficie a été graduellement transformée par la culture. Cependant le bassin du Wash se distingue de la basse Hollande par la plus grande élévation moyenne de son niveau : le sol, partout exhaussé par le colmatage, n’a point de polders situés au-dessous des marées, et par conséquent le danger des inondations y est beaucoup moindre. Depuis 1615, époque à laquelle quelques villages furent inondés et de vastes campagnes changées pour un temps en marécages, la mer n'à

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point ouvert de brèches à travers ses digues. Les petites rivières de la plaine du Wash, qu’alimentent des pluies moindres en proportion que celles de la Hollande’, n’ont pas non plus de crues qui puissent se comparer à celles de la Meuse et du Rhin, et leurs débâcles n’ont rien d'effrayant. Les riverains du Wash n'ont pas eu, comme les Hollandais, à lutter contre les éléments pour conserver sous leurs demeures la terre qui les porte. L'histoire géologique des deux contrées est la même : l’une et l'autre ont

? Quantité moyenne de pluie tombée dans le bassin du Wash, . . . . 559 millimètres. » » » » dans la basse Hollande . . , . .. 680 »

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WASII, FENS. 507

été également disputées entre la mer et la terre ferme. C’est ainsi que près de Peterborough, à #5 kilomètres en droite ligne du rivage actuel, des coquilles d'huitres et d’autres mollusques marins se rencontrent en quantité, mèlées à des coquillages d'eau douce. Dans l'étang entièrement desséché de Whittlesea (Whittlesea Mere), situé non loin de Peterborough, des ossements de morses et de phoques sont associés aux restes d’autres animaux ; enfin, on à trouvé les débris d’une baleine à Waterbeach, à 16 kilomètres seulement de Cambridge. Il est de toute évidence que le golfe des Fens était jadis un estuaire marin. Mais à l'époque glaciaire le pays était émergé et partout on retrouve, sous les alluvions modernes, des graviers et des cailloux transportés, qui faisaient probablement partie d’une plaine continue de débris réunissant alors l'Angleterre à l'Allemagne du Nord?. Mème après les âges glaciaires, lorsque les érosions de la mer et les oscillations des terrains eurent complètement changé les contours du littoral, la région des Fens était assez élevée pour recevoir des populations humaines. D’anciennes terrasses qui bordent la rivière Ouse contiennent des outils et des armes de silex, mèlés à des coquillages d’eau douce et à des ossements

de bœufs et de mammouths.

La couche tourbeuse qui forme le sous-sol de la région des Fens varie en épaisseur et dépasse 3 mètres en quelques endroits. Comme les tourbes hollandaises, elle renferme les restes d'anciennes forêts, ainsi que des squelettes de sangliers, de cerfs, d’élans, de castors, et eù et là des fragments d'armes et de canots laissés peut-être par les anciens Bretons. On à remarqué que les tourbières les plus élevées contiennent surtout du bois de chène, tandis que les basses tourbières, plus rapprochées de la mer, n'ont recouvert que des forêts de sapins”. De même qu’en Hollande, et par l'effet des mêmes causes, ces troncs d'arbres s'élèvent peu à peu du sol comprimé par les cultivateurs et chaque année la charrue se heurte à des morceaux de bois. En quelques districts on les retire en assez grande quantité pour faire des enclos de champs et de cours.

L'endiguement de la région basse a commencé depuis dix-huit cents ans : une ancienne levée, dont on voit quelques restes à plusieurs kilomètres du rivage actuel, traverse des villes que l'on sait avoir été des stations romaines. Les Normands construisirent aussi de fortes digues sur les bords de la rivière Welland pour défendre les terres basses du pays contre les inondations. Mais

! Evans, Ancrent Slone Implements of Great Britain. * Ramsay, Physical Geology and Geography of G at Britain.

5 John Algernon Clarke, On the Great Level of the Fens; Journal of the Agricultural Society

of England, vol, VII,

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