C.Perron
aioux et de sable, que les inondations des âges quaternaires ont enlevée aux plateaux montagneux des Ardennes: les cailloux de t ‘ansport où « plerres de fagnes » y emplissent en lits épais les vallées les plus rapprochées du massif, puis diminuent de plus en plus vers le nord et l'ouest, en proportion de l'éloignement du point de départ, Ce limon, analogue au loss de la vallée rhénane et connu par les géologues belges sous la désignation générale de limon hesbayen, cache toutes les formations plus anciennes du sousesol : schistes el porphyres, conglomérats, grès, calcaires, et ces terrains houillers qui remplissent une longue dépression, ouverte du bassin de Liège à celui de Mons et de la Flandre française: la houille proprement dite y entre pour un quarantième environ.
À leur surface, les roches de la formation carbonifèse sont assez unies, IV,
mais les explorations souterraines des géologues ont démontré que le fond de la dépression houillère est très-inégal et que vers Namur il se relève jusqu'à la superficie du sol actuel : en cet endroit, l'érosion à fait disparaître toutes les couches supérieures, et les strates houillères les plus basses,
celles qui donnent la houille « maigre à courte flamme », viennent affleurer la surface, De chaque côté de ce seuil, l'ensemble de la formation s'incline, à l'est vers Liège, à l'ouest vers Mons, et forme ainsi deux bassins à pentes opposées dont la profondeur s'accroît peu à peu dans la direction de ces deux villes : on estime qu'elle atteint 2570 mètres au-dessous du niveau de la mer, près de Boussu, à l'ouest de Mons'. Sous la ville de Liège, elle parait être moins considérable. Dans le bassin du Hainaut, on ne commence à rencontrer les houilles « grasses » que près de Charleroi ; les houilles « à longue flamme », employées surtout pour la préparation du gaz d'éclairage, et connues sous le nom vulgaire de « charbon Flénu », ne se trouvent qu'aux environs de Mons, parmi les couches supérieures du bassin, Les diverses couches, dont l'épaisseur moyenne est d'un demimètre à un mètre, sont très-nombreuses : on en connaît dans le Borinage,
au sud de Mons, de 150 à 160, dont les deux tiers sont exploitables; } il en existe une cinquantaine d'utilisables dans la province de Liège*. Mais JE pour les atteindre et les extraire, tout en maintenant la solidité des roches qui forment le € mur » et le « toit », que de travaux, ensemble prodigieux de galeries, pareilles aux rues de villes qu'on aurait superposées ! À l’ouest de Mons, vers là frontière française, les « morts-terrains » qui recouvrent la houille ont une épaisseur de plus de 500 mètres 4 el renferment d'inépuisables nappes aquifères et des couches de sables mou- 4 vants que l'ingénieur à dû traverser pour arriver aux veines productives. 1 «Ces travaux de percement, dit M. Cornet, sont les plus grandioses que l’art | des mines ait jamais entrepris. » La faune fossile que l’on trouve dans le à terrain houiller de la Belgique n'est pas d'une grande richesse, mais les restes de Ta végétation y sont fort nombreux : on y reconnaît surtout des
fougères, des calamites, des lépidodendrons, des sigillariées. É Par un de ces phénomènes de compression latérale dont les assises ter- À | restres offrent tant d'exemples, les couches supérieures du bassin de Char- É. leroi ont été replayées plusieurs fois sur elles-mêmes de la manière la plus 4 : étrange : au-dessous de Charleroi, elles sont pliées 22 fois et n'oceupent É é 1h guère qu'une largeur de 6600 mètres au lieu de 11 kilomètres et demi | E Michel Mourlon, — Cornet, Patria Pelgica, 1. 1, p 134, 906, ete. À * Renier Malherbe; — Dewalque, Bulletin de l'Académie de Belgique, 1875. # ‘
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AUTEURS ET PLAINES DE LA BELGIQUE, del qu'elles recouvriraient si elles étaient restées horizontales !. Cette région basse que parcourt Ja Sambre, et, bien plus encore celle où coulaient jadis les eaux de la Haine, remplacée maintenant Par un canal, fut, avant l'époque crétacée, un des pays les plus accidentés du globe, Il 6 traversé par des Montagnes qui ne le cédaient pas en relief aux Alpes actuelles et qui se dressaient des côtes de la Manche au bassin de la Roer, audessus des contrées qui sont devenues la Belgique méridionale, Des failles prodigieuses, ouvertes dans les roches houillères, témoignent de la grandeur des révolutions qui se sont accomplies dans cette partie de l'Europe, La faille de Boussu à fait plonger les strates d'une hauteur d'environ 2200 mètres au midi, une autre faille refoula les terrains du sud au nord, les transporta sur un espace de 10 kilomètres et les redressa à 5000 mètres au moins dessus du niveau qu'ils occupent aujourd'hui ?
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due
L'histoire nous raconte quelle à été l'importance stratégique, dans les conflits des nations, de ces plaines de la Belgique moyenne, qui recouvrent
des terrains si tourmentés, et qui sont devenues maintenant si riches par leur agriculture et leur industrie, La géographie explique la destinée
naturelle de ce pays comme grand chémin des peuples : c'est là qu'avant l'ouverture des routes artificielles s'étendaient les premières campagnes d'accès facile entre les bassins de la Meuse et du Rhin et celui de la Seine, uni par l'isthme d'Orléans à la vallée de Ja Loire: Je cours de l'Oise, celui de l'Escaut, guidaient, pour ainsi dire, vers ces campagnes les populations en marche et leur faisaient éviter, d'un côté, les âpres rochers des Ardennes, de l’autre les marécages ineertains du littoral maritime, Cette région, quoique peu élevée, est pourtant un faite naturel entre deux bassins fluviaux, et ceux qui la parcourent n’ont point à traverser de rivières abondantes : de simples ruisseaux sont les obstacles naturels à franchir: les chemins creux y sont plus dangereux que les vallées. De tout temps aussi on à pu trouver sur cette route les lieux d'approvisionnement facile, grâce à la fertilité naturelle du pays. Tous ces avantages, qui jadis avaient une importance relative beaucoup plus considérable que de nos jours, faisaient de la Belgique moyenne, de même que de Ja Flandre française, un des territoires les plus fréquemment disputés entre les armées. De Courtrai à Jemmapes, à Fleurus et à Waterloo, que de grandes batailles y furent livrées depuis l'extermination des vaillants Nerviens par César, et que de lorteresses situées dans le voisinage des limites politiques ont été bâties pour
! Amédée Burat, Géologie de ta France.
© Cornet et Briart, Sur le Relief du sol en Belgique après les lemps paléooïques.
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: remplacer les frontières naturelles absentes! Dans les vastes plaines qui s'étendent au sud et à l'est de Bruxelles, des maisons de ferme rappellent par leur construction même que, si le pays est d'une grande richesse agricole, il était aussi exposé à de fréquentes incursions de guerre, Les demeures, basses et massives, s'ouvrent par leurs fenêtres sur une cour intérieure, et ne communiquent avec le dehors que par une porte surmontée ordinairement d'une tour carrée,
En dehors de la région du limon hesbayen, on entre dans une contrée dont le sol superficiel lui-même, composé de sable, est d'origine océanique. Cette contrée est la Campine, la € campagne » par excellence, qui comprend la plus grande partie de la Belgique nord-orientale, Déjà sur les lisières de la Campine, des territoires étendus qui eurent jadis le même aspect ont été si bien transformés par la culture, qu'ils se sont, pour ainsi dire, ajoutés à la Hesbaye : tel est le Hageland ou le « Pays des Haies », dont les sables stériles et les halliers, remplacés maintenant par de belles cultures, occupaient le nord-ouest du Brabant. Dans la Campine même,
ï dont l'altitude moyenne est d'environ 79 mètres, des oasis de champs fer-
tiles, de plus en plus nombreuses, parsèment la surface des landes, En 1e beaucoup d'endroits on trouve l'argile à moins d'un mètre de profondeur, de sorte que les agriculteurs peuvent, sans trop de frais, la ramener à la surface et la mêler au sable pour obtenir un bon sol de labour, Mais l'ancien aspect de la Campine se maintiendra longtemps encore dans les régions les plus sablonneuses, Là s'élèvent des dunes, parfaitement semblables à celles du littoral de la mer du Nord, si ce n'est qu'elles sont formées de molécules arénacées plus grosses et contiennent de petits fragments des ter-
ains de transport*, Les dunes de la Campine et celles des côtes sont recou-
i vertes des mêmes espèces de plantes : quoique très-éloignés de la côte actuelle, les monticules de La Campine sont encore mobiles; le vent F1
les déplace, là où des arbres n'en consolident pas les grains de sable : on peut ciler en exemple les dunes de Beverloo, où se font les grands exercices militaires, Entre les rangées de monticules, le sol est couvert de bruyères, de thyms, de labiées aromatiques, et çà et à parsemé de flaques, Les eaux qui tombent dans ces solitudes se chargent du tannin des bruyères et pénètrent dans le sous-sol, agglomèrent les grains de sable et en forment un tuf compacte de couleur rougeàtre, entièrement pareil à l'alios des landes de Gascogne et du Jydland : cet alios renferme aussi en divers endroits
# Van Bemme!, Patria Belgica, T.
à # Alph. Belpaire, De la plaine maritime depuis Boulogne jusqu'au Danemark.
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