‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 340 sur 552 · DÉPENS · texte numérisé non relu

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cette gare, où convergent six lignes de chemins de fer, pour établir aux alentours toute une ville industrielle où se construisent et se réparent ses machines, Plus au nord sont trois autres villes de manufactures, Sandbach, Congleton et la riche Macclesfield, bâtie près de landes, qui ont remplacé d'anciens bois, ainsi que l'indique le nom de Forest qu'elles portent encore. Les principales usines de Macclesfield sont des filatures de soie et de coton.

La Mersey, la rivière du monde dont l’eau fait mouvoir les roues du plus grand nombre de manufactures et va se mêler à l'estuaire qui, après la Tamise, porte le plus de navires, n’arrose pourtant qu'un bien petit bassin, et sa masse liquide ne peut être évaluée à plus de 40 mètres cubes par seconde", Mais la cité puissante qui s'est élevée dans les campagnes de son bassin supérieur est Manchester, et Liverpool est le port qui garde son embouchure !

Manchester n'est pas située sur la Mersey, mais sur un de ses petits affluents, l'Irwell. Cette rivière, qui sert de limite entre deux municipalités distinctes, à l'ouest Salford, à l’est Manchester proprement dite, n'est guère qu’un fossé ayant l'aspect d’un égout; néanmoins on a su l'utiliser, de même qu'un faible tributaire serpentant au milieu de la ville, pour emplir des bassins à flot et former tout un port où se pressent les bateaux. Des ingénieurs ont eu le projet de faire de Manchester une ville maritime en prolongeant l'estuaire de la Mersey et en creusant le lit de l'frwell, de manière à introduire la marée jusque dans les bassins actuels. On évalue à près de 100 millions de francs les sommes qu’il faudrait dépenser pour le creusement de ce canal de marée, long de

3 kilomètres, sur une largeur de 60 mètres et une profondeur de 6 à 7 mètres : Manchester n'aurait &iors plus à envier Glasgow, sa rivale écossaise, Maintenant elle doit se contenter, pour la plupart de ses expéditions à l'étranger, des chemins de fer qui la rattachent à Liverpool : la plus ancienne de ces voies ferrées est celle dont l'inauguration, en 1830, fut le point de départ du mouvement industriel dans lequel le monde entier se trouve entraîné, Vers le milieu de son parcours, elle traverse les marais de Chat (Chat Moss), sol mouvant qui, même encore de nos jours, pourrait faire hésiter les ingénieurs.

La ville de Manchester n’est pas née d’hier comme Bradford, Middlesborough et d’autres vastes groupes d'usines de la Grande-Bretagne. Elle est le Mancunium des Romains, et dès le quatorzième siècle elle était

4467 kilomètres carrés.

900 millimètres,

* Superficie du bassin de la Mersey. . . . . . . . . . . Moyenne d’eau tombée dans le bassin Cr

MACCLESFIELD, MANCHESTER, 603

ablir aux connue pour ses manufactures d'étoffes, établies par des ouvriers fla-

réparent mands. Après les guerres de religion, elle profita aussi des industries que

factures, lui apportèrent des protestants fugitifs du continent; puis, vers le com-

, Qui ont mencement du dix-huitième siècle, elle ajouta le travail du coton à son

qu’elles industrie des lainages. De nos jours, elle est surtout la « métropole du atures de Coton » et ses grands négociants sont les cotton-lords. Des centaines ! |

d'usines, sans compter les ateliers de moindre importance, se pressent

s du plus dans Manchester et dans sa banlicue, filatures de coton, manufactures de après la draps où de soicries, blanchisseries, fonderies, fabriques de machines : it bassin, cest par centaines de millions, par milliards même, que sont engagés les ubes par capitaux dans l'outillage industriel de la cité, Aussi n'est-il pas une ville

agnes de qui garde N° 132, — MANCHESTER.

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péditions quée avec plus de zèle, On donne le nom de Wanchester-School (École de

la plus Manchester) au parti, très-puissant en Angleterre, qui recommande la neu-

0, fut le (ralité quand même, la paix à tout prix, afin que les marchés de l'étranger

entier se restent constamment ouverts aux produits industriels du Lancashire et que

narais de celui-ci puisse tenter ainsi de conquérir graduellement le monde entier.

pourrait Mais depuis quelques années les espérances des usiniers lancastriens ont

été déçues : les États-Unis leur ont enlevé une grande partie de Ta elien-

Middles- tèle américaine et l'Inde même entre en concurrence avec la mère-patrie ne. Elle pour la fabrication des cotonnades. La population de Manchester ne s'ac- Île était croit plus que lentement. Cette ville, qui fut la seconde de PAngleterre,

n'en est plus que la troisième; elle est dépassée par Liverpool. Manchester a de somptueux édifices publics qui témoignent de la ri-

carrés.

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chesse de ses négociants : quelques-uns sont vraiment splendides , l'hôtel

de ville (touwn-hall) et le palais des assises (assise-court), l'un de style grec,

l'autre de style ogival. De vastes jardins publics, Alexandra-Park, Peel.

Park, un jardin botanique, donnent à la ville un peu de l'air dont elle a

besoin, Manchester voudrait aussi s'alimenter d'eau pure en quantité suffisante : déjà celle dont elle dispose est d'environ 110 millions de litres par jour, soit 140 litres par habitant de la ville et de la banlieue; mais une proportion considérable de cette eau est employée dans les usines des colton-lords et la part des huit cent mille personnes qui vivent dans la grande agglomération de la ville et de ses faubourgs est réduite d'autant. La municipalité de Manchester à proposé récemment d'acheter un des lacs du Cumberland, le charmant Thirlmere, d'en élever le niveau de 15 mètres au moyen d’un barrage et d'en conduire le flot à Manchester, soit près de o mètres à 11 seconde, par un canal de 150 kilomètres de long. Sans doute les plateaux de bruyères situés près de Manchester pourraient fournir à la ville altérée, par des travaux de captage, toute la quantité d'eau dont elle à besoin; mais l'achat de ces plateaux, déjà parsemés d'habitations el coupés de ravins où s'élèvent des usines, serait trop coûteux, même pour la riche cité du coton.

Manchester n’est pas uniquement une ville d’affaires ; elle possède aussi de nombreuses bibliothèques", des sociétés savantes et de grands établissements d'instruction publique, notamment une école de médecine et de chirurgie, Owen's College, ainsi nommé de son fondateur, est un institut scolaire qui rivalise avec les universités de l'Angleterre et qui comprend toutes les facultés, à l'exception de la théologie ; néanmoins les étudiants ne peuvent y recevoir leurs titres et leurs diplômes : les certificats d'études leur sont délivrés par l’université de Londres *; il est probable que le collège d'Owen recevra bientôt du Parlement les privilèges universilaires, Le physicien Dalton naquit à Manchester. |

Autour de la grande cité les groupes d’usines constitués en communes distinctes, telles que Moss-Side, Barton, Eccles, Winton, Minton, Bradford, Denton, Droylsden, Failsworth, Gorton, Atherton, Crumpsall, Openshaw, Penningten, West-Leigh, Swinton et Pendlebury, Bedford, Prestwich, Rusholme, Stret{ord, Newton-Heath, sont fort nombreux, mais ce ne sont en réalité que des faubourgs. De même, chaque ville industrielle de là contrée a des satellites, et d'année en année diminue l'intervalle qui les

1 Bibliothèque municipale de Manchester en 1877 : 137 400 volumes,

2 Professeurs d'Owen’s College en 1877 : 20. Lecteurs (lecturers) et lecteurs assistants : 29, Étudiants dans les classes du jour : 590. Étudiants dans les classes du soir : 900. Ensemble : 1490.

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