ÉDIMBOURG
avec ses monuments, ses pelouses, les riches campagnes qui l'entourent, ses ports et ses jetées sur le golfe de Forth, et les montagnes lointaines jusqu'au Ben Lomond. Actuellement Édimbourg se rattache à Leith, son port principal, et à ses autres ports, Newhaven, Granton, par des avenues non interrompues de maisons ; autrefois elle en était séparée par une plaine inhabitée : c'était un trait de ressemblance avec Athènes. Les citoyens d'Édimbourg pouvaient parler de leur Pirée aussi bien que de leur Acropole et rappeler en mème temps que nulle ville n'avait plus de droits, par ses grands hommes, de prétendre au surnom d'Athènes du Nord : Hume, Robertson, Dugald Stewart, Erskine, Napier, l'inventeur des logarithmes, Walter Scott, Brougham, Macaulay, Hugh Miller, Naismith, sont au nombre de ses enfants.
Édimbourg, ancienne capitale de royaume et dont le maire ou prororst a le titre de lord, à toujours les joyaux de la couronne dans son château, et l'un de ses édifices a gardé le nom de Parlement; mais ce palais est devenu le siège de la haute cour de justice et des tribunaux supérieurs : là se trouve la « bibliothèque des Avocats », qui appartient en effet aux hommes de loi, mais qui est en mème temps la principale bibliothèque publique d'Édimbourg et qui reçoit un exemplaire de tous les ouvrages publiés dans les Iles Britanniques; on y trouve des collections trèsprécieuses pour l’histoire de l'Écosse et tous les manuserits gaéliques recueillis par la Highland Society durant son enquête relative à l'authenlicité des poèmes d'Ossian. La bibliothèque du Sceau (Signet Library), contenue dans le même édifice, est importante surtout en livres d'histoire anglaise et irlandaise’. Le palais de Holyrood, ancien couvent connu encore dans le langage populaire sous le nom d’abbaye (abbey), possède les restes de sa belle église abbatiale et quelques curieuses peintures ; mais les souvenirs historiques attirent surtout les visiteurs dans ses appartements royaux, principalement dans ceux de Marie Stuart. Les monuments les plus importants d'Édimbourg sont consacrés à l'instruction publique. L'Université, fondée en 1582 et fréquentée par 1800 élèves, renferme une bibliothèque de 160 000 volumes et de riches collections d'anatomie et de physique ; elle possède en outre, dans un édifice voisin, un musée d'histoire naturelle et un « conservatoire des arts et méliers » très-remarquable ; un observatoire, élevé sur le Calton-Hill, à côté d'un Parthénon inachevé qu'on voulait jadis consacrer aux gloires militaires nationales, dépend aussi de l'Université. Une célèbre école de médecine,
4 Bibliothèques des Avocats et du Sceau : 300 000 volumes.
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des high schools, le collège Fettes, pour lequel un citoyen a légué sept millions de francs, une galerie de tableaux, les musées de la société des antiquaires et d'autres corps savants, des jardins zoologiques, botaniques
et d'expériences, témoignent du zèle d'Édimbourg pour le développement
des études, Elle veut continuer de mériter le surnom qu'elle a pris.
La capitale de l'Écosse n'est pas une ville d'industrie : elle n'a de supériorité commerciale que pour la production scientifique et littéraire ; par ses revues et la publication des ouvrages de science, elle se place à côté de Londres, Nulle part dans les Iles Britanniques les professions, dites libérales, du droit, de la médecine, du professorat, ne sont représentées par un aussi grand nombre de personnes ; mais la classe des prolétaires n°1 est pas moins forte en proportion que dans plusieurs cités manufactuvières : les € impasses » où closes de la vieille ville sont des sentines où gite une population misérable, abrutie par le vice, car, sinon pour les individus, du moins pour les sociétés, la corruption devient toujours la compagne du besoin, La vie industrielle proprement dite ne se rencontre qu'à Leith, le quartier maritime d'Édimbourg. Là se trouvent des corderies et des fabriques de toiles, des verreries, des savonneries, des raffinerics, des brasseries, des ateliers de construction, des chantiers de toute espèce, et le port, étroit canal protégé par deux jetées parallèles, fuit un grand commerce de cabotage!. Toutes les villes qui bordent la côte el qui, grâce aux chemins de fer, forment en réalité un seul vaste faubourg de la cité voisine, S'occupent aussi de pêche et de eabotage. À l'est, ce sont les villes de Musselburgh et de Portobello, ainsi nommée par un marin qui avait pris part à l'assaut de la ville américaine en 1740 ; à l'ouest se succèdent Newhaven et le port de Granton*?, défendu par de puissantes jetées : c'est de là que partent les bacs à vapeur qui portent les trains de chemins de fer d'une rive à l’autre, à travers le golfe de Forth. Ce bac sera remplacé dans quelques années par un pont de plusieurs kilomètres de longueur, qui passera plus à l'ouest, entre Queensferry et North Queensferrs. En cet endroit le firth of Forth n’a que 1540 mètres de large, et l'ilot d'Inch Garvie où d'Ingarvie, situé au milieu du chenal, servira de base à la pile centrale ; la grande travée du milieu, dont la hauteur sera de 25 mètres au-dessus de l’eau, afin de ne pas gêner la navigation,
! Mouvement du port de Leith en 1877, sans les caboteurs sur lest
GOSS navires, jauyeant. NN EN 1 567 050 tonnes. Flotte attachée au port de Leith : 184 navires, jaugeant. . . . 70 400 » Valeur du commerce extérieur des ports de Granton et de Leith en 1876 : 29489085 francs.
# Mouvement du port de Granton en 1877, sans les caboteurs sur lest : Dalé navires, jaugeant. 4, , « , « « < « 437 950 tonnes.