‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 407 sur 552 · ORCADES ET SHETLAND · texte numérisé non relu

ORCADES ET SHETLAND

par la variété de leurs rivages découpés dans tous les sens : iles et péninsules, lacs et fjords, tout s'entreméèle en un étrange désordre : des navires, on croirait n'apercevoir qu'une seule terre hérissée de pointes et de presqu'iles. Cependant l'archipel, appartenant à la formation du vieux grès rouge, est en général assez peu élevé et n'offre que des collines arrondies; une île seule, Hoy Island, dans la partie occidentale de l'archipel, dresse un de ses promontoires à 47% mètres de hauteur, De même qu'en Écosse, c'est à l'ouest que s'élève le faite du groupe insulaire : à côté de Hoy se dresse le « Vieillard » (O4 Man), prodigieux obélisque naturel d'une régularité parfaite, L'ile principale où Mainland, beaucoup plus basse que Hoy, s'appelle aussi Pomona, nom scandinave, — d'apparence latine, — dont le sens réel n'est pas connu. Ea plupart des Orcades sont verdoyantes, couvertes de prairies naturelles et diffèrent de l'Écosse par le peu d’étendue des tourbières : un des anciens comtes scandinaves reçut le surnom de Torf-Einar ou € Coupeur de Tourbe », parce qu'il allait régulièrement s'approvisionner de combustible sur la grande terre voisine, C'est également en Écosse qu'allaient chasser les seigneurs, car là seulement se trouvaient les bois, retraite des animaux sauvages. Les Orkneys, presque ignorées par l'histoire contemporaine et peuplées d'agriculteurs paisibles, eurent jadis une haute importance stratégique, lorsque les Norvégiens, mouillant leurs € dragons » dans les eriques bien abritées du centre de l'archipel, en avaient fait leur principal repaire au nord de l'Écosse. De ces iles, les vikings, en communication facile avee la Norvège, menaçaient également les rives occidentale et orientale de la Grande-Bretagne : toutes les îles Britanniques étaient exposées à leurs incursions d’été ; pendant l'hiver, ils restaient dans leurs forteresses et

y célébraient leurs fêtes barbares.

Les Shetland, Zetland ou Hjaltland, continuent les Orcades suivant l'axe de toute l'Écosse du nord, mais elles en sont séparées par un large passage d'environ 80 kilomètres, où ne se trouve qu'une terre isolée, Fair Island, autrefois Faroë, « Ile des Brebis, » terre escarpée de 215 mètres de hauteur sur laquelle vint s'échouer en 1588, avec ses deux cents hommes, le vaisseau amiral de la Grande-Armada, et dont la population actuelle offre, parait-il, un mélange de sang castillan : trop nombreux pour le petit domaine qui les enfermait, les habitants de Pile ont dù émigrer en grande partie pour le Canada. Il est dans le monde peu de falaises

qui soient plus abruptement coupées, d’un aspect plus grandiose et plus vi 88

terrible, que les promontoires du nord de Shetland, En contournant la grande ile, le navigateur voit se succéder cap après cap, tous dressés à plus de 100 mètres, tous plongeant leur base dans une eau profonde où les vagues roulent comme en pleine mer, tous creusés de grottes où le flot s'engouffre en mugissant, Une de ces cavernes où helyers est appelée Orkneymans Harbour, parce qu'une embareation, appartenant à un pêcheur des Orcades, S'y réfugia pour échapper à un corsaire français. Quoique beaucoup plus élevé en moyenne, le groupe des Shetland n'a pas de cime aussi haute que le pie de Hoy dans les Orcades ; Roeness où Rona, qui domine l'extrémité septentrionale de l'ile principale où Mainland, n'a pas même 450 mètres, Pendant les tempêtes, la mer est à peine moins furieuse autour des Shetland que dans l'archipel des Orcades : des blocs de 6 à 15 mètres cubes, saisis par les vagues mêmes à une assez grande hauteur au-dessus de la ligne normale du rivage, sont détachés des falaises comme d'une carrière et transportés au loin', Les roches qui résistent le mieux sont les masses de porphyre injectées à travers d'autres roches : elles se dressent en murs et en obélisques au milieu des éeueils.

L'archipel, qui appartient en entier à un seul propriétaire écossais comprend plus de cent iles, mais trente-quatre seulement sont habitées* : les autres ne sont que des starks où « cheminées », roches menaçantes S'élevant brusquement au-dessus de la mer, des skcrries où groupes de bas écucils entourés d'écume, et des holms ou petits îlots offrant à peine un peu d'herbe : x paissent les admirables ponirs des Shetland, à la crinière touffue, à la jambe nerveuse, à l'ail plein de feu, et des bêtes à cornes, probablement les plus petites qu'il y ait dans le monde, mais que les éleveurs ont su croiser avec les gros short-horns de l'Angleterre pour en faire une excellente race, Le sol des îles est en grande partie recouvert de: tourbe et la végétation arborescente y manque complètement. L'arbre unique de larchipel, haut de 2 à 3 mètres, est considéré comme une curiosité : on vient le visiter en pèlerinage. Les forêts de bouleaux dont les restes se retrouvent dans la tourb Hsparu en entier,

Dans l'intérieur de l'archipel, les havre se sont fort sembreux

et la profondeur de l'eau est presque partou sante pour la navigation ;

1 Archibald Gcikie, Scenery and Geology of Scotland # Archipel des Shetland :

Superficie. Populat on en IST, Population kilométrique. 1370 kil. carrés. 91 600 habitants, 25 Labitants.

5 John Wilson, British Farming.

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SHETL AND, 609 on trouve en général de 60 à 75 mètres d'eau à une petite distance en dehors des roches. Mais précisément cette profondeur d'eau est pour les marins une cause de danger, car les îles sont fréquemment enveloppées de

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