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de leur course, et portent tout à coup les marins au milieu des récifs. La roche la plus accidentale du groupe, située à 25 kilomètres en pleine mer, l'ile Foula où Foul, est de toutes les Shetland la plus formidable d'aspect et la mer qui l'entoure est presque toujours violemment agitée : la petite erique ouverte sur la côte sud-orientale est parfois très-périlleuse d'accès ; le Kaim, pointe la plus élevée de File, se dresse à #16 mètres, et ses falaises sont coupées à pie sur une hauteur de 500 mètres. Des oiseaux volent en nuées autour des escarpements:; les chasseurs qui veulent s'emparer des œufs où des petits sont obligés de se faire attacher par une corde aux créneaux de la roche, d'où ils descendent en tournoyant dans
le vide.
Les Shetland, de même que les Orcades et la partie septentrionale de la Grande-Bretagne, ont été souvent désignées comme étant l'Ultima Thule et parmi les auteurs anciens qui ont parlé de cette terre mystérieuse, plusieurs sans aucun doute lont placée dans les parages où se trouvent les Shetland; mais le manque de cartes et les récits contradictoires des marins faisaient voyager, pour ainsi dire, les terres dans l'Océan. L'ervante Thulé, qui semble avoir été primitivement l'Islande, puisque Pythéas la place sous le cercle polaire, se déplaçait d'âge en âge au gré des éerivains, Les Hébrides, dont l'archipel se prolonge à l'ouest de la Calédonie, parallèlement à a côte, ont été aussi considérées pendant longtemps comme lune de ces terres extrèmes du Nord. Les Scandinaves leur donnérent au contraire le nont de Süderôer, € Des du Sud », appellation qui se maintient encore dans le titre de l'évêque de € Sodor » et Man. Les Écossais, à leur tour, désignent les Hébrides, d'après la position géographique, sous le nom de Western Islands où d'fles Occidentales, et deux iles portent spécialement le nom de Uist ou « Ouest ». Les anciens donnaient à tout l'archipel l'appellation d'Hébudes où Ébudes, changée en Hébrides par une faute du copiste. Un de leurs noms d'autrefois est Innis- Gul, «les des Gaëls ».
Parmi ces îles, plusieurs devraient être considérées comme faisant partie de l'Écosse péninsulaire, à cause de leur proximité et de la concordance de leurs assisess la séparation des îles est l'effet d'une inondation de vallée, C'est ainsi que la terre de Skye s'est changée en ile. Na pointe orientale s'avance loin entre les rivages du loch Alsh, que le château d'Eilan Donan dominait à l'est, et le détroit ou Æyle
4 4 , . , 4 Rben, entre Pile et la côte écossaise, à seulement 400 mètres de lar-
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LOC ALSH ET LOCN DUICH
FILAN-DONAN-CASTIF.
une photographie de M. Williun Wiison.
d'apre-
Dessin de Th, Weber,
HÉBRIDES. 703 ARNAE \ ml , “ . +0 geur. Les montagnes de Skye, dont l’une dépasse 900 mètres, continuent RU mr 4 2 ne une chaine du comté d'Inverness, en présentant, à l'est, la même forma- il j Rat ‘ ñ e . . \ : Hi } Ê ion de roches: mais à ces hauteurs siluriennes succèdent des assises ë she Fi AS “Hg Re L oolithiques et surtout des At £ if ANNE trapps éruplifs. Skve est une N° 162. — ILE LONGUE OÙ HÉBRIDES EXTÉRIEURES. le QUE] Ce Ù EUR
des îles les plus pittoresques
des Hébrides, grâce aux ai-
guilles et aux arèles vives je ; LAS de ses anciennes laves, à ses # M EN de gouffres semblables à des so HAL cratères, à ses lacs et à ses à fu È volfes, à ses cascades, tou- LR
é jours alimentées par des RP “
| . pluies abondantes. La mon- ni 1
4 lagne de Quiraing, située LCR gl
È non loin du promontoire ê 14 L
4 septentrional «ae Pile, est Te
É une masse volcanique de la À à “l :
1 forme la plus étrange, un fi |
4 bloc énorme de basalte uni # Ï (Hi
É comme une table et couvert À |
. de gazon, mais entouré de Le fl è
tous les côtés par des ai- ME
4 euilles, des piliers, des RU
É groupes de colonnes inacees- je 1]
À sibles. Ma:
L Les Hébrides proprement Lt pr
S dites, longue chaine de ro- k ii: ‘4 ches anciennes, sont sépa- An yil
: rées de la côte d'Écosse et 7 He es TT } | À
; détroits du North Minch, du RS LA fl ni
F Little Mineh et du Barra- 0 sk pa il
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Passage, dont la partie Ja
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plus profonde a 27S mètres, Du promontoire septentrional, appelé Butt of
Lewis, à l'extrémilé méridionale, marquée par l'ilot de Bernera et par le Du Qt promontoire de Barra-Hlead, elles forment une chaine si régulière, qu'elles ; AUS passent pour n'être qu'une seule île aux yeux des habitants de l'Écosse LA û et qu'on lui donne le nom de Long Esland. Cette terre est pourtant à LATE
| 704 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE divisée en centaines de fragments, îles, îlots, écueils, dont la plupart | sont inhabités : dans ces parages, € la mer n’est que rochers, les îles ne | sont que lacs! ». La population n'occupe en groupes considérables que | : l'île Lews ou Lewis, son prolongement, Harris, les deux terres d’Uist, Benbeeula, qu'agrandissent les sables de ses dunes occidentales, Barra Ml Island. Chacun de ces fragments de l'Ile Longue à ses montagnes, son J N° 16%. — LOCHS MÉRIDIONAUX DE L'ÎLE DE LEWIS.
C Perron
Profond'® de 0 à 50m. de50à 100 de1003200 et au-celi.
19 kil.
Ben More où Roche-Grande, ses lacs, ses tourbières, ses baies, son petit 4 port de pêche, La trace des anciens glaciers y est partout visible ; quelques parties de Lewis ont été évidemment rabotées par les glaces en à arêtes régulières,
La chaine de l'Ile Longue n’est pas la seule qui se développe paral- É lèlement à l'ouest de l'Écosse. Du côté de l'Océan, deux autres rangées,
orientées également du sud-ouest au nord-est, s'élèvent du fond de la
1 Mac Culloch, Western Islands of Scotland.
lupart îles ne es que
l'Uist,
n petit ; quelces et
paralngées,
de la
HÉBRIDES, SAINT-KILDA. 705
mer, mais elles n’atteignent la surface de l’eau qu'en deux endroits, l’une aux îlots Flannan ou des « Sept Chasseurs », l’autre au petit archipel de Hire ou Hirst, appelé Saint-Kilda par les Anglais ; l'île principale est encore habitée, malgré son éloignement de la côte, la faible étendue du sol cultivable qu'elle possède, la difficulté de ses abords. Cette t'rre isolée, perdue au milieu des eaux, à 67 kilomètres de l'Hébride la plus rapprochée, est occupée en grande partie par des roches abruptes, dont l'une se dresse à 420 mètres de hauteur’, et l’on ne peut y pénétrer que par une seule brèche des falaises. Hirt est certainement le lieu de l'Europe le plus écarté : c'est une étroite prison dont les eaptifs ne peuvent même voir que rarement, à travers les vapeurs qui les entourent, le profil à demi effacé d’autres terres habitées par des hommes. Saint-Kilda, où des embarcations n’abordent que pendant trois mois d'été, apparait aux gens des Hébrides eux-mêmes comme un lieu de misère et d’effroi, et ce qu’ils en racontent, sur la foi des pêcheurs, est mêlé de légendes absurdes. D'après le témoignage unanime des voyageurs et le registre de l'état civil, la petite communauté de Saint-Kilda, composée en juillet 1877 de 19 familles et de 76 individus, constitue, par le fait même de son isolement, un groupe tellement distinct, que l'arrivée d'un navire, avec ses matelots, ses passavers, dont le genre de vie diffère absolument de celui des insulaires, suffit à donner aux Gaëls de Saint-Kilda un malaise général accompagné de rhume : cette maladie, one l'on appelle eight days sichness (maladie des huit jours) ou boat-cough (rhume de bateau), est dangereuse surtout pour les hommes, et quand le bateau qui importe le mal est venu de l'île de Harris, les cas de mort causés par cette affection ne sont pas rares?, De mème, dans plusieurs îles du Pacifique la seule présence d'un étranger suffit pour répandre comme une atmosphère de maladie, C'est à grand'peine que les quelques familles de Saint-Kilda parviennent à maintenir leur existence : avant de se développer librement, les enfants ont à passer par une crise redoutable de convulsions, attribuée par quelques médecins à Ta nourriture qu'on leur donne : dès le premier jour on leur fait avaler de l'huile retirée de l'estomac du pétrel et mêlée à du vin de Porto; la mortalité des enfants est de cinq sur neuf naissances”; mais la natalité est fort grande; les femmes ont beaucoup d'enfants, et tout en maintenant sa population depuis le milieu du siècle dernier, Saint-Kilda a pu envoyer en Australie plusieurs dizaines d'émigrants. Du reste, les Hébrides elles-
1 J. Sands, Out of the* Work or Life in Saint-Kilda. * John Morgan, Diseases of Saint-Kilda, British and Foreign Medical-Chir, Review, Jan. 1862, # Georges Seton, Saint-Kilda, past and present.