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ACCROISSEMENT NORMAL DE LA POPULATION

dix-neuf vingtièmes de cette augmentation, se sont accrus en Angleterre et en Écosse, tandis qu'en Irlande ils ont souvent diminué d'une année à l'autre ou même pendant un laps de plusieurs années : la misère et l'émigration y ont empèckié les alliances de se faire dans la proportion normale". D'ailleurs il s'en faut de beaucoup que dans l'île orientale toute la population nubile contribue à fonder des familles nouvelles. La gène et l’appréhension de la misère ont pour conséquence de maintenir en dehors du mariage des millions d’Anglais et d'Anglaises, d'Anglaises surtout, car celles-ci dépassent de 850 000 au moins le chiffre des hommes. Si les naissances de garçons sont plus nombreuses que celles des filles dans la proportion d’un vingtième ou d’un vingt-cinquième, la mortalité des enfants mâles est de beaucoup la plus forte et la proportion des sexes se maintient régulièrement, de manière à laisser toujours un excédant de femmes”. L'accroissement normal de la population britannique se trouve très-nolablement réduit par le grand nombre des célibataires : si tous les Anglais se mariaient, la période de doublement des habitants ne serait en moyenne que d’une vingtaine d'années, car on compte de quatre à cinq naissances par mariage, En comparant l'Angleterre à la plupart des pays d'Europe et surtout à la France, on constate que les mariages y sont à la fois plus fréquents, plus hâtifs et plus féconds. Les Anglais se marient de plus en plus jeunes, ce qui contribue, en augmentant leur responsabilité, à les rendre plus laborieux, plus entreprenants, plus réglés dans leur: mœurs : la fécondité des mariages anglais est d’un tiers supérieure à celle des unions françaises.

La mortalité générale est à peu près la même en Angleterre qu’en France : elle est d'ordinaire considérée comme étant un peu moindre, mais les documents anglais ne constatant pas les décès des enfants dans les cinq premiers jours de la vie, il en résulte que les statistiques des deux pays ne sont pas comparables”. Néanmoins les Iles Britanniques doivent certainement être comptées parmi les contrées les plus salubres de la

! Mariages dans le Royaume-Uni :

Angleterre . . . . . . . En 1869. 175629 En 1876. 9201 835

Écosse, . . . . . . . . , 23 788 , 26 563 Irlande, . . . . . . . . » 27564 » 26 503 Ensemble, . . . . » 226 781 » 254901 * Proportion des sexes dans les Îles Britanniques, de 1841 à 1876 : À la naissance, , . . . . . . . . . . 404811 garcons ; 100 000 filles. À tous les âges . . . . . . . . . . . 105374 femmes ; 100 000 hommes. 3 Bertillon, Encyclopédie des S'iences Médicales.

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