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NAVIGATION DES ILES BRITANNIQUES

et des autres grandes villes. Enfin, plus de douze cents yachts de plaisance, dont quelques-uns sont des palais flottants, complètent la marine libre de l'Angleterre, Pour accroître le nombre de leurs navires, les armateurs n'ont pas seulement à remplacer les bâtiments mis hors de service par un Jong usage, mais aussi les navires partiellement brisés ou complètement perdus. C’est dans le voisinage des ports, vers lesquels se presse la foule des voiliers et des bateaux à vapeur, sur les côtes périlleuses de l'est, notamment aux approches de Hartlepool, de Scarborough, d'Aberdeen, de Peterhead et sur les écueils des Orcades et des Shetland, que les naufrages sont le plus fréquents. Pourtant les côtes des Iles Britanniques sont les mieux éclairées et les mieux balisées du monde : des phares se pressent sur tons les promontoires et sur de nombreux écucils.

Le commerce intérieur des Îles Britanniques se mesure partiellement par l'étendue des voies artificielles de communication, et par le mouvement ineessant des transports qui se fait sur les canaux, les routes, les chemins de fer. De même que les échanges avec l'étranger, le trafic intérieur s'est accru avec une étonnante rapidité. En 1765, il ne partait chaque mois qu'une voiture publique de Londres pour Édimbourg et la durée du voyage variait de douze à seize journées. Encore en 1779, c'est-à-dire il y a un siècle, un seul courrier par jour, voyageant à cheval par petites journées, de six kilomètres et demi à l'heure, suffisait au transport des dépêches d'Irlande, de Liverpool, de Manchester et de trente-deux autres cités d'Angleterre. C'est en 178% seulement qu’on eut l’idée de remplacer par des voitures les courriers à cheval. Jusqu'en 1755, l’Angleterre n'avait pas une seule ligne de navigation artificielle, et les communications par terre ne se faisaient qu’au moyen d’un petit nombre de routes mal tracées et mal entretenues*. Il ne restait qu’une fosse inutile d’un canal creusé jadis par les Romains, rétabli par les Hollandais, et rendu praticable dans les temps modernes : c'était le Fossdyke, « fosse » d’une longueur de 17 kilomètres, ouverte, au sud de Gainsborough, à travers une plaine peu élevée, entre le Trent et la Witham; elle est devenue pendant la suite des âges une véritable rivière, ayant du Trent à Lincoln plus d'un mère de pente’, Mais vers la fin du siècle, les Anglais se mirent avec ardeur à canaliser leur territoire : de 1790 à 1815, précisément pendant une période occupée par leurs guerres les plus acharnées contre la France, ils dépensèrent près de 700 millions de francs à creuser des

{ William Tegg, Posts and Telegraphs.

* Ch. Dupin, Force commerciale de la Grande-Bretagne. 5 Priestley, Canals, [TA 107

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800 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,

canaux'. Tous les bassins importants de rivières ont été réunis les uns aux autres; une voie navigable franchit les faîtes principaux d'une mer à l'autre mer. Les bateaux passent de la Tamise dans la Severn ; de la plaine de la Medway, ils descendent sur le versant de la Manche par une galerie souterraine de # kilomètres de longueur ; ils gravissent d'écluse en écluse les montagnes Pennines, passent de la mer du Nord dans la mer d'Irlande par le canal Calédonien et le canal Crinan : dans l’île occidentale, ils peuvent également parcourir dans tous les sens le réseau des eaux intérieures. Mais depuis que les chemins de fer ont recouvert le territoire, les canaux ont beaucoup perdu de leur trafic : creusés suivant des profils différents,

n'ayant ni la même profondeur, ni la même largeur d’écluses, ils ne peuvent en maints endroits recevoir que de petits bateaux. D'ailleurs, la moilié de ces voies navigables appartient à de puissantes compagnies de chemins de fer qui ont intérêt à détourner le trafie de la voie d’eau qu'il suivait autrefois ?.

Malgré la faible étendue de son territoire, comparé à celui des grands États de l’Europe, le Royaume-Uni est encore, après l'Allemagne, l'État de l'Ancien Monde qui possède le plus long réseau de voies ferrées ; après la Belgique, il est celui qui a le plus de chemins de fer, à égalité de surface’. Ayant'eu l'honneur d’inaugurer le premier chemin de fer, en 1825, il a de- .

puis ce Lemps consacré à la facilité des communications une part plus con-

sidérable de son épargne que tout autre pays d'Europe”, et nulle part

les locomotives ne transportent autant de voyageurs et de marchan-

dises. En moyenne, chaque Anglais fait environ vingt voyages par che-

Le

Sutcliffe, Traité sur les Canaux et les Réservoirs. ? Longueur des canaux du Royaume-Uni en 1876 : 3597 kilomètres, Longueur des chemins de fer en divers pays du monde, à la fin de 1877 :

États-Unis. . . . 428000 ki., soit 136,6 kil. par surface de 10 000 kil, carrés.

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Allemagne. . . . 30505 Û 60,5 » » » »

Royaume-Uni. . . 27540 » 874,3 » » l » 4 France . . . . . 235585 » AMD » » »

Russie . . . . . 20467 » 28,1 » » »

Austro-Hongrie. . 18058 » 289,2 » " Ù » JHindoustan. . . . 10864 » 41,0 » » »

Ans ee 5 8210 » 979,9 » Ù » Ù ; Dominion. . . . 7150 » 8,1 » » » »

Espagne. . . . . 6199 » 124,4 7 » ” »

Suède. . . . . . 4791 » 107,4 » » » »

Belgique. . . . 3170 » 1939,0 » » » »

# Capital employé à la construction du réseau des chemins de fer achevés du Royaume-Uni en 4877 : 48 750 000 000 francs.

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