BRUXELLES, ALOST, TERMONDE, MONS
Grammont ou Geertsbergen est devenue célèbre par ses dentelles noires ; Ninove a des manufactures de fil, de cotonnades, de gants; Alost (en flamand Aalst) est le lieu d’entrepôt des houblons estimés que produisent les campagnes environnantes; elle fut l'ancienne capitale de la Flandre impériale et la ville de Belgique où Thierry Maertens fonda la première imprimerie, en 1475; Termonde est située, ainsi que l’indique son nom flamand, Dendermonde ou « Bouche de la Dendre », au confluent de cette rivière avec l’Escaut, et grâce à cette position dans une région basse, facile à inonder, elle put, en 1667, forcer Louis XIV à en abandonner le siège. Elle est encore fortifiée, et si la Belgique devait être envahie, elle servirait de premier poste de défense en avant de la place d'Anvers. Au sud de Termonde est la commune rurale de Lebbeke.
Mons, capitale de province, bâtie non loin de la frontière française, sur les pentes d’un coteau qui s'élève au milieu du Hainaut, c’est-à-dire du bassin de la rivière Haine, doit certainement à la ceinture de fortifications qui l’entourait naguère d’avoir peu changé pendant le courant du siècle, alors que le pays prenait son importance industrielle et que les populations s'y portaient en multitudes. La ville était comme frappée d'arrêt dans son développement, tandis que d'énormes agglomérations de travailleurs couvraient les environs de communes urbaines, surtout à l’ouest et au sudouest. De même que le district de Charleroi, celui de Mons est, pour ainsi dire, une immense ville incohérente ayant pour centres principaux des groupes de maisons et d'usines qui ont donné leur nom aux diverses communes, Cuesmes, Jemappes, Qu.regnon, Saint-Ghislain, Boussu-lez-Mons, Hornu, Wasmes-en-Borinage, Pâturages, Frameries, Dour, la Bouverie. Ce sont les mines de houille, les plus productives du territoire belge, qui ont attiré vers le bassin de la Haine un si graïi nombre d'habitants; mais le sort de ces mineurs, beaucoup plus que celui des paysans, dépend des oscillations du commerce et souvent ils sont décimés par la misère que cause l’abaissement des prix. Les houillères du Hainaut ne paraissent avoir commencé d’être exploitées que pendant la première moitié du :-natorzième siècle, c’est-à-dire plus de cent ans après celles des environs de Liège; mais elles prirent rapidement plus d'importance : dès le milieu du seizième siècle, des bateaux houillers encombraient en foule ies canaux de Mons, et, sous Louis XIV, les couches, exploitées jusqu’à 70 mètres de profondeur, avaient été reconnues, de Mariemont à Guiévrai*, sur un espace ayant 40 kilomètres de long et 10 kilomèties de iarge. Actuellement les mineurs connaissent dans le bassin de Monis (56 co’zches, veines où « veniats »; mais plusieur: de ces assises de charbor «ont trop minces
pour qu'on puisse les utiliser : celles que l'on exploite sont au nombre de 80 seulement, divisées en quatre étages, qui se distinguent par la qualité du combustible. C'est par millions de tonnes! que le canal de Mons à Condé, avec ses embranchements vers Tournay et la vallée de la Dendre, emporte chaque année le charbon recueilli dans les fosses de Mons et du Borinage, — tel est le nom du district houiller voisin de la frontière française.
Le chef-lieu du Hainaut n’a pas la vulgarité d'aspect qu'offrent la plupart des villes minières. La cathédrale, placée au sommet du promon-