N9 54, — VITOCH ET MASSIES ENVIRONNANTS
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d'apres Ferdinand von Hochstetter
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ce côté le plateau $est effondré. Les Balkhans n'offrent done l'apparence d’une chaîne que sur une seule de leurs faces. D'ailleurs, même vu des plaines et des anciens bassins lacustres qui s'étendent au sud, le profil de ses crètes paraît très-faiblement ondulé; on n'y remarque point de brusques saillies ni de pyramides rocailleuses; les cimes se développent en croupes allongées sur tout l'horizon du nord. Les monts porphyriques de Tehatal, qui se dressent au sud de la chaîne principale, entre Kezanlik et Slivno, font seuls exception à cette douceur de contours; quoique inférieurs en élévation aux sommets des Balkhans, ils étonnent par leurs parois abruptes.
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UK NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
leurs crêtes déchiquetées, leur chaos de rochers amoncelés. Le contraste est grand entre ce puissant massif de roches éraptives et les coteaux de marnes calcaires qui se groupent à Fentour.
L'uniformité des pentes septentrionales du Balkhan est telle, qu'en maints endroits on peut s'élever jusqu'à la eroupe la plus haute sans avoir encore vu les montagnes, Lorsque l'emus sera déboisé, si, par malheur, les populations ont l'inintelligence de couper les forêts des hatteurs, ses pentes et ses ondulations perdront singulièrement de leur charme; mais, avee la parure de végétation qui Fembellit encore, le haut Balkhan est parmi les contrées les plus gracieuses de la Turquie. Des eaux courantes ruissellent dans tous les vallons, au milieu de pâturages aussi verts que ceux des Alpes; les villages, assez nombreux, sont ombragés par les hêtres et les chênes; l'aspect des monts est partout souriant; ainsi que le dit'un voyageur, la nature est vraiment € paradisiaque ». En revanche, les plaines qui S'étendent vers le Danube sont nues, désoléess on n'y voit pas un arbre, Manquant de bois de chauffage, n'ayant pour tout combustible que de la bouse de vache séchée au soleil, les indigènes sont obligés de se creuser des tanières dans le sol, afin de passer plus chaudement l'hiver,
Du bassin de Kofia à celui de Slivno, le noyau des Balkhans est formé de roches granitiques, mais les diverses terrasses en gradins qui vont en s’'abais- Sant vers le Danube offrent toute une série d’étages géologiques, depuis les lerrains de transition jusqu'aux formations quaternaires. Les diverses roches de l'époque erétacée sont celles qui occupent le plus de largeur dans cette région de ja Bulgarie; ce sont également celles que les rivières descendues des Balkhans découpent de la manière la plus pittoresque en cirques et en défilés. D'anciennes forteresses gardent les passages de Loutes ces vallées, et des villes sont assises à leur débouché dans la plaine, Tirnova, l'antique cité des tsars de Bulgarie, est la plus remarquable de ces vieilles citadelles de défense entre la plaine et la montagne. À son issue des Balkhans, la Jantra se déroule, comme un ruban qui flotte, en sept méandres ployés et reployés, au-dessus desquels Sélèvent de hautes falaises en amiphithéâtre et deux iles de rochers, jadis hérissées de murailles et de tours. Les maisons de la ville recouvrent les talus et $'allongent en faubourzs * la base des rochers abrupts.
Sur le versant septentrional des Balkhans, on remarque un singulier parallélisme entre tous les accidents du sol : eroupes des grandes monlagnes, éimes des chaînons secondaires, limites des formations géologiques, lignes de failles où se produiesnt les méandres des rivières, enfin le cours du Danube Fui-méme affectent la même direction régulière de Pouest à l'est.
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BALKANS ET DOBROURIA. 204
Par suite, chacune des vallées parallèles qui descendent des Balkhans offre à peu près mêmes gorges, mêmes bassins, mêmes séries de méandres; les populations y sont distribuées de la même manière; les villes et les villages \ occupent des positions analogues, La vallée du Lom présente seule une exception remarquable :elle débouche dans celle du Danube à Roustchouk, après avoir coulé du sud-est au nord-ouest, Les vergers, les charmants jardins de ses bords sont limités des deux côtés par des parois calcaires d'une lrentaine de mètres de hauteur moyenne, dont la blancheur éblouit à lravers la verdure.
La symétrie générale serait presque complète dans la Turquie du nord,
Si le petit groupe des collines arides, presque inhabitées, de la Dobroudja ne forçait Le Danube à faire un brusque détour, avant d'entrer dans la mer Noire. Ces hauteurs, dont quelques sommets dépassent 500 61 même 400 mètres, prennent un aspect d'autant plus grandiose qu'elles s'élèvent au milieu des iles et des maréeages du della danubiens à première vue, le voyageur leur donnerait une altitude beaucoup plus considérable. est probable qu'à une époque géologique antérieure, lorsque le niveau de fa mer Noire était tout autre qu'il m'est aujourd'hui, le Danube passait au sud du massif de Ta Dobroudja, dans cette dépression de Kustendjé que lon à utilisée pour y construire Le premier chemin de fer inauguré en Turquie. est certain toutefois que, dans la période actuelle, le fleuve n'a pu se déverser par listhme de li Dobroudja, car, st des marécages en oceupent la plus grande partie, le seuil de séparation s'élève au moins à une trenline de mètres et la formation géologique en est déjà ancienne. Les Romains, craignant que les barbares ne pussent facilement se cantonner dans ee coin reculé de leur empire, avaient profité de Ta dépression méridionale de la contrée pour ÿ construire une de ces Tignes de fortifications que lon appelle € Val de Trajan » dans tout l'Orient danubien, Des restes de murs, des fossés, des forts, des camps retranchés sont encore parfaitement visibles au bord des marécages et sur les pentes qui les dominent. Celle région de Ta Dobroudja était le © pays sauvage, la terre hyperhoréenne », où le poëte Ovide, exilé de Rome, pleurait les splendeurs de la grande cité, Le port de Tomis, lieu de son bannissement, est devenu la ville de Constantiana, la Kustendjé de nos jours.
Au bord du golfe de Bourgas, qui forme la partie la plus occidentale de li mer Noire, se dressent de belles montagnes de porphyres éruptifs qui se terminent par le superbe cap d'Émineh, et que l’on a souvent considérées comme le prolongement oriental des Balkhans, mais à tort, En réalité, elles sont un groupe distinct, comme le massif de la Dobroudja; l'ancien bassin
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lacustre de Karnabat, où lon construit maintenant une ligne de chemin de fer, les sépare du système de Femus. De même les plateaux et les monts granitiques de Toundeha et de Strandeha, qui dominent au nord la grande plane de la Thrace, sont en réalité des formations indépendantes. Les Balkhans méridionaux n'ont de ramifications et de contre-forts que du côté de l'ouest, où ils se rattachent aux massifs du Rhodope par les monts d'lchtiman, les divers groupes de Samakov, st riches en minerais de fer et en sources thermales, et d'autres chaînons transversaux. Dans son ensemble, tout Le bassin supérieur de a rivière Maritsa, entre le Balkhan et le Rhodope, à la forme d'un triangle allongé, dont le sommet, pointant vers la plaine de Nofia, indique la jonction des deux systèmes, Des lacs, remplacés par des fonds d'une merveilleuse fertilité, occupaient autrefois le grand espace triangulaire et les cavités latérales, Les cols de séparation, au sommet du triangle, sont naturellement des points stratégiques et commerciaux d'une extrême importance. L'un d'eux, où lon voit encore les ruines d'une célèbre € porte de Trajan » el qui en garde toujours le nom, servait de passage à la grande voie militure des Romains, el e’est Et aussi que la principale ligne de fer franchira le seuil, entre les deux versants de la Péninsule, Là est le vrai portuil de Constantinople, et depuis les temps les plus reculés de Fhistoire les peuples ont combattu pour en avoir la possession, Des buttes tumulaires qui parsèmenten grand nombre les vallées avoisinantes témoignent des luttes qui onteu lieu dans ee pays des Thraces. Les monts Rhodope entre-croisent leurs rameaux avec ceux des Balkhans, el le passage Le plus bas qui les sépare, celui de Dubnitsa, dépasse encore la hauteur d'un kilomètre. Le Rilo-Dagh, qui est le massif le plus élevé du Rhodope, en occupe précisément Pextrémité septentrionale et forme, suivant l'expression de Barth, € Fomoplate » de jonction, I dresse à près de 5,000 mètres, bien au-dessus de la zone de végétation forestière, les dents, les aiguilles, les pyramides rocheuses de son pourtour elles tables mal nivelées de son plateau suprême, St différentes des eroupes allongées des Balkhans. Mais, au bas de lamphithéätre iniposant des orandes crimes nues, les sommets secondaires sont revêtus d'une belle végétation de sapins, de mélèzes, de hètres, S'étalant en forêts, retraites des ours et des chamois, ou se disséminant en bosquets entremèlés de cultures; dans les vallons, des prairies, des vignobles et des groupes de chènes entourent les villages. De nombreux couvents, aux dômes pittoresques, sont épars sur les pentes : de là le nom ture de Despoto-Dagh ou de € mont des Curés » sous lequel on désigne généralement Fancien Rhodope. Le Rilo-Dagh,
célèbre aussi par ses riches monastères de Rilo où Rila, à tout à fait
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