‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 123 sur 545 · FLEUVES DE LA BULGARIE ET DELTA DU DANUBE · texte numérisé non relu

FLEUVES DE LA BULGARIE ET DELTA DU DANUBE

veux dans la partie inférieure de ces vallées fluviales : düas toutes s'étalent de vastes marais et même des lacs profonds qui se rétrécissent peu à peu et d'où l'eau du fleuve sort purifiée, D'après quelques auteurs, un de ces lacs, le Tachynos, que traverse le Strymon immédiatement avant de se jeter dans la mer Égée, serait le Prasias d'Hérodote, si fréquemment cité par les archéologues; ses villages aquatiques n'étaient autres, en effet, que des €palalittes » semblables à ceux dont on à trouvé les traces sur les bas-fonds de presque tous les lacs de l'Europe centrale.

Au nord de la Dobroudja bulgare, le Danube poursuit une œuvre géologique en comparaison de laquelle les travaux de la Maritsa, du Strymon, du Vardar, sont presque insignifiants. Chaque année ce fleuve puissant, qui verse dans la mer près de deux fois autant d’eau que toutes les rivières de la France, entraîne aussi des troubles en quantités telles, qu'il pourrait s'en former annuellement un territoire d'au moins six kilomètres carrés de surface sur dix mètres de profondeur. Gelte masse énorme de sables et d'argiles se dépose dans les marais et sur les rivages du delta, et quoiqu'elle se répartisse sur un espace très-considérable, cependant le progrès annuel des bouches fluviales est facile à constater. Les anciens, qui avaient observé ce phénomène, craignaient que le Pont-Æuxin et la Propontide ne se translormassent graduellement en mers basses, semées de banes de sable, comme les Palus-Mæotides. Les marins peuvent être rassurés, du moins pour la période que traverse actuellement notre globe, car si lempiétement des alluvions continue dans la même proportion, c'est après un laps de six millions d'années seulement que la mer Noire sera comblée; mais dans une centaine de siècles peut-être Pilot des Serpents, perdu maintenant au milieu des flots marins, fera partie de la terre ferme. Lorsqu'on aura mesuré l'épaisseur des terrains d'alluvion que le Danube à déjà portés dans son della, on pourra, par un calcul rigoureux, évaluer la période qui s’est écoulée depuis que le fleuve, abandonnant une bouche précédente, à commencé le comblement de ces parages de la mer Noire.

D'ailleurs la grande plaine triangulaire dont le Danube à fait présent au continent n’est encore qu'à demi émergée; des laes, restes d'anciens golfes dont les eaux salées se sont peu à peu changées en eaux douces, des nappes en croissant, méandres oblitérés du Danube, des ruisseaux errants qui changent à chaque crue du fleuve, font de ce territoire une sorte de domaine indivis entre le continent et la mer; seulement quelques terres plus hautes, anciennes plages consolidées par lassaut des vagaes marines, se redressent cà et là au-dessus de la morne étendue des boues et des roseaux et portent

des bois épais de chènes, d'ormes et de hètres. Des bouquets de saules

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bordent de distance en distance les divers bras de fleuve qui parcourent le della en longues sinuosités, déplaçant fréquemment leur cours. IP y à dix-huit cents ans, les bouches étaient au nombre de six; il n'en existe plus que trois aujourd'hui.

Après la guerre de Crimée, les puissances victorieuses donnèrent pour limite commune à la Roumanie et à la Turquie le cours du bras septen- Hrional, celui de Kilia, qui porte à li mer plus de la moitié des eaux danu-

N9 Se —— DELTA DU DANUPE,

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