MASSIFS DES ALPES ITALIENNES
de ces grands massifs dont le gronpement forme le système des Alpes. Le plus important de tous, par la hauteur de ses sommets, la puissance de ses contre forts, la quantité de ses glaces, l'abondance de ses eaux, est celui du Grand-Paradis, qui se dresse au sud de la Doire Baltée, entre le groupe du mont Blanc et les plaines du Piémont, Chose étonnante, ce massif superbe a été longtemps confondu et, sur nombre de documents, même sur la grande arte de l'état-major sarde, à l'échelle du 50,000", il se confond encore avec une crête beaucoup plus basse qui se trouve à 20 kilomètres plus à l'ouest, sur la frontière française, à côté du col ou « mont » Iseran. Ainsi que le voyageur anglais Mathews l’a constaté le premier, la prétendue montagne d’Iseran, dont le nom figurait sur toutes les cartes, n’existe point, et l'énorme hauteur de plus de 4,000 mètres qu’on lui attribuait est, en réalité, celle du Grand-Paradis. Au commencement du siècle, les visiteurs étaient peu nombreux dans cette région des Alpes et, pendant près de ciuiquante années, personne ne fut à même de relever la méprise dans laquelle était tombé le géodésien Corabœuf, en donnant le nom d’un passage à la grande cime mesurée par lui. Sur une carte de l'ingénieur Bergonio, qui date de la fin du dix-septième siècle, on trouve aussi un prétendu mont Iseran à une grande distance au nord-est du col qui porte ce nom.
Les autres massifs des Alpes italiennes, qui se dressent isolément au sud de la crête médiane du système, sont beaucoup moins élevés que le Grand- Paradis. Il est vrai que, dans cette partie de son pourtour, l'Italie a été privée, par la Suisse et par le Tirol autrichien, de districts considérables que le versant des eaux, aussi bien que le langage et les mœurs des habitants, semblerait devoir lui attribuer. Toute la haute vallée du Tessin, et même quelques-unes de celles qui versent leurs eaux dans l'Adda, sont devenues terres helvétiques; tout le haut bassin de l’Adige, jusque par le travers du lac de Garde, appartient politiquement à l'Autriche; de même la haute Brenta. Les deux seuls fleuves alpins du versant méridional dont les eaux coulent presque en entier sur le sol italien, sont la Piave et le Tagliamento. Par suite de celle violation des limites naturelles, nombre de montagnes aux sommets chargés de glaciers, quoique situées géographiquement au sud de la chaine centrale des Alpes, s'élèvent néanmoins soit en Autriche, soit sur la frontière. Tels sont, parmi les géants de l'Europe centrale, l'Orteler, la Marmolata, le Cimon della Pala, aux escarpements verticaux, non moins grandioses que ceux du Cervin. Quant au formidable Monte delle Disgrazie, au sud de la Bernina, c’est un sommet italien; le massif de Camonica, que limite au nord le col du mont Tonal, fameux dans les légendes populaires, et que domine l’Adamo ou Adamello, tout ruisselant des
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glaciers qui descendent vers la haute Adige, est également italien par ses principales cimes; enfin plus à l'est, dans le bassin de la Piave, le mont Antelao, énorme pyramide ravinée portant à sa pointe un obélisque neigeux, et plusieurs autres sommets à peine moins hauts s'avancent en promontoires sur le territoire vénitien.
La plupart des groupes alpins de la Lombardie et du Vénilien, avantmonts placés entre la chaîne principale et a plaine, ont une hauteur moyenne à peu près égale à celle des Apennins; ils n'atteignent guère la limite des neiges persistantes. Mais la vue y est d'autant'plus belle. À leur cime, on se trouve entre deux zones, et le contraste est complet : dans toutes les vallées environnantes se montrent les villes et les cultures, tandis qu'au nord les sommets neigeux et déserts tracent dans le ciel, les uns au-dessus des autres, leur profil étincelant, Par leur admirable panorama, quelquesunes de ces montagnes, bien plus belles que les grandes cimes, ont mérité d'attirer chaque année la foule des visiteurs de Fltalie, On aime surtout à gravir les monts que les lacs de Lombardie entourent de leurs eaux bleues, le Motterone du lac Majeur, le Generoso, se dressant en pyramide au milieu de plaines où le bleu des eaux S'entremêle au vert des bois et des prairies, les superbes montagnes qui ‘élèvent entre les deux branches du ae de Como et la mer de verdure de la Brianza, la longue croupe du Monte Baldo, avançant ses promontoires, comme des pattes de lion, dans les flots du lac de Garde, Les belles montagnes de Hi Valteline, ou la chaîne Orobia, au sud de la dépression où passe l'Adda dans son cours supérieur, sont moins connues, à cause de leur éloignement des grandes villes, mais elles mériteraient d'être aussi fréquemment visitées que les cimes les plus fameuses, situées dans le voisinage de x plaine. Elles forment une véritable sierra d'une hauteur moyenne de 2800 mètres, échancrée de cols fort élevés et portant quelques petits glaciers sur leurs pentes tournées au nord; à la base de ces monts on croirait voir les Pyrénées, Quant aux sommets dolomitiques, dressant leurs parois entre le Tirol et les cam pagnes vénitiennes, ils ne ressemblent qu'à eux-mêmes. Vues à travers la verdure des pins et des hètres, où contrastant avec Peau bleue des laes, leurs roches blanches, légèrement teintées de rose et d'autres nuances délicates, produisent un effet merveilleux. Le géologue de Richthofen et d’autres savants croient que ces massifs isolés sont d'anciens îlots de coraux, des atolls soulevés du fond des mers à des hauteurs diverses de 2,000 à &,300 mètres d’élévalion, Quoi qu'il en soit, ces montagnes ajoutent à la beauté naturelle de toutes les régions alpines la plus grande originalité de couleur et d'aspect.
De même qu’en Suisse eten Autriche sur le versant septentrional des Alpes,
| ALUEN FTALIENNES ET PLAINE DU PO 317 td ir ses les avant-monts du versant italien sont en grande partie composés de formamont lions géologiques de plus en plus modernes, à mesure qu'on se rapproche de L. * nei- la plaine d'alluvions. Les roches métamorphiques, le rerrucano, les dolomies, 1 2 pro- et diverses roches s'appuient sur les granits, les gneiss, les schistes des massifs supérieurs, puis viennent principalement des assises des époques 13 (4 vant- du trias et du jura; plus bas encore sont les terrasses et les collines ter- 1, uteur Liaires de marnes, d'argiles, de cailloux agglomérés. C’est dans cette forma- A 4 re Ja Lion, au nord-ouest de Vérone, que se trouve le Monte Bolea, célèbre dans le 4 1 ( | leur monde des géologues à cause du grand nombre de plantes et d'animaux fos- À outes siles qu'on y a découverts ; Agassiz n'y à pas compté moins de cent vingt- q' nl! qu'au sept espèces de poissons, dont a moitié existe encore! Enfin toute la | essus plaine du Piémont et de la Lombardie, à l'exception des buttes isolées qui il 19 ni ques- S'y élèvent et de rares lambeaux de dépôts marins laissés sur ses bords, est | JS érité l composée de débris apportés par les torrents, On n'en connait point encore À HUE out à la puissance, puisque les divers sondages opérés dans Les profondeurs de ces Î Si cues, amas se sont tous arrêtés avant d’avoir atteint la roche solide. En suppo- 1 Al Lini- sant que la déclivité des Alpes et celle des Apennins se continuent uniformé- HR NUS L des ment au-dessous de la plaine, est à 1260 mètres au-dessous de la surface LA 1® iches que se trouverait le fond du prodigieux amas de cailloux. C'est là ce que NACRE e du représentent les deux diagrammes de li page suivante, dont le premier 1 0 dans représente les hauteurs décuples des longueurs, tandis que le second figure ( | l iaine les proportions vraies. On le voit, la masse de débris arrachés au flane des ! \ QE ieur, Alpes par les torrents, les avalanches, les glaciers, n'est pas moindre en vo- ï [A W'l \ mais lume que de grands systèmes de montagnes, el il faudrait ÿ ajouter les quan- 1 at les tités énormes de déblais qui sont allés se déposer au fond des mers. À J' une La grande plaine qui continue en apparence jusqu'à la base du mont Rose ) : e de et du Viso la surface horizontale de PAdriatique, entoure, comme la mer, des Ni 1: our'- péninsules, des îles, et çà et à quelques archipels, À Pest et au sud-est de à (QE uant Turin, les collines tertiaires du Montferrat septentrional et de PAtésan, 4 fi “am- avinées dans tous les sens par d'innombrables ruisseaux, forment des mas- 1 R il É s la sifs de cinq à sept cents mètres de hauteur, complétement séparés des Alpes FE (A eurs de Ligurie et des Apennins par la dépression dans laquelle passe Le Tanaro. 1 ï 4 ites, A la base même des Alpes, les roches de Cavour et'd’autres protubérances il it Sa- :
tolls 1 Altitudes de quelques sommets des Alpes italiennes : F À: 13 f res Mont Viso. . , , , . , « 9,856 mèt. : Brunone (chaîne Orobia), «5,161 mit. (4 net 1 f e de Grand-Paradis.. 4 4,04 » Motterone (avant-monts). 1,491» $ ï \, et. Monte delle Disgrazie . . . 5,080 » Gencroso. n .. 1,72 » : El ab: Adamello. . , . . . , . 9,06 » Monte Baldo. » . … 9,228 » + À pes, Antelao 4 4 4. 0,92)b Monte Bolca. » Eh 98 ; | Le fi (x Et LT
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i | ARIOIE .
Fi pit de granit, de gneiss, de porphyre, élèvent leurs coupoles où leurs pyrami-
des au-dessus des plaines nivelées par les eaux et régulièrement inclinées
a suivant le cours du Pô'. Au sud de la Piave, dans les campagnes vénitiennes, il ; . ‘5 ; pe __} 1} ENTER la gibbosité du Bosco Montello est également une masse tout à fait insuil lure; mème sur les bords du Pô, entre Pavie et Plaisance, on voit une cola 4: line de cailloux et de sables marins, fort riche en fossiles, portant le village Do : et les vignobles de San Colombano. Enfin à lorient du lac de Garde, HE plusieurs massifs volcaniques, flanqués de formations crétacées, surgissent if 247 ur : s . x 7e || RUSSES du milieu de la plaine. Les cratères des monts Berici près de Vicence, et HR ecux des collines Euganéennes dans le voisinage de Padoue, ne vomissent a ii EE plus de laves depuis une époque inconnue ; mais les sources thermales et Le \ À:
NE ge N° 49 &@. — PLAINE LE DÉBRIS ENTRE LES ALPES ET LES APENNINS, D'APRÈS ZOLLIROFER, | 4 < & | LA k & ê 8 DA £ À 4 ? ; È $ 8 & :
| ï El S à ‘1e à | ù É à | i + NES ÿ à à 11 ER : __n— : à là i FRS à h, % Î à d: LT | (À Niveau de la mer | au \ NES $ LHeE “ 4 | 100 - | [1 4 fe À ni:
Îl L'He" bu (5 1 ——. RSS + — Lomme | k © w co % % Bo Go jo Bciil 4 gazeuses qui coulent avec une extrême abondance des fissures du trachyte et fi à ie du basalte témoignent de la grande activité qu'ont encore les foyers souter- Ne rains dans cette région de Fltalie, Dans les Alpes voisines, surtout aux envi- | Rte rons de Bellune et de Bassano, les tremblements de terre sont très-fréquents, 1 soit que le sol caverneux s'écroule et se tasse dans les profondeurs, soit aussi 14 À : , ‘ 14 que le foyer caché des Taves ait encore quelque ardeur. 18 Sur le versant septentrional des Apennins, qui regarde de l'autre côté du mi ‘ Pente moyenne du Po :
| } à | set Source du Po... , 1,992 met. | Plaisance. 4, 4. 66 met. || aluces, 4 4 , . 366 » Crémone, 4 4 ŒUViNie ee 6 en RO Ge 250 » | Mantoue. , . , . . . . . 27 » } Pavie (bouche da Tessin). 100 » Ferrare. , . . . ds te D on
i 4 \ LR 1E 4:
(f î à ï VOLCANS ET FONTAINES ARDENTES DE LA VALLÉE DU PO. a19 fi à ke P6 les régions volcaniques du Véronais et du Vicentin, s'étend une zone cor- fi 4 's Fe A La k respondante, de peu d'importance dans l'histoire géologique de la Péninsule, F 9 pp . , s ra 1,0 i : mais fort curieuse par les phénomènes dont elle est encore le théâtre. Dans 1h | le voisinage immédiat de la crête des monts, au sud de Modène et de Bologne, Ë $ | des jets d'hydrogène s’échappent çà et là par des fissr res du sol, surtout dans 0 NME
le voisinage de roches de serpentine; en certains endroits on à pu utiliser ces flammes pour la préparation de la chaux et d'autres petits travaux in-
‘ e , ; è * M ne :
: dustriels, Ces jets de gaz, Pietra Mala, Porretta, Barigazzo, sont les « fon- 1 L : laines ardentes », si célèbres dans l'antiquité et au moyen âge, à cause des ‘1. ‘0 | : £ 4 fe N° 50, — SALSES ET SOURCES THERMALES DU NORD DE L APENNINe QE } n°}E. de Gr ‘he E | di BA 3 1; 3 1 1 ‘1 MC RNA IV} LE) h “HAS nn | MC ce 12841 Se A AN WA " Fr ai Ÿ k Grave par Erhard, 1 ; 4 vw A La Fit fouroes d hydrogène. Jalses Vources thermales 4h 4 Echelle de 1 1.160.000 : l 1% 1! ET ue us Cas "R air l'- $ 4 1- incendies spontanés qui éclairaient les voyageurs pendant les nuits. Parallè- 1e nan x : à : TAN se s, lement à cette zone de terrains brûlants, mais beaucoup plus bas, aux abords HARTLETE AN si mêmes de la plaine, une autre fissure du sol se révèle par une ligne de vol- É NTI ans boueux, dont le plus célèbre est celui de Sassuolo, près de Modène. Lit Rd u A Miano, non loin de Parme, jaillit une fontaine de pétrole, C'est un fait ANS , , à i ‘ fee : a sin | remarquable, que le pourtour de l'ancien golfe comblé soit ainsi bordé de Ï \ buttes volcaniques, de salses et de fontaines thermales, Jusqu'en Piémont, AM , 4 , . Le Les des sources chaudes d'une extrême abondance, celles d’Acqui notamment, RE: , . n sp fe 7 semblent témoigner d’un reste de voleameité. F L'immense demi-cerele des vallées alpines et des plaines qui s'étendent à : Af | Le 1 i LA f li :
Le NES
la base de Pamphithéâtre des montagnes garde encore les traces nombreuses des glaciers qui, lors des origines de l'époque géologique actuelle, débordent de la grande sibérie de neiges oceupant le centre de l'Europe. De la vallée du Tanaro, dans les Alpes Ligures, à la vallée de lsonzo, descendue des monts de la Carinthie, n'est pas un débouché de rivière qui ne présente des amas de débris jadis apportés par les glaces et maintenant revètus de végétation. La plupart des anciens courants glaciaires qui S’épanchaient dans les plaines, dépassaient en longueur ceux qui se déversent en Suisse des flanes du mont Rose et du Finsteraarhorn, et les plus grands d'entre eux