NO 4, — ZONE ISOTHERMIQUE DE L'EUROPE
| == de200 à LL} 2oometres = 1000 metres
Echelle de 1:6v.000.000
B lus de 2000ometres
Cette remarquable unité de climat que présente l'Europe dans sa tempéralure annuelle se montre également dans le régime de sés pluies. La mer, qui baigne le continent sur la plus grande partie de son pourtour, en alimente toutes les contrées de humidité nécessaire, Il n’est pas une seule région de l'Europe qui ne reçoive annuellement ses pluies; sauf une partie des rivages de la mer Caspienne et un petit coin de la péninsule ibérique, il n’en est pas non plus que le manque fréquent d'humidité expose à la perte totale des récoltes. Non-seulement tous les pays européens sont arrosés de pluies, mais presque tous les reçoivent en chaque saison ; excepté sur les bords de la Méditerranée, où l’automne et l'hiver sont la période pluvieuse par excellence, les nuages épanchent à peu près régulièrement, pendant toute l’année, leur fardeau liquide. D'ailleurs, malgré la grande diversité de
relief et de contours qu'offrent les différentes contrées de l'Europe, les pluies y sont, en général, modérées, soit qu'elles humectent le sol en fins brouillards, comme en Irlande, soit qu'elles s'abattent en rapides averses, comme en Provence et sur la pente méridionale des Alpes. Si ce n’est sur les flanes des montagnes que viennent frapper des courants humides, la quantité moyenne d’eau de pluie ne dépasse pas un mètre par an. L'uniformité relative et la modération des pluies assurent donc à l'Europe un régime fluvial d'une grande régularité. Non-seulement les fleuves et les rivières, mais aussi les petits ruisseaux, du moins au nord des Pyrénées, des Alpes et des Balkhans, coulent pendant toute l’année; leurs crues et leurs maigres se maintiennent d'ordinaire en des limites étroites ; les campagnes sont rarement inondées sur de grandes étendues ; rarement aussi elles sont complétement dépourvues de l'eau d'irrigation. Grâce à une répartition naturelle plus égale, l'Europe peut tirer d’une moindre quantité d'eau un plus grand profit pour l’agriculture et la navigation que les autres parties du monde plus abondamment arrosées. Les hautes Alpes contribuent, pour une forte part, à maintenir la régularité de l'écoulement dans les lits fluviaux. L'excédant d'humidité qu’elles reçoivent s’accumule en neiges et en glaces qui s’épandent lentement vers les vallées et se fondent pendant la saison des chaleurs. C’est précisément alors que les rivières sont le plus faiblement alimentées par les pluies et perdent le plus d’eau par lévaporation ; elles tariraient en partie si les glaces de la montagne ne subvenaient aux eaux du ciel, Ainsi s'établit une sorte de balancement régulier dans Péconomie générale des fleuves.
Le elimat de l'Europe est done celui qui offre le plus d'unité dans son ensemble et de pondération dans ses contrastes. Les courants océaniques, les vents, les chaleurs et les froidures, les pluies et les cours d’eau ont sur ce continent des allures régulières et modérées qu'ils n’ont point dans les autres parties du monde. Ce sont à de grands avantages dont les peuples ont profité dans leur histoire passée et dont ils ne cesseront de bénéficier dans l'avenir, Tout petit qu'il est, le continent d'Europe est pourtant celui qui présente de beaucoup la plus grande surface d’acelimatement facile, De Russie en Espagne, de Grèce en Irlande, les hommes peuvent se déplacer sans grand danger ; grâce à la douceur relative des transitions, les nations venues du Caucase où de l'Oural ont pu traverser les plaines et les monlagnes jusqu'aux bords de l'Atlantique et s’accommoder partout au milieu qui les entourait. Le sol et le climat, également propices aux hommes, les maintenaient dans la plénitude de leurs forces physiques et de leurs qualités intellectuelles; dans toutes les contrées de l'Europe, le peuple en
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