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point pour la masse de ses alluvions, et le Nil lui est de beaucoup inférieur. Au taux actuel de son progrès, un laps de mille années suffirait au PÔ pour qu'il format à travers toute Adriatique une péninsule de 10 kilomètres de largeur el vint se heurter contre les rivages de Fstrie.
Outre l'écoulement naturel de ses fleuves, l'Italie septentrionale à l'admirable réseau de ses rivières artificielles. C’est le pays classique de Pirrigalion, celui qui sert de modèle à toute l'Europe. La Lombardie surtout, puis certaines parties du Piémont, les campagnes de Turin, la Lomellina en amont du Tessin, les Polesines de Ferrare et de Rovigo, sont merveilleusement arrosées par un système d’artères et d’artérioles apportant la vie sous forme de terre coulante à tous les champs épuisés. Dès le milieu du moyen âge, alors que presque toute l'Europe était encore dans la barbarie, les républiques lombardes pratiquaient déjà l'art de ramifier leurs rivières à l'infini par des canaux d'irrigation et d’assécher leurs plaines basses par des fossés d'écoulement : elles n'ont pas eu besoin de l’enseignement des Arabes pour trouver les secrets de lhydraulique. Dès la fin du douzième siècle, Milan, délivrée des oppresseurs allemands, se donnait un véritable fleuve, le Naviglio Grande, qu'elle avait emprunté au Tessin, à 90 kilomètres de distance, et qu'elle avait su creuser avec une pente toujours égale en en faisant servir les eaux à la navigation aussi bien qu'à l'arrosement : c’est probablement le premier grand travail de ce genre qui se soil fait en Europe. Au commencement du treizième siècle, PAdda fournissail une masse d'eau plus grande encore et remplissait le Hit de la Muzza. qui jusqu'à ce siècle, avant le creusement des grands canaux de l'Indoustan, est resté le fleuve artificiel le plus copieux du monde entier. Plus tard l'Adda fournit une deuxième rivière à Milan, la Martesana, que compléta le grand Léonard de Vinei. Déjà dans le siècle précédent lart de surmonter les hauteurs des terres par la construction des écluses avait été découvert par les ingénieurs milanais, et l'on avait commencé d'en profiter pour tracer tout le réseau des canaux secondaires à travers là contrée. Enfin, depuis les progrès de l’industrie moderne, le naviglio de Milan à Pavie et le canal Cavour, qui emprunte ses eaux au Pô, en aval de Turin, celui de Vérone qui saigne le fleuve Adige, ont aceru le lacis des grandes veines artificielles ajouté au régime naturel des fleuves".
1 Débit moyen des canaux d'irrigation de la vallée du Po :
Muzza. , . , . . : 'aute 61 wèt. eub. par seconde. Naviglio Grande. , Se À 51 » »
CAVOUL, © 26 à 4605-02 cn à 42 » »
Martesanas , . , , . 4 à à 26 » »
Non-seulement les rivières de l'Italie du Nord, mais aussi les inoït.dres sources, les fontanili qui jaillissent de la base des avant-monts alpins, sont utilisées pour larrosement. Virgile en parle déjà dans ses Bucoliques : € Enfants, arrêtez Peau; les prés ont assez bu. » C'est grâce à ces ruisseaux bienfaisants, frais en été, relativement Uüèdes en hiver, que la Lombardie a ses admirables prairies où marcite, dont quelques-unes peuvent donner jusqu'à huit coupes par année. Quel contraste entre les états successifs de la grande plaine adriatique, telle que Pavait laissée la nature, et telle que l'ont faite les hommes! Jadis c'était un marécage dans les parties basses, une forêt dans la zone intermédiaire, une vaste étendue de bruyères sur les renflements de cailloux et d'argile situés au pied des Alpes. Maintenant presque toute Ta plaine du Pô et de ses affluents est couverte des plus riches cultures, riz, froment, fourrages, müriers, que le parallélisme des guérets et la monotonie des plantes alignées rendent souvent fatigantes à la vue, mais qui dans certains distriels, notamment dans la Brianza de Como, le € jardin du jardin de Pitalie », sont embellies de la manière la plus gracicuse par des groupes d'arbres, de petits lacs, des vallons sinueux. L'extrème variété que les progrès el les reculs successifs des anciens glaciers ont donnée à la contrée en la parsemant de lacs et de collines, de monticules isolés, de chaînes continues, à foreé Les paysans à laisser aux campagnes une partie de ce charme que possède la nature libre, À peine sur quelques croupes de moraines se voient encore des terres que Le manque d'eau laisse infertiles et qui, dans Pétat où elles se trouvent, ne valent même pas la peine d'être mises en culture. On dit que pendant le cours de ce siècle ces espaces couverts de bruyères sont devenus plus stériles qu'ils ne Fétaient auparavant, Par une raison encore inconnue des géologues, les ares où eaux de filtration qui coulent dans les profondeurs à travers les graviers erratiques se sont abaissées et toute humidité s’est enfuie de la surface.
Pour faire disparaitre ces landes, derniers restes de Pétat primitif, les ingénieurs projettent d'emprunter directement aux grands lacs alpins la quan- Uté d'eau nécessaire à Pirrigation des terrains de bruyères, Is veulent employer utilement toute la masse liquide qui se perd maintenant dans latmosphère où dans le golfe Adriatique. On à calculé que la superficie du so ivrigué dans la vallée du Pô est d'environ 12,000 kilomètres carrés et qu'un quantité d’eau de près d'un nnllier de mètres eubes est employée chaque seconde à la ferailisation des terres. Ainsi le régime de Parrosement diminue d'un tiers environ la portée moyenne du fleuve; mais ce n’est là qu'un commencement, et Lôt ou tard ce grand cours d’eau. dont les débordements